Sirius

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Anne-Sophie von Bomhard, «  »
Anne-Sophie von Bomhard

fr Depuis les temps anciens jusqu’aux pĂ©riodes tardives, les Anciens Égyptiens, pour dĂ©crire le ciel, distinguaient le « ciel du sud » et le « ciel du nord », aussi bien dans les textes que dans l’iconographie. Les reprĂ©sentations de la voĂ»te cĂ©leste qui apparaissent sur des plafonds ou des couvercles de sarcophages permettent d’identifier les astres principaux du ciel dit « mĂ©ridional » comme Ă©tant ceux qui se dĂ©placent sur l’écliptique avec, essentiellement, les Ă©toiles-dĂ©cans qui balisent le parcours quotidien et annuel du soleil. Le ciel « septentrional », quant Ă  lui, est le domaine des constellations borĂ©ales, visibles toute l’annĂ©e et, pour cette raison, dĂ©nommĂ©es par les Égyptiens « Celles qui ne connaissent pas la destruction ». L’opposition « spatiale » s’accompagne d’une opposition « mythologique » : les constellations du ciel du nord sont liĂ©es Ă  l’idĂ©e d’immortalitĂ© car on ne les voyait jamais disparaĂźtre dans la Douat. À l’inverse, les ensembles stellaires situĂ©s plus au sud, dont les prototypes sont Sirius et Orion, qui sont absents du ciel un certain temps au cours de l’annĂ©e, sont comparĂ©s aux vivants : ils « vivent » lorsqu’ils brillent au firmament, et « meurent » lors de leur invisibilitĂ©, qui est ressentie comme un sĂ©jour dans la Douat. Ces observations expliquent de nombreuses allusions retrouvĂ©es dans les Textes de Pyramides.

uk From very early times down to the late periods, the Ancient Egyptians describing the firmament distinguished the “southern sky” and the “northern sky” in their texts as well as in their iconography. Representations of the sky that appear on ceilings or coffin lids permit to identify the main stars in the sky called “southern” as those that move along the ecliptic comprising, in essence, the decanal stars that mark the daily and annual course of the sun. The northern sky, on the other hand, is the domain of the boreal constellations that are visible throughout the year, which is why the Egyptians called them “Those who do not know destruction”.The “spatial” opposition is accompanied by a “mythological” one: the constellations of the northern sky are tied to the notion of immortality because they can never be seen to vanish into the Duat. Inversely, the constellations situated further to the south, with Sirius and Orion as prototypes, which are absent from the sky during a certain lapse of time in the year, are compared to the living: they “live” while they sparkle in the night firmament and “die” during their invisibility, which is perceived as a passage in the Duat. These observations explain a great variety of mythological allusions issuing from the Pyramid Texts.

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Gyula Priskin, «  »
Gyula Priskin

fr À part les signes clairement identifiables de la bande zodiacale, des quatre constellations conventionnelles Ă©gyptiennes et des planĂštes, les autres dessins des deux zodiaques de Dendera semblent dĂ©river des systĂšmes de reprĂ©sentation traditionnels Ă©gyptiens. Ces reprĂ©sentations avec les figures des dĂ©cans enregistrent des phĂ©nomĂšnes cĂ©lestes et des Ă©vĂ©nements de culte rĂ©fĂ©rant qui racontent l’histoire de la mort et la rĂ©surrection d’Osiris, la fĂ©condation d’Isis par son mari dĂ©cĂ©dĂ© et la naissance de leur enfant Horus. Ici les aspects astraux des mythes s’attachent aux phases de la lune, au cycle annuel du soleil et au lever hĂ©liaque de Sirius. Ainsi, les zodiaques, ne sont-ils pas des catalogues de constellations, mais des cartes du ciel conçus Ă  un moment donnĂ© qui correspond Ă  la coĂŻncidence de la pleine lune et de l’équinoxe d’automne en 52 av. J.-C. et en 36 apr. J.-C.

uk Besides the unambiguously identifiable depictions of the zodiacal belt, four conventional Egyptian asterisms, and the planets, the other signs that feature in the two Dendera zodiacs are shown to derive from traditional Egyptian representational systems. These images, together with the accompanying figures of the decans, are incorporated into the design of the monuments to record celestial events and related cultic acts that tell the story of Osiris’s death and resurrection, the conception of Isis from her deceased husband, and the nativity of their child, Horus. The astral aspects of these myths are connected with the phases of the moon, the yearly solar cycle, and the annual dawn rising of the star Sirius. The zodiacs are thus not catalogues of constellations but peculiar sky charts devised at specific moments of time that correspond to the coincidence of the full moon with the autumnal equinox in the years 52 BCE and 36 CE.

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Équipe Égypte Nilotique et Méditerranéenne - UMR 5140 - « Archéologie des Sociétés Méditerranéennes » (Cnrs) - Université Paul Valéry - Montpellier III