XVIIIe dynastie

« Retour


Sébastien Biston-Moulin

« Le roi Sénakht-en-Rê Ahmès de la XVIIe dynastie » (ENIM 5, 2012, p. 61-71)

Publication de deux éléments d’une porte de grenier au nom du roi Sénakht-en-Rê Ahmès récemment découverts près du temple de Ptah à Karnak. Les éléments mis au jour permettent de préciser l’identité de ce roi de la XVIIe dynastie dont seul le nom de couronnement était connu par des listes royales posthumes et de lever définitivement les incertitudes concernant son nom de naissance : Ahmès. Les désignations Sénakht-en-Rê Taâ Ier et Sénakht-en-Rê Siamon doivent donc aujourd’hui être abandonnées. La proposition d’identification de la tombe de ce roi dans le rapport de la commission d’enquête ramesside du Papyrus Abbott doit également être écartée. Il n’y a qu’un seul roi dont le nom de naissance est Taâ : Séqen-en-Rê. Le nom de fils de Rê de Sénakhat-en-Rê conduit à rattacher ce roi à la famille royale ahmoside de la fin de la XVIIe dynastie et du début de la XVIIIe dynastie dont il est à ce jour le plus ancien représentant connu. Enfin, les documents qui ne portent que le nom de fils de Rê « Ahmès » peuvent désormais être attribués soit à Sénakht-en-Rê Ahmès, soit à Neb-Pehety-Rê Ahmosis.


Fabien Hertier

« Deux mentions du prænomen d’Akhénaton dans une encyclopédie byzantine du Xe siècle » (ENIM 5, 2012, p. 115-117)

L’encyclopédie byzantine de Suidas (Souda), du Xe siècle, nous offre, sous la forme « Nephersôphris », la seule attestation connue du prænomen d’Akhénaton dans les sources grecques. Cette mention de l’hérétique en plein Moyen-Âge, prenant l’aspect d’un court proverbe évoquant sa légende noire, prouve que le souvenir du pharaon d’Amarna avait bel et bien survécu, de manière obscure, à travers plus de deux mille ans d’histoire.


John Coleman Darnell

« The Stela of the Viceroy Usersatet (Boston MFA 25.632), his Shrine at Qasr Ibrim, and the Festival of Nubian Tribute under Amenhotep II » (ENIM 7, 2012, p. 239-276)

La stèle de Semna, du vice-roi de Nubie de la XVIIIe dynastie, Ousersatet, consigne un conseil donné par Amenhotep II à son vice-roi sous la forme d’une copie monumentale de la transcription personnelle du roi de son propre décret royal à Ousersatet. Le décret fut promulgué durant une fête célébrant l’accession royale, à une date secondaire, apparemment pour lier l’accession royale à la fête k?-?r-k?, à l’image de Ramsès III qui, plus tard, célébrera à la fois son accession et une fête de l’accession royale associée à la fête de Néhebkaou. Dans ce texte, Amenhotep II conseille Ousersatet quant aux interactions des Égyptiens et Nubiens avec l’administration du vice-roi et éclaire un peu les relations entre le roi, le vice-roi et les membres nubiens de la bureaucratie égyptienne du sud. La nature apparemment obscure et poétique du conseil royal et le manque de clarté quant à la situation d’Amenhotep II lorsqu’il le prodigue expliquent l’attention portée à ce texte, mais un certain manque de rigueur dans l’interprétation a obscurci plusieurs analyses de l’inscription. Un nouveau collationnement et un examen du texte de la stèle révèlent qu’Amenhotep II aborde apparemment la question de l’intégration croissante, par le vice-roi, de Nubiens dans les niveaux les plus élevés de l’administration du sud. Amenhotep II utilise une formule apparemment proverbiale qui fait référence à la transmission de l’autorité plus ancienne du vice-roi aux plus grandes divisions de la bureaucratie, et à la création d’un équivalent nubien du vice-roi, ce dernier restant néanmoins le primus inter pares de l’administration.


1159511 visites - 218 visite(s) aujourd'hui - 4 connecté(s)
© ENiM - Une revue d'égyptologie sur internet
Équipe Égypte Nilotique et Méditerranéenne - UMR 5140 - « Archéologie des Sociétés Méditerranéennes » (Cnrs) - Université Paul Valéry - Montpellier III