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Religion, politique et sociétÉ

 

 

Directeurs : Annie Gasse et Bernard Mathieu

 

 

L’étude des textes sacrés égyptiens, qu’il s’agisse des grands corpus funéraires (Textes des Pyramides, Textes des Sarcophages, Livre des Morts, compositions funéraires royales, etc.) ou de la littérature magique, ne saurait se réduire à la seule « interprétation religieuse ». Mieux, étant donné la confusion délibérée, dans l’Égypte ancienne, du discours politique et du religieux, elle doit privilégier l’approche historique et la dimension idéologique qui permettent de restituer à ces textes leur véritable sens, leur portée et leur fonction dans un contexte politique et social déterminé.

 


 

Étude des Textes des Pyramides (sous la direction de Bernard Mathieu).

 

Considérablement enrichis par des découvertes archéologiques récentes, les Textes des Pyramides, le plus ancien recueil sacré de l’humanité, permettent de dessiner les fondements culturels et les structures institutionnelles de l’État pharaonique. Un programme d’étude, d’édition et de traduction de ces textes, qui s’appuie sur un certain nombre de travaux déjà achevés ou en cours de publication, réunit plusieurs membres de l’équipe, en collaboration avec la Mission archéologique française de Saqqâra (MAFS).


 

Reconstitution et publication des Textes des Pyramides de Téti et de la reine Ânkhesenpépy II (sous la direction de Bernard Mathieu).

 

É. Bène doit achever les relevés épigraphiques des parois en place en vue de la publication complète, en fac-similé, avec couverture photographique, des textes de la pyramide de Téti. Une nouvelle pyramide à textes, celle de la reine Ânkhespenpépy II, fut découverte en 2000 par la MAFS. Bernard Mathieu a été chargé de l’étude des fragments (plus d’un millier) en vue du remontage informatique des parois et de la publication de ce nouveau corpus. Les campagnes de fouille 2010 et 2011 permettront de clore ce dossier et de finaliser la monographie définitive, prévue pour 2012 (Collaborations institutionnelles : IFAO, Université de Genève, Université Paris IV, MAE).


 

Traduction des Textes des Pyramides de Pépy Ier (sous la direction de Bernard Mathieu).

 

Un travail de traduction des textes de cette pyramide a été entrepris. Cette traduction comprend les nouvelles formules (environ 80), ignorées des éditions anciennes. Elle tient compte des parallèles encore inédits (Ânkhesenpépy II, Mérenrê), ainsi que des nouvelles approches spatiales d’interprétation des textes. Elle est accompagnée d’une translittération et de notes de commentaire. La remise du manuscrit aux presses de l’IFAO est prévue pour 2011 (Collaborations institutionnelles : IFAO).


 

Programme « L’univers des Textes des Pyramides » (sous la direction de Bernard Mathieu).

 

Il s’agit de faire le point, sous forme de notices classées alphabétiquement, sur l’ensemble des réalités, concepts, entités présents dans les Textes des Pyramides. Pour chaque entrée (dieux, titres et fonctions, animaux, arbres, toponymes, objets rituels, etc.) sont fournis les graphies hiéroglyphiques, les attestations, un développement synthétique et une bibliographie. L’un des principaux résultats de ce programme ambitieux est de fournir un tableau quasi exhaustif du monde des Textes des Pyramides. Plus de 800 notices ont été rédigées à ce jour, sur un total qu’on peut évaluer à 2000.


 

Les Livres funéraires du Museo Gregoriano Egizio (sous la direction d’Annie Gasse).

 

Annie Gasse, qui participe au Totenbuch-Projekt de l’Université de Bonn, poursuit l’étude de plusieurs exemplaires du Livre des Morts. Florence Albert (doctorante, dir. Annie Gasse, soutenance prévue fin 2009) est chargée, dans le cadre de son doctorat de publier un manuscrit de ce musée (Collaborations institutionnelles : Museo Gregoriano Egizio, Université de Bonn).


 

Ostraca littéraires et magiques de Deir al-Medîna conservés à l’Institut français d’archéologie orientale du Caire (IFAO) (sous la direction d’Annie Gasse).

 

Le travail d’étude et d’édition d’un lot d’ostraca portant essentiellement des textes magiques se poursuivra au cours de missions à l’IFAO. Se poursuit également, avec la participation de deux doctorantes de l’UMR, Florence Albert et Vanina Lefrancs, la publication en ligne, sur le site de l’IFAO, d’une base de données consacrée à ces ostraca (Collaboration institutionnelle : IFAO).


 

La tombe 335 de Deir al-Médîna (sous la direction de Frédéric Servajean).

 

L’étude par Frédéric Servajean de cette tombe, sise à Deir al-Médîna sur la rive gauche, en face de Louqsor, dans le village « des artisans » chargés de la décoration des tombes royales, est achevée. Le manuscrit (rédigé en collaboration avec Jérôme Gonzalez) est en cours de finalisation (Collaboration institutionnelle : IFAO).


 

Pratiques, compositions funéraires et conception du monde (sous la direction Frédéric Servajean).

 

Si l’on peut décrire les différentes opérations funéraires auxquelles le corps du défunt est soumis, il est, en revanche, bien plus difficile de mettre en relief leur raison d’être, au-delà du problème de la conservation immédiate du corps.

Leur mise en relation avec des divinités spécifiques, des plantes, des minéraux, etc. reste également, le plus souvent, mystérieuse. L’ensemble de ces données est déterminé par l’idée égyptienne du temps. Plusieurs thèses sont en cours sur des thématiques liées à cet axe. Les années à venir seront consacrées à une étude systématique des épithètes divines mentionnant les mots « temps » (neheh) et « éternité » (djet).


 

La tombe thébaine n° 33 (sous la direction du Professeur Claude Traunecker, Université de Strabourg avec la collaboration d’Isabelle Régen).

 

Poursuite de l’étude des textes de la tombe thébaine 33 (Padiaménopé), véritable anthologie de la littérature funéraire égyptienne. Ces textes constituent pour la plupart la dernière notation écrite connue de ces formules.

Une personnalisation des formules au bénéfice de Padiaménopé soulève un certain nombre de questions : Padiamenopé en serait-il l’auteur ? Ou bien la décoration de la tombe suivraitelle un modèle de Basse Époque dont elle offrirait à ce jour le seul témoignage ? C’est notamment à ces questions que tente de répondre l’étude de deux Livres du Monde Inférieur, l’Amdouat et le

Livre des Portes. À ce jour, a été effectuée la copie du Livre des Portes (in extenso), de l’Abrégé de l’Amdouat et des dix premières heures de la version longue de l’Amdouat. La prochaine mission sera consacrée à la copie des deux dernières heures de l’Amdouat et au début du tri, nettoyage et documentation des fragments inscrits au sol (Collaboration institutionnelle : Université Marc Bloch – Strasbourg II).


 

Les textes hiératiques de Tebtynis (sous la direction d’Ivan Guermeur).

 

La cinquantaine de papyrus hiératiques exhumés par la Mission Franco-Italienne de Tebtynis (IFAO, Université d’état de Milan) depuis 1993, en cours d’édition, livre des informations sur la pratique religieuse des populations locales au début de la refondation d’une agglomération que l’on considère généralement comme culturellement non mixte : hellénophones et indigènes étant censés vivre les uns à côté des autres sans beaucoup échanger. Même si les données concernant les rituels ne sont pas toujours simples et faciles à appréhender –tantôt les documents sont mutilés et nécessitent un long commentaire avant de donner quelques indices, tantôt les sources sont embrouillées, ou manipulées–, on pourra tout de même essayer, à partir de celles-ci, de caractériser le fonctionnement de ce temple à cette époque, particulièrement mal connue dans l’ensemble du Fayoum : les sources datant, à de notables exceptions près, d’une manière générale de l’époque romaine.


 

La science égyptienne d’époque tardive : médecine, magie et rituels entre innovation et adaptation. La publication du papyrus Brooklyn 47.218.2 (sous la direction d’Ivan Guermeur).

 

Alors que la médecine égyptienne a été comparativement bien étudiée, les recherches ont porté jusqu’ici presque exclusivement sur la fin du second millénaire avant J. C., période pour laquelle il existe d’importantes sources, désormais bien publiées. Aussi, la pensée commune a-t-elle longtemps été d’admettre une dégénérescence de la science, notamment médicale, du fait d’une influence supposée accrue des pratiques magiques. Désormais, après la publication de nouveaux documents tardifs (VIe s. av. J.-C – IIe s. ap. J.-C.), qui ont éclairé d’un jour nouveau les recherches sur ces domaines, cette approche doit être abandonnée. De fait, les innovations et adaptations de la science égyptienne ne sont analysables, jusqu’à présent, que très partiellement, une grande partie de la documentation d’époque tardive demeurant inaccessible (90 % des textes sont encore inédits). Par ailleurs, la question des relations entre les médecines égyptienne et grecque a été abordée de temps à autre, particulièrement pour ce qui est de l’école cnidienne. Toutefois, la plupart des discussions sur une éventuelle survivance de la médecine égyptienne dans la tradition grecque, et a fortiori dans les traditions médicales occidentales, ont été situées à un niveau anecdotique, en notant ça et là quelques curiosités. L’édition du papyrus Brooklyn 47.218.2, un traité médical et magique traitant de la protection pré- et post-natale de la mère et de son enfant, datable, d’après la paléographie, des IVe-Ier siècles av. J.-C., mesure dans son état actuel (en dehors d’une quarantaine de fragments appartenant aux deux ou trois premières pages, que trouvés à l’occasion d’un séjour sur place en novembre 2009) 2,43 mètres de longueur et contient la partie supérieure (de 20 à 23 lignes) de huit pages. Dans ce texte si médecine et magie sont mêlées, c’est d’une manière très logique : la magie traite de la protection tandis que le pronostic et l’éventuel traitement relèvent exclusivement du domaine médical.

 


Dernière modification : 17-02-2015

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