ENiM 12 - 2019 (ISSN 2102-6629)

Sommaire

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1-24

Raphaël Cavasin, « Tell Defenneh et la route de l’encens »
Raphaël Cavasin

L’objectif de cet article est de comprendre dans quelle mesure l’étude d’une stèle découverte à Tell Defenneh peut être éclairante pour évaluer la place de ce site au sein des routes commerciales qui relient l’Égypte et l’Arabie au premier millénaire avant notre ère. Une mise en contexte et une traduction commentée de ce document vont dans le sens d’une localisation sud-arabique du pays de Pount. Il en ressort que le texte étudié relate une expédition vers l’orient organisée à l’époque saïte et confirmerait les traces matérielles de contacts avec ces territoires mises au jour à Tell Defenneh. En outre, la domestication du dromadaire à partir du début du premier millénaire et les politiques saïtes de contrôle des routes commerciales de l’orient tendent à confirmer l’inscription de Tell Defenneh dans ce réseau.

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25-42

Thomas Gamelin, « Le dieu Chemânefer. Un support théologique multiple au temple d’Esna »
Thomas Gamelin

Descendant le Nil depuis Kom Ombo, le dieu Sobek est appelé différemment lorsqu’il s’arrête un temps dans le temple d’Esna : il est nommé Chemânefer. Crocodilocéphales tous les deux, les contours iconographiques sont identiques, mais le nouveau dieu latopolite porte plusieurs couronnes qui reflètent les multiples caractères de Sobek dont il a hérités. Coiffé de la couronne-tjeni, Chemânefer acquiert des fonctions semblables à Sobek-Geb ; avec le hemhem sur la tête, le crocodile latopolite est un dieu-enfant prenant modèle sur Sobek-Horus ; portant le disque solaire, il est une forme animale prise par le soleil, comme c’est déjà le cas avec Sobek-Rê, mais sa nature comprend également une touche osirienne. L’ensemble des personnalités, quelque peu segmentées, du crocodile ombite est intégré en Chemânefer, tout en insistant sur l’idée que celles-ci ne sont en réalité que différentes facettes complémentaires qui s’unissent les unes aux autres au sein de cette nouvelle divinité.

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43-48

André Block, « Plutarchs Hausverbot für Vögel und Fische am Abaton. Fatale Folge eines Übersetzungsfehlers aus dem Ägyptischen?! »
André Block

De nombreux auteurs de l’Antiquité évoquent l'interdiction d’accès à l’île sacrée dans laquelle Osiris est enterré. Plutarque écrit même que les oiseaux et les poissons se tiennent à distance de ce lieu. Des sources égyptiennes confirment que l’île sacrée est interdite d’accès, mais sans que cela s’applique aux oiseaux ou poissons. Cependant, il est interdit de chasser ces animaux dans le voisinage immédiat de la tombe d’Osiris. Le présent article montre que la raison de cette information insolite est à trouver dans la mauvaise traduction d’un verbe égyptien faite par l’interprète de Plutarque. 

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49-73

Luca Miatello, « Dealing with Problematic Texts. A Synoptic Study of the Hypocephalus Turin Cat. 2320 »
Luca Miatello

Une étude des textes de l’hypocéphale Turin Cat. 2320, probablement daté de la période ptolémaïque, est présentée dans cet article en considérant les variantes dans autres exemplaires. D’autres types de textes autour du bord des hypocéphales, par exemple ceux consacrés à Djebaty, ou comportant des extraits du chapitre 162 du Livre des Morts, présentent des significations plus canoniques. Des références intéressantes aux principales composantes du défunt – ka, ba, akh et le corps – peuvent être identifiées dans les textes autour du bord et dans les divers registres. Particulièrement intéressant est le concept de ba d’Amon qui devient la multiplicité de l’univers et qui, comme l’a souligné Jan Assmann, a été dérivé par les prêtres thébains de la période ramesside de l’idée amarnienne de « un et un million ».

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75-85

Federico Contardi, « La collection d’ouchebtis du Museo Archeologico di Udine »
Federico Contardi

Publication de cinq ouchebtis conservés au Museo Archeologico d’Udine. À l’exception d’un ouchebti du Nouvel Empire, les autres datent de l’Époque tardive. Les apports de cette étude concernent le domaine de l’onomastique, avec l’attestation de quelques noms rares. Néanmoins, la comparaison avec du matériel issu de fouilles permet également de replacer quelques-uns de ces ouchebtis dans leur contexte archéologique.

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87-122

Frédéric Servajean, « Les pays des arbres à myrrhe et des pins parasols. À propos de Tȝ-nṯr »
Frédéric Servajean

Les tentatives de localisation du « Pays du dieu » ont toujours été infructueuses. Un examen attentif de la documentation relative à ce toponyme montre qu’il a toujours désigné le sud-est de la péninsule arabique où poussent les arbres à aromates. À partir du Nouvel Empire un nouveau « Pays du dieu » apparaît dans la documentation pour désigner la région où pousse le pin parasol.

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123-136

Margaritta Danilova, « La carrière et la famille de Minhotep Houtoutou. Avec une note sur la date du pErmitage 1116-B verso »
Margaritta Danilova

L’examen de la stèle de Minhotep Houtoutou (Musée du Caire 17/5/25/7 [S.R. 12041]) et la confrontation avec un passage du papyrus Ermitage 1116-B verso, (38)-(39), permettent d’assurer que Minhotep Houtoutou fut bien un contemporain d’Amenhotep III et qu’il participa même à l’un des jubilés du roi. Il en résulte que le papyrus du pErmitage 1116-B verso est plus récent que le règne d’Amenhotep II auquel il a toujours été attribué, ce que confirme la présence d’un cartouche de Thoutmosis IV au lieu de celui reconnu jusqu’à présent comme appartenant à Thoutmosis III aux lignes (61) et (66). Minhotep pourrait également être le père du grand pontife d’Amon sous Toutânkhamon Parennefer / Ounennefer dont la tombe thébaine a été retrouvée en 1990 par Fr. Kampp et K. Seyfried et être apparenté à l’intendant Sennefer dont la tombe, située au pied de la falaise du Bubasteïon a été localisée et fouillée par A.-P. Zivie.

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137-180

Gyula Priskin, « The Constellations of the Egyptian Astronomical Diagrams »
Gyula Priskin

La représentation de la manière dont les Anciens Égyptiens voyaient le ciel transparaît dans les tableaux astronomiques figurés dans des tombeaux, des temples funéraires, des clepsydres et des cercueils. Les dessins des constellations étaient un élément important de ce catalogue – qui consigne des informations aussi bien écrites qu’iconiques – des phénomènes célestes. Ces dessins se présentent en deux groupes, sur les panneaux boréaux et méridionaux des tableaux astronomiques. Il existait deux traditions différentes se rapportant aux constellations septentrionales représentées par des tableaux astronomiques dans les tombeaux de Senenmout et de Séthi Ier. À partir de l’analyse de l’emplacement des figurations de constellations se trouvant dans ces documents et de la vérification approfondie de la vaste collection des sources concernant le sujet – fondé sur le principe des ressemblances iconiques et à l’aide du logiciel planetarium –, cet essai identifie les motifs stellaires d’où proviennent les constellations de l’Ancienne Égypte.

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181-200

François René Herbin, « Une introduction à la « formule pour présenter les offrandes » (en marge d’une publication prochaine, 1) »
François René Herbin

Essai de synthèse sur une formule religieuse dont les premières attestations remontent au tout début du Nouvel Empire, réalisé ici sur la base d’une version démotique conservée sur le P. Bodl. MS. Egypt. a.3(P). Le texte est dépourvu de titre, mais il s’agit, comme l’indiquent plusieurs parallèles, d’un des derniers témoins connus d’une « formule pour déposer les offrandes » (rA n wAH xwt). Son analyse linéaire, mais aussi l’examen des différents contextes où elle apparaît au cours de son histoire, permet d’en situer la lecture dans le calendrier religieux. La présence de cette formule dans le manuscrit d’Oxford à côté d’une version originale du Rituel de faire sortir Sokar de la STyt dont la lecture tombe le 25 Khoiak (date explicitement mentionnée en II, 1), ainsi que nombre d’éléments internes, confirment si besoin était son appartenance au corpus des rites osiriens de ce mois.

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201-232

Florence Saragoza, « Anubis au manteau, des rives du Nil aux murs de Pompéi »
Florence Saragoza

L’Anubophore compte parmi les figures isiaques bien attestées par les sources textuelles et matérielles d’époque romaine. Au sein des processions, il incarne par ses attributs – un masque, un vêtement et une gestuelle particuliers – le dieu Anubis. Si ce personnage semble trouver son origine dans une figure de prêtre de l’Égypte du Ier millénaire, son transfert iconographique vers l’Occident s’est accompagné d’une transformation du sens et de la valeur de cette image.

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Équipe Égypte Nilotique et Méditerranéenne - UMR 5140 - « Archéologie des Sociétés Méditerranéennes » (Cnrs) - Université Paul Valéry - Montpellier III