ENiM 6 - 2013 (ISSN 2102-6629)

Sommaire

Pages
1-26

Bernard Mathieu, « Horus : polysémie et métamorphoses »
Bernard Mathieu

À l’instar du théonyme « Seth », le théonyme « Horus » est éminemment polysémique. Fondé sur l’analyse de plus de 900 attestations dans les Textes des Pyramides, cet article tente de classifier les différents référents théologiques, depuis le modèle archaïque, à portée historiographique, d’Horus de Hiéraconpolis jusqu’à l’élaboration de la figure d’Horus l’enfant héritier de son père Osiris. Au-delà du discours religieux, comme toujours, se laissent deviner les évolutions d’une pensée politique et les lourdes implications idéologiques de la diffusion du dogme osirien.

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27-32

Khaled El-Enany, « Une statuette privée d’Atfih »
Khaled El-Enany

Publication d’une statuette privée découverte en 1991 lors des fouilles du Conseil Suprême des Antiquités à Atfih et conservée actuellement dans le magasin archéologique du site. Des détails stylistiques et épigraphiques de cette statuette fragmentaire assise permettent de la dater du début du Nouvel Empire. Les textes conservent une formule d’offrandes adressée à Hathor maîtresse d’Atfih – première occurrence sur un monument découvert in situ – au profit de son dédicant Hor, dont la lecture des deux titres est malheureusement lacunaire et incertaine.

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33-78

Thierry Bardinet, « Osiris et le gattilier »
Thierry Bardinet

Du lointain Orient, les Égyptiens ont importé une plante et sa graine qui étaient réputées avoir des vertus anaphrodisiaques et qui leur paraissaient, de ce fait, avoir des propriétés anti-séthiennes. Vouées pour cette raison à Osiris, elles furent employées pour assurer la protection de la momie contre le dieu Seth mais aussi pour protéger le médecin qui affrontait les démons des maladies ligués par ce dieu et mis au service du redoutable dieu Khonsou.

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79-91

Frédéric Servajean, « Le ciel de Sinouhé et l’apaisement de Sésostris
 »
Frédéric Servajean

Analyse d’un thème littéraire – le ciel de Sinouhé –, thématisé à plusieurs endroits du conte de Sinouhé.

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93-122

Sydney H. Aufrère, « Serpents, magie et hiéroglyphes »
Sydney H. Aufrère

La présente communication traite d’un petit groupe de sept cippes d’Horus d’époque libyenne, dont certains proviennent sûrement de Thèbes. À l’avant de la stèle, sur la plinthe, sous l’habituelle représentation d’Horus en relief empoignant les animaux dangereux et piétinant les crocodiles, s’étend une scène en deux dimensions. Elle évoque le dieu-adolescent Ched-le-Sauveur montant un char lancé dans le désert, mené par un Bès-aurige, et dont l’attelage – deux griffons monstrueux – culbute des crocodiles agressifs tandis que Ched décoche des flèches sur un ensemble de bêtes nuisibles, notamment un nombre variable de serpents longs (Élapidés et Colubridés) ou courts (Vipéridés). À ces serpents correspond un éventail de noms magiques différents, quatorze au total. L’examen permet de conclure que ces appellations se rapporteraient, plutôt qu’à des noms de serpents, à une diversité de dangers spécifiques causés par les serpents que l’on souhaiterait conjurer en s’adressant au dieu. Il s’y ajoute une série de remarques au sujet de la stèle du Musée Pouchkine I.1a.4492 (1899), qui, en dépit de l’absence de scènes similaires à celles du groupe précédent, pourrait éclairer d’un jour nouveau certaines croyances thébaines se rapportant aux serpents.

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123-137

Nikolaos Lazaridis, « Physical Characterization in Ancient Egyptian Narrative Literature »
Nikolaos Lazaridis

Les descriptions de l’apparence physique des personnages sont partie intégrante de la « caractérisation » dans l’écriture littéraire. Les auteurs de l’Ancienne Égypte étaient très économes dans l’utilisation de telles descriptions. Quand de tels passages étaient insérés dans leurs histoires, ils fonctionnaient comme des dispositifs littéraires contribuant à la « caractérisation », aussi bien qu’au déploiement de la trame narrative et aidait le public à mieux comprendre les actions des personnages. Dans cet essai sont identifiées les références au physique des personnages littéraires dans un corpus de récits égyptiens choisis, comme les contes du P. Westcar ou l’histoire de Sinouhé, et elles sont examinées comme des éléments stylistiques de l’écriture narrative égyptienne dans le cadre de la théorie littéraire. Par cette étude, on essaye d’éclairer quelque peu la manière dont ces récits furent composés et rendus séduisants à leur public.

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139-158

Laurie Rouvière, « Bata, seigneur de Saka. Dieu bélier ou dieu taureau ? »
Laurie Rouvière

Bata, seigneur de Saka et héros du célèbre conte des Deux Frères, est une divinité du panthéon égyptien dont la nature animale reste difficile à cerner. En effet, il semble avoir primitivement revêtu la forme d’un bélier avant de se transformer en taureau au cours du Nouvel Empire. Toutefois, un nouvel examen de la documentation généralement attribuée à ce dieu, associé à l’étude des sources épigraphiques relatives à sa forme animale nous amènent à conclure qu’il n’a vraisemblablement jamais pris l’aspect d’un bélier mais qu’il a toujours été un taureau.

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159-168

Florence Albert, « Le papyrus-Amulette de Lyon Musée des Beaux-Arts H 2425 »
Florence Albert , Marc Gabolde

Édition du papyrus de Lyon Musée des Beaux-Arts H 2425, document datant de l’époque ptolémaïque rédigé en hiératique avec la formule 100 du Livre des morts accompagnée de son illustration. L’étude de ce manuscrit donne l’occasion de revenir sur la fonction et l’utilisation de cette catégorie d’objets en contexte funéraire.

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169-176

David Klotz, « The Earliest Representation of a Potter’s Kick-Wheel in Egypt »
David Klotz

En se fondant sur deux représentations du temple Hibis, les céramologues ont longtemps supposé que le tour de potier à pied rapide n’est apparu en Égypte qu’à la période saïto-perse. Une figuration détaillée de Khnoum provenant d’une inscription de Ramsès II au temple de Louqsor récemment découverte indique, cependant, que cette technologie était déjà utilisée au Nouvel Empire.

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177-203

Marc Gabolde, « L’ADN de la famille royale amarnienne et les sources égyptiennes »
Marc Gabolde

Les enquêtes menées sur l’ADN des momies royales publiées en 2010 ont fourni des matériaux pour un nouvel arbre généalogique de la famille royales de la fin de la XVIIIe dynastie. Après avoir discuté de la fiabilité de ces études, un examen approfondi des résultats conduit à la conclusion que certains liens de parenté révélés par l’ADN ont échappé à l’équipe de généticiens. Le plus significatif de ceux-ci consiste dans le fait que Youya partage avec son gendre Amenhotep III environ 1/3 de son patrimoine génétique. Il est proposé, en conséquence, que Youya ait été un oncle d’Amenhotep III, ce qui signifie que Tiyi était une cousine germaine de son mari. En extrapolant pour la génération suivante, on suggère qu’Amenhotep IV – Akhenaton a également épousée sa propre cousine, Nefertiti, dont les parents étaient liées à la fois à Youya et Amenhotep III. Ceci expliquerait pourquoi l’ADN d’Amenhotep IV – Akhenaton (momie de KV 55) et celui de Nefertiti, identifiée, à la Young Lady de la tombe d’Amenhotep II (KV35YL) aient pu sembler ceux d’un frère et d’une sœur. En accord avec les témoignages écrits de nouveau examinés en détail, Toutankhamon est considéré comme le septième et dernier enfant d’Amenhotep IV – Akhenaton et Nefertiti et, de son côté, la momie KV21A est donnée comme vraisemblablement celle de Moutemouiya. Un nouvel arbre généalogique, fondé sur ces données ADN et épigraphiques est proposé en conclusion.

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205-231

Stéphane Pasquali, « Un jardin au petit temple d’Aton de Tell el-Amarna ? »
Stéphane Pasquali

Cet article présente l’hypothèse selon laquelle il aurait existé devant le petit temple d’Aton, une cour arborée agrémentée d’un bassin en forme de T renversé, aménagement démantelé pour laisser place sous le règne d’Ânkhkhépérourê au supposé Coronation Hall dit de « Smenkhkarê ». La démonstration se fonde sur deux études comparées dont les résultats ont été confrontés : celle des scènes de remise de « l’or de la récompense » aux fonctionnaires méritants par Akhénaton et Néfertiti et celle des représentations architecturales de temples dans les tombes amarniennes avec les plans des monuments de culte atoniste eux-mêmes et les faits archéologiques. L’article s’achève par un essai de reconstitution de cet état supposé du petit temple illustré par des modèles numériques.

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233-242

Pierre Meyrat, « De l’origine du bol en gneiss d’Aménirdis Ire (British Museum EA 4701) »
Pierre Meyrat

Étude du bol en gneiss British Museum EA 4701, qui porte une brève formule protectrice d’Aménirdis Ire. D’après son profil et la pierre utilisée, et compte tenu de nos connaissances sur la Divine Adoratrice, il y a tout lieu de croire que ce récipient provient de la tombe du roi Khâsekhemoui à Umm el-Qa‘âb (Abydos). Un tel emprunt est certainement à mettre en rapport avec le culte d’Osiris, particulièrement important à la XXVe dynastie.

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243-256

Franck Monnier, « La houe et la forteresse… Finalement, acte de fondation ou de destruction ? »
Franck Monnier

La combinaison des deux signes « houe » et « forteresse » rencontrée sur quelques rares documents, et en particulier sur la palette « du tribut libyen », est généralement entendue comme représentant un acte de destruction. Toutefois, un certain nombre de chercheurs se sont attachés depuis quelques décennies à mettre en défaut cette interprétation. Selon eux, il ne fait aucun doute qu’il s’agisse d’un acte de fondation. Cet article analyse les arguments avancés par ces derniers et tente de faire le point sur la question.

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257-289

François René Herbin, « Le papyrus magico-funéraire Louvre E 5353 »
François René Herbin

Publication du pLouvre E 5353, d’époque romaine et de provenance inconnue, rédigé au profit d’une certaine Ḥr-ʿnḫ. Le papyrus dont le début manque est aujourd’hui constitué de quatre pages dont la dernière est restée vierge de toute inscription ou dessin. On lit sur les deux premières un assez long texte rédigé en hiératique, précédé de quelques vignettes empruntées au Livre des Morts. Introduit par le titre du ch. 125 et quelques séquences originales dont un emprunt au « grand décret émis pour la province-igeret », ce texte, où interviennent plusieurs officiants, expose un rituel d’exécration contre Apophis qui se poursuit avec des extraits du ch. 163 du Livre des Morts et de la scène 72 B du rituel de l’ouverture de la bouche. Divers indices répartis dans l’ensemble du papyrus invitent à penser que les opérations magiques ici décrites, bien qu’inattendues dans ce contexte funéraire, étaient réalisées dans les derniers jours de Khoiak et concouraient comme le reste du texte à la renaissance de la défunte à l’instar d’Osiris.

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Équipe Égypte Nilotique et Méditerranéenne - UMR 5140 - « Archéologie des Sociétés Méditerranéennes » (Cnrs) - University of Montpellier