ENiM 7 - 2014 (ISSN 2102-6629)

Sommaire

Pages
1-12

Sydney H. Aufrère, « Crocodilus lacrymans. Les « larmes » et la « compassion » du saurien du Nil »
Sydney H. Aufrère

Cet article propose d’étudier à nouveaux frais le motif des larmes de crocodile, dangereux et cruel saurien que l’on croyait incapable de pitié, paradoxalement considéré comme sacré par des habitants de la Vallée du Nil ou pris en chasse par d’autres. Cet article aborde son origine dans la littérature et son évolution à partir du IVe siècle de notre ère, sous la plume du prédicateur Asterios le Sophiste, jusqu’à l’Époque moderne où il fait encore flores, quoique l’on perde sa trace, en Orient et en Occident, pendant près de six siècles entre le Ve et le XIe siècles. L’origine égyptienne de ce dicton bien connu perce chez les auteurs classiques qui montrent comment les sauriens que les Tentyrites et les Apollinopolites fustigeaient à mort, émettaient des vagissements, assimilés à des pleurs. Le motif a évolué par le truchement du Physiologos jusqu’à son subvertissement final : Le Crocodile et l’Esturgeon (1792) de Jean-Pierre Claris de Florian.

  • fr
  • uk

Pages
13-32

Éloïse Noc, « Le sarcophage du musée de l’Hospice Saint Roch à Issoudun (no inv. 11.55)  »
Éloïse Noc

Étude du sarcophage anthropomorphique n° inv. 11.55 du Musée d’Issoudun (France) (XXIe dynastie). Il appartient à une chanteuse d’Amon-Rê, roi des dieux, et musicienne du chœur de Mout, la Grande, maîtresse de l’Ichérou, dont le nom reste inconnu. Les inscriptions recouvrant le cercueil sont présentées, accompagnées d’une description iconographique.

  • fr
  • uk

Pages
33-60

David Klotz, « Thoth as Textual Critic. The Interrupting Baboons at Esna Temple »
David Klotz

Au temple d’Esna, l’hiéroglyphe du babouin assis possède plusieurs valeurs phonétiques et idéographiques. En plus des valeurs déjà connues, ce signe peut aussi signifier le pronom pw, qui devait, à cette époque, être prononcé ip. Bien que cet emploi ne se rencontre pas hors du temple d’Esna, il est néanmoins attesté dans une vingtaine d’exemples renvoyant à l’ensemble de la période se rapportant à ces inscriptions. Tous les textes pertinents sont traduits ici avec un commentaire détaillé. Dans un appendice, quatre nouvelles valeurs logographiques pour l’hiéroglyphe du babouin assis sont analysées.

  • fr
  • uk

Pages
61-78

Florence Saragoza, « Doublement éternel. Quand les Égyptiens inhumaient leurs morts deux fois »
Florence Saragoza , P. Georges-Zimmermann

Le musée départemental des Antiquités à Rouen conserve une momie d’enfant (âgé de 2-3 ans) découverte en 1889 à Akhmîm par G. le Breton alors directeur et conservateur du musée. Si l’apparence extérieure de cette momie est tout à fait classique, l’examen radiographique indique que la tête est en fait maintenue au corps par une tige de palmier (gerid). D’autres momies présentent une telle particularité interprétée le plus souvent comme le témoignage d’une momification de piètre qualité. Il apparaît que la dislocation de la tête ne peut raisonnablement se produire lors des opérations de momification, mais semble plus logique si elle intervient longtemps après la mort. Dès lors, la tige de palmier sert à assurer au défunt son unité corporelle, un des principaux concepts de la pensée funéraire égyptienne. Le gerid témoigne d’un type d'intervention après inhumation différent de ceux mis en évidence dans la Nécropolis d’Alexandrie. Cela signifie également que l’emmaillotage actuellement visible n'est pas l’original puisque la momie a dû être bandelettée à nouveau après la resolidarisation de la tête au corps.

  • fr
  • uk

Pages
79-123

Anne-Sophie von Bomhard, « Le début du Livre de Nout »
Anne-Sophie von Bomhard

Sur le plafond du cénotaphe de Sethi Ier à Abydos, le Livre de Nout est précédé de colonnes de hiéroglyphes surmontées de vignettes. L’ensemble a été désigné comme « Texte de l’Horloge » parce que ces écrits donnent la description d’une horloge à ombre accompagnée d’explications sur son mode de fonctionnement. Ces textes sont en rapport étroit avec le sujet du Livre de Nout, à savoir les exposés sur le cycle des décans, et sur l’utilisation de ces étoiles pour déterminer les heures de nuit.

  • fr
  • uk

Pages
125-143

Annie Gasse, « La stèle Brügger, une stèle d’« Isis sur les crocodiles » »
Annie Gasse

L’article présente une stèle d’un modèle rare : imitant l’iconographie des cippes d’Horus, l’objet montre une Isis sur les crocodiles. Le texte du verso, proche du texte A de Daressy, souligne par des formules inusitées le rôle d’Isis magicienne protectrice de son enfant Horus.

  • fr
  • uk

Pages
145-172

Frédéric Mougenot, « Rénénoutet et les étoffes. Déesse de la végétation ou gardienne des trésors »
Frédéric Mougenot

Connue pour être la patronne de la nourriture et la nourrice du grain, Rénénoutet intervient par ailleurs dans les rituels divins et funéraires comme pourvoyeuse d’étoffes. Ce rôle a fréquemment été expliqué par son rôle supposé de déesse de la végétation veillant à la récolte du lin. Toutefois, une lecture objective des sources et leur analyse historique font apparaître l’absence de fondements de cette interprétation : le lien de Rénénoutet avec l’agriculture et les nourritures n’apparaît pas avant le Moyen voire le Nouvel Empire, et il n’a rien à voir avec le lin sous forme végétale. Par ailleurs, il relève davantage de la sphère des structures de stockage que du monde végétal et champêtre. En revanche, un retour aux premiers documents mentionnant l’implication de Rénénoutet dans le domaine des textiles, à l’Ancien Empire, fait apparaître son rôle de gardienne des produits de valeur (nourritures, tissus et minéraux précieux) et de leurs lieux de conservation.

  • fr
  • uk

Pages
173-219

Franck Monnier, « Une iconographie égyptienne de l’architecture défensive »
Franck Monnier

Cet article propose une compilation de toutes les représentations égyptiennes relatives à l’architecture défensive, de la période protohistorique à la Basse Époque. L’inventaire ainsi dressé permet en outre quelques remarques et réflexions sur certains éléments de cette iconographie, sur la manière d’interpréter les illustrations de forts, mais aussi sur les limites que nous imposent les codes artistiques égyptiens.

  • fr
  • uk

Pages
221-228

Jérôme Rizzo, « Nhr, un surnom à caractère sexuel du dieu Seth ? »
Jérôme Rizzo

Les différentes facettes de la nature fortement sexuée du dieu Seth sont largement évoquées dans les sources égyptiennes et ce, depuis les traditions les plus anciennes. Partant, on peut s’étonner du fait que, parmi les nombreux surnoms du dieu, aucun ne semble faire clairement état de ce trait distinctif. L’analyse porte ici sur le terme nhr, surnom de Seth principalement attesté dans le Livre de protéger la barque-nechemet, et communément rendu par « le Méchant » ou « le Terrifiant ». Or, l’enquête semble révéler un champ sémantique sans doute plus en phase avec la forte nature sexuelle du dieu.

  • fr
  • uk

Pages
229-238

Daniel von Recklinghausen, « Hapi und die Ptolemäer »
Daniel von Recklinghausen

Les trois statues monumentales découvertes à l’occasion des fouilles sous-marines d’Héracléion/Thônis, sur le parvis du temple d’Amon du Gereb, représentent très probablement un couple royal ptolémaïque et Hapi, la personnification du Nil. Une scène rituelle située dans la salle des offrandes du temple d’Edfou, où Hapi accomplit pour les Theoi Philopatores (Ptolémée IV et Arsinoé III) une offrande de nourriture – et ainsi identifie le roi et la reine comme des Theoi synnaoi –, illustre le caractère des statues d’Héracléion comme un ensemble et précise l’idée théologique de ce groupe.

  • fr
  • uk

Pages
239-276

John Coleman Darnell, « The Stela of the Viceroy Usersatet (Boston MFA 25.632), his Shrine at Qasr Ibrim, and the Festival of Nubian Tribute under Amenhotep II »
John Coleman Darnell

La stèle de Semna, du vice-roi de Nubie de la XVIIIe dynastie, Ousersatet, consigne un conseil donné par Amenhotep II à son vice-roi sous la forme d’une copie monumentale de la transcription personnelle du roi de son propre décret royal à Ousersatet. Le décret fut promulgué durant une fête célébrant l’accession royale, à une date secondaire, apparemment pour lier l’accession royale à la fête k?-?r-k?, à l’image de Ramsès III qui, plus tard, célébrera à la fois son accession et une fête de l’accession royale associée à la fête de Néhebkaou. Dans ce texte, Amenhotep II conseille Ousersatet quant aux interactions des Égyptiens et Nubiens avec l’administration du vice-roi et éclaire un peu les relations entre le roi, le vice-roi et les membres nubiens de la bureaucratie égyptienne du sud. La nature apparemment obscure et poétique du conseil royal et le manque de clarté quant à la situation d’Amenhotep II lorsqu’il le prodigue expliquent l’attention portée à ce texte, mais un certain manque de rigueur dans l’interprétation a obscurci plusieurs analyses de l’inscription. Un nouveau collationnement et un examen du texte de la stèle révèlent qu’Amenhotep II aborde apparemment la question de l’intégration croissante, par le vice-roi, de Nubiens dans les niveaux les plus élevés de l’administration du sud. Amenhotep II utilise une formule apparemment proverbiale qui fait référence à la transmission de l’autorité plus ancienne du vice-roi aux plus grandes divisions de la bureaucratie, et à la création d’un équivalent nubien du vice-roi, ce dernier restant néanmoins le primus inter pares de l’administration.

  • fr
  • uk

Pages
277-286

Maxime Panov, « Deux statuettes de Thot »
Maxime Panov

L’article présente le texte hiéroglyphique, les traductions et commentaires relatifs aux inscriptions de deux statuettes du dieu Thot conservées aujourd’hui au Musée Pouchkine de Moscou (nos. I.1.a 5702 et I.1.a 5703). Le premier objet est attribué à la Basse époque, l’autre, à la fin de la XXe dynastie.

  • fr
  • uk

Pages
287-313

Elsa Froppier, « Quand le couvercle de cartonnage d’un « certain Djemoutefânkh » retrouve sa moitié... Une histoire de récolement au musée de Grenoble ! »
Elsa Froppier

Sous forme d’une enquête muséologique débutant avec le récolement des antiquités égyptiennes effectué au musée de Grenoble en 2012, cet exposé tente de retracer le parcours d’une cuve de cartonnage, oubliée durant un siècle et demi des inventaires et catalogues d’exposition. Son association au couvercle de cartonnage d’un « certain Djemoutefânkh » est l’aboutissement de nos investigations.

  • fr
  • uk

Pages
315-320

Stéphane Pasquali, « Des ouchebtis et des hiéroglyphes pour protéger la demeure. Note à propos de pratiques coptes et musulmanes de protection domestique »
Stéphane Pasquali

Quelques remarques à propos d’un article récent publié dans le Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale. Celles-ci concernent l’utilisation d’objets d’époque pharaonique à valeur prophylactique.

  • fr
  • uk

979405 visites - 82 visite(s) aujourd'hui - 8 connecté(s)
© 2008 – 2016 - ENiM - Une revue d'égyptologie sur internet
Équipe Égypte Nilotique et Méditerranéenne - UMR 5140 - « Archéologie des Sociétés Méditerranéennes » (Cnrs) - Université Paul Valéry - Montpellier III