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ENiM 1 - 2008 (ISSN 2102-6629)

Sommaire


Pages
1-6

JĂ©rĂŽme Gonzalez, « À propos d’une confusion tardive dans l’emploi de wnn (ĂȘtre) et wn (ouvrir)  »
JĂ©rĂŽme Gonzalez

fr Cet article est l’occasion de souligner qu’une combinaison de vignettes du Livre des Morts peut Ă©clairer le contenu modifiĂ© d’une formule « canonique ». Ainsi, la substitution de wnn, « ĂȘtre, exister » par wn, « ouvrir », dans la formule 103 du LdM, relĂšve de la proximitĂ© thĂ©matique des formules 91/92 et 103, reliĂ©es de façon iconique dans le P. Louvre E 17400.

uk This contribution is the reason for stressing that a combination of Book of the Dead vignettes can throw a light on the modified contents of a “canonical” spell. Thus, the substitution of wnn, “be, exist” by wn, “open”, in BD spell 103, belongs to the vicinity of the topics of spells 91/92 and 103, joined together in an iconic way in P. Louvre E 17400.

Pages
7-14

Bernard Mathieu, « Les Enfants d’Horus, thĂ©ologie et astronomie  »
Bernard Mathieu

fr Une enquĂȘte menĂ©e sur les Enfants d'Horus (HĂąpy, Douamoutef, ImsĂ©ti et QĂ©behsĂ©nouf ) dans les Textes des Pyramides permet de mettre en relief leur vĂ©ritable identitĂ© thĂ©ologique, leurs fonctions essentielles, ainsi que les correspondants que les Égyptiens leur avaient attribuĂ©s dans le ciel nocturne, au sein des constellations que nous nommons Orion et la Grande Ourse.

uk A synthetic study of the Sons of Horus (HĂąpy, Duamutef, Imseti and Qebehsenuf) in the Pyramid Texts is proposed, showing their genuine theological nature, their main functions, and the celestial correspondants the Egyptian gave them in the night sky, inside the constellations we call Orion and Great Bear (Ursa Major).

Pages
15-28

FrĂ©dĂ©ric Servajean, « À propos du temps (neheh) dans quelques textes du Moyen Empire »
Frédéric Servajean

fr Les mentions du terme neheh sont analysĂ©es dans quelques textes du Moyen Empire. Ce terme y dĂ©signe le « temps », en tant que flux Ă©troitement liĂ© Ă  l’éternitĂ© et l’immuabilitĂ© djet, ainsi qu’à la pratique de la MaĂąt.

uk The mentions of neheh are analyzed in some texts of the Middle Empire. This term appoints the « time », as stream strictly connected to the eternity and the stability djet, as well as to the practice of Maat.

ENiM 2 - 2009 (ISSN 2102-6629)

Sommaire


Pages
1-8

FrĂ©dĂ©ric Rouffet, « Le « Venin Ă©conduit » ou les dangers de son expulsion
(O. DeM 1046) »
Frédéric Rouffet

fr L’ostracon DeM 1046 prĂ©sente une formule magique au texte surprenant. De fait, le mĂ©decin-magicien ne s’adresse pas seulement au venin mais Ă©galement aux conduits du corps du patient ; ce qui tĂ©moigne d’une attention aux effets secondaires possibles du traitement appliquĂ© au patient. Ce phĂ©nomĂšne semble se retrouver dans d’autres textes, comme en tĂ©moignent notamment les deux parallĂšles des P. Turin 1993 et P. Chester-Beatty XI.

uk O. DeM 1046 presents two well known parallels: P. Turin 1993 and P. Chester-Beatty XI. From a synopsis presentation and the exhaustive study of this text, we can observe an interesting phenomenon: at the same time, the magician is asking the venom to go out of the patient’s body and the body’s vessels not to catch some disease due to the passage of venom. It looks like a representation of the concept of “side effects”.

Pages
9-23

FrĂ©dĂ©ric Servajean, « Le cycle du ba dans le Rituel de l’Embaumement P. Boulaq III, 8, 12-8, 16  »
Frédéric Servajean

fr L’analyse de quelques passages du Rituel de l’Embaumement (P. Boulaq III) permet de reconstituer le cycle du ba dans un contexte spĂ©cifique de momification et de comprendre la logique des traditions sur lesquelles il se fonde, rĂ©sultant de l’observation minutieuse de la nature.

uk The analysis of some passages of the Embalming Ritual (P. Boulaq III) allows to reconstitute the cycle of the ba in a specific context of mummification and to understand the logic of the traditions on which it is based, resulting from the meticulous observation of the nature.

Pages
25-52

Bernard Mathieu, « Les couleurs dans les Textes des Pyramides :
approche des systĂšmes chromatiques »
Bernard Mathieu

fr Les notions de « couleurs » dans l’Égypte ancienne doivent ĂȘtre apprĂ©hendĂ©es non pas isolĂ©ment mais selon une approche structurale, Ă  l’intĂ©rieur de systĂšmes complĂ©mentaires ou antinomiques. L’analyse du vaste corpus des Textes des Pyramides permet ainsi de mettre en Ă©vidence la spĂ©cificitĂ© et les implications idĂ©ologiques du rouge (dĂ©cher), qui s’oppose aux trois autres couleurs « fondamentales » que constituent le noir (kem), le blanc (hedj) et le vert (ouadj).

uk Concepts of “colors” in the Egyptian language cannot be studied separately; they have to be delt with inside structural systems, either complementary or antinomic. Through the analysis of the large corpus of the Pyramid Texts, this paper tries to highlight the specificity and the ideological background of the red colour (decher), as opposed to three other “fundamental” colors: black (kem), white (hedj) and green (ouadj).

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53-58

Christophe Thiers, « Le ciel septentrional ghr.t et le ciel mĂ©ridional gb.t »
Christophe Thiers

fr Cette brÚve note lexicographique concerne le terme ghr.t, attesté par quelques exemples provenant des temples gréco-romains de la région thébaine et par le P. Carlsberg I, qui conduit à une traduction plus précise : « voûte céleste septentrionale ».

uk The subject of this short lexicographical note concerns the word ghr.t, attested in few examples from the graeco-roman temples of the Theban area and in the P. Carlsberg I, which leads to the most accurate translation “Northerly sky vault”.

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59-65

Giuseppina Capriotti Vittozzi, « Domiziano, Funisulana Vettulla e la statua di Sethi I a Grottaferrata »
Giuseppina Capriotti Vittozzi

fr À l’Abbaye de Grottaferrata (Italie) sont visibles des fragments de reliefs Ă©gyptisants et la partie infĂ©rieure d’une statue de SĂ©thi I. Celle-ci fut apportĂ©e Ă  l’époque romaine et provient du temple de RĂȘ Ă  HĂ©liopolis. La publication rĂ©cente d’un catalogue des sculptures de l’Abbaye a Ă©tĂ© l’occasion de rĂ©flĂ©chir sur le lieu d'origine et sur la signification de cette statue dans le milieu romain. L’existence d’une villa trĂšs importante dans les environs du chĂąteau de Borghetto, oĂč la statue a Ă©tĂ© trouvĂ©e, permet de proposer l'hypothĂšse qu’elle y Ă©tait placĂ©e. Il est possible d’attribuer cette villa Ă  L. Funisulanus Vettonianus, important personnage du temps de Domitien, qui Ă©tait apparentĂ© Ă  Funisulana Vettulla, femme de C. Tettius Africanus, prĂ©fet d’Égypte sous Domitien.

uk Three fragments of Egyptianizing reliefs and the bottom part of a statue of Sethi I are preserved in the Abbey of Grottaferrata (Italy). A catalog has recently been published highlighting new data about how the statue from Heliopolis ended up in a Roman context. In the neighbourhood of Borghetto Castle, where the statue was found, there was an important villa, probably belonging to L. Funisulanus Vettonianus, a relative of Funisulana Vettulla, the wife of C. Tettius Africanus, Prefect of Egypt.

Pages
67-90

StĂ©phane Pasquali, « DonnĂ©es supplĂ©mentaires concernant les formes memphites d’Amon
au Nouvel Empire »
Stéphane Pasquali

fr ComplĂ©ment Ă  l’inventaire des cultes d’Amon Ă  Memphis datant du Nouvel Empire. Celui-ci comprend cinq formes supplĂ©mentaires, une liste des formes d’Amon «indĂ©terminĂ©es» et un supplĂ©ment aux formes d’Amon dĂ©jĂ  connues. Cette note est suivie d'une liste des monuments d'origine memphite victimes de martelages Ă  l’époque amarnienne.

uk Complement to the inventory of worships of Amun in Memphis during the New Kingdom. This includes five additional forms, a list of “undetermined” Amun and a supplement to the Amun who are already known. This note is follow by a list of the monuments of Memphis which are the victim of erasure during the Amarna period.

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91-101

Ludovic Lefebvre, « Polybe, PtolĂ©mĂ©e IV et la tradition historiographique »
Ludovic Lefebvre

fr Les historiens antiques et Ă  leur suite, un grand nombre d'historiens modernes, ont sĂ©vĂšrement critiquĂ© le quatriĂšme souverain de l'Égypte hellĂ©nistique, PtolĂ©mĂ©e Philopator, et au delĂ  de la figure historique, leur jugement s'est naturellement focalisĂ© sur le bilan de son rĂšgne. Cet Ă©tat de fait tient en grande partie Ă  la tradition transmise par Polybe et reprise par ses successeurs. Cependant, une remise en question de cette vision trop nĂ©gative est perceptible depuis une quarantaine dÂŽannĂ©es grĂące Ă  une relecture des sources et Ă  une analyse nouvelle des faits (dont certains inconnus des historiens de la premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle). Cet article propose de faire un point sur cette question.

uk The ancient historians and at their turn, a large number of modern historians have severely criticized the forth sovereign of Hellenistic Egypt, Ptolemy IV Philopator and beyond the historic figure, they based their judgment on the facts of his reign. This situation is, in large part, the result of the tradition transmitted by Polybius and taken over by his successors. Nevertheless, this very negative perspective has been looked at differently during the last forty years due to reviewing the sources and reanalyzing the facts (some of which were unknown to the historians of the first half of the 20th century). This article aims to make a point in this matter.

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103-108

Vincent Razanajao, « La demeure de Min maĂźtre d’Imet. Un monument de Tell FarĂąoun rĂ©interprĂ©tĂ©  »
Vincent Razanajao

fr Un nouvel examen de blocs de granite dĂ©couverts Ă  Tell FarĂąoun/Nebesheh par Petrie permet de prĂ©ciser l’attribution du petit temple de l’ancienne ville d’Imet. Leur identification Ă  deux montants de porte confirme la premiĂšre impression que pouvait laisser la configuration des lieux, Ă  savoir que le petit temple d’Imet ne serait pas la demeure de la dĂ©esse principale, Ouadjet dame d’Imet, mais celle de Min. L’époque Ă  laquelle remonte ce temple, parfaitement datĂ© par un dĂ©pĂŽt de fondation du roi Amasis (XXVIe dyn.), correspond Ă  celle oĂč le dieu Min d’Imet apparaĂźt dans la documentation.

uk The reconsideration of granite fragments unearthed by Petrie at Tell Farʿun / Nebesheh allows us to clarify the attribution of the small temple of the ancient town of Imet. Their identification to two door-jambs confirms the first impression that could give the field, namely that the small temple is not the place of worship of Wadjet of Imet, the main deity, but the one of Min. The date of the construction of this temple, given by a foundation deposit of Amasis (26th dyn.), coincides with the date of the apparition of Min of Imet in the documentation.

Pages
109-128

JĂ©rĂŽme Gonzalez, « Le cercueil de Peniou. MusĂ©e national d’Histoire naturelle de Santiago du Chili (no
 inv. 11.160) »
JĂ©rĂŽme Gonzalez

fr L’analyse du cercueil de Pȝ-n(y)-jw (XXXe dyn. – dĂ©but de l’époque ptolĂ©maĂŻque ; MusĂ©e d’histoire naturelle de Santiago du Chili – MNHN 11.160) permet de mettre en lumiĂšre l’emploi d’une boiserie en trompe-l’Ɠil originale et son rapport avec diffĂ©rents motifs religieux, notamment deux figures d’Anubis anthropomorphe adoptant la posture ksw.

uk The analysis of the Pȝ-n(y)-jw’s coffin (Dynasty 30 – Ptolemaic Period; Museo Nacional de Historia Natural, Santiago of Chile – MNHN 11.160) allows to throw a light on the use of an original woodwork in trompe l’oeil and his relationship with various religious motives, specially two anthropomorphic Anubis in the ksw posture.

Pages
129-154

Dimitri Meeks, « Une stĂšle de donation de la DeuxiĂšme PĂ©riode intermĂ©diaire  »
Dimitri Meeks

fr La stĂšle Madrid 1999/99/4 est republiĂ©e, accompagnĂ©e d’un commentaire philologique et historique. Il s’agit en fait d’une stĂšle de donation, la plus ancienne actuellement connue et datant d’un roi de la fin de la XIIIe dynastie nommĂ© SĂ©hĂ©qa-en-RĂȘ SĂ©ankhi-Ptah. Une bibliographie mise Ă  jour de toutes les stĂšles de donation connues est donnĂ©e en appendice Ă  l’article.

uk The stela Madrid 1999/99/4 is published anew with a philological and historical commentary. It appears to be the oldest donation stela known yet, dated to the first year of a king named Seheqa-en-Re Seankhi-Ptah, probably of the end of the XIIIth Dynasty. An updated bibliography of all known donation stelae is appended to the article.

Pages
155-163

Jean-Claude Grenier, « Une statuette d’Amon-AmmĂŽn »
Jean-Claude Grenier

fr Publication d’un petit bronze inĂ©dit (Égypte, Ă©poque ptolĂ©maĂŻque ?) montrant AmmĂŽn coiffĂ© de la couronne d’Amon et tenant un sceptre ouas. En appendice, la publication d’une tĂȘte en marbre d’AmmĂŽn (Égypte, IIe s. ap. J.-.C.).

uk Publication of a small unpublished bronze (Egypt, Ptolemaic Period?) of Ammîn wearing Amon’s crown and holding the was-scepter. In Appendix, the publication of a marble head of Ammîn (Egypt, second century AD.).

ENiM 3 - 2010 (ISSN 2102-6629)

Sommaire


Pages
1-21

FrĂ©dĂ©ric Servajean, « L’« hĂ©ritier du temps ». À propos de l’épithĂšte jwʿw nḥḥ »
Frédéric Servajean

fr L’épithĂšte jwʿw nḥḥ, l’ « hĂ©ritier du temps », renvoie essentiellement Ă  Osiris ou Ă  la divinitĂ© solaire dans certains de ses aspects. Il s’agit d’une divinitĂ© qui se rĂ©gĂ©nĂšre pĂ©riodiquement en dĂ©butant rĂ©guliĂšrement un nouveau cycle temporel neheh annuel ou diurne.

uk The attribute jwʿw nḥḥ, the « Heir of time », refers essentially to Osiris or to the solar divinity under some of its aspects. It is a divinity who regenerates periodically herself beginning regularly a new temporal cycle neheh annual or diurnal.

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23-42

Isabelle RĂ©gen, « Une brique magique royale. Birmingham 1969 W 478 »
Isabelle RĂ©gen

fr Publication d’une brique magique occidentale anonyme conservĂ©e au musĂ©e de Birmingham (1969 W 478). AprĂšs examen, il apparaĂźt que la brique n’était pas anonyme dĂšs sa conception mais que le nom du bĂ©nĂ©ficiaire a Ă©tĂ© perdu. En dĂ©pit de la perte de la sĂ©quence nominative, l’étude typologique et textuelle de la brique permet de conclure que cet objet appartenait Ă  un roi. La datation demeure incertaine.

uk Publication of an anonymous western magical brick kept in Birmingham Museum (1969 W 478). A close examination shows that the object was not originally anonymous and that the name of the owner was lost. Despite of the lack of the owner’s identity, the typological study of the brick and of its text allows to state that this object belonged to a royal funerary equipment. The datation remains uncertain.

Pages
43-51

Marguerite Erroux-Morfin, « Sombre chĂ©lidoine, glauque printemps »
Marguerite Erroux-Morfin

fr Quelques remarques concernant le fragment d’AthĂ©nĂ©e de Naucratis, Deipnosophistae XV, 677, en particulier la plante Chelidonium. Chelidonium corniculatum (L.) qui, en raison de la coloration sombre de ses feuilles, annonce la mort d’Antinoos.

uk Some reflections about Athenaeus’fragments in Deipnosophistae XV, 677, and specially the plant called Chelidonium. Chelidonium corniculatum (L.) fortells Antinoos’ death due to the fact that the leaves coloration is glaucous.

Pages
53-66

Thierry Bardinet, « La contrĂ©e de OuĂąn et son dieu »
Thierry Bardinet

fr Deux formules magiques tirĂ©es d’un texte mĂ©dical du dĂ©but du Nouvel Empire mentionnent un dieu surnommĂ© par les Égyptiens « celui de l’étranger », apparemment liĂ© Ă  une fĂ©dĂ©ration de tribus appartenant au groupe des Shosou. Ce dieu Ă©tait adorĂ© dans une contrĂ©e Ă©trangĂšre appelĂ©e OuĂąn, que l’on peut situer en Édom. Dieu unique particuliĂšrement violent, il Ă©tait identifiĂ© dans la phrasĂ©ologie magique Ă©gyptienne au dieu BĂ©bon, forme sĂ©thienne du dieu Thot.

uk Two magic formulas taken from a medical text dating from the beginning of the New Kingdom refer to a god whom the Egyptians called “He from the foreign countries” apparently a divinity linked to a federation of tribes belonging to the Shosou group. This god was worshipped in a foreign land called Ouñn, somewhere in the region of Edom. This god unique and particularly violent was identified in magic Egyptian phraseology as the god Bebon, the sethian form of the god Thot.

Pages
67-75

David Klotz, « Two Curious Orthographies for Khepri »
David Klotz

fr Analyse de deux orthographes non reconnues auparavant du nom Khepri. Le premier exemple est gĂ©nĂ©ralement Ă©crit « gorge et Ɠil », la lecture repose pratiquement entiĂšrement sur le contexte. Le second est le trigramme bien connu « lotus-lion-bĂ©lier», qui pourrait designer Khepri comme le pendant logique d’Atoum, le dieu reprĂ©sentĂ© dans l’autre trigramme.

uk Discussion of two previously unrecognized orthographies of the name Khepri. The first example is written generally as “throat and eye,” and the reading is established almost entirely from context. The second is the well-known trigram “lotus-lion-ram,” which could designate Khepri as the logical pendant of Atum, the god represented in the other trigram.

Pages
77-107

Bernard Mathieu, « Mais qui est donc Osiris ? Ou la politique sous le linceul de la religion »
Bernard Mathieu

fr L’invention de la figure osirienne et de sa thĂ©ologie, probablement au dĂ©but de la Ve dynastie, fut un Ă©vĂ©nement considĂ©rable dans l’histoire Ă©gyptienne, dont l’impact dĂ©passa mĂȘme le cadre strict de l’État pharaonique. On tente de montrer ici que les Textes des Pyramides, dans un grand nombre de formules, permettent de prĂ©ciser les modalitĂ©s institutionnelles et les motivations politiques de l’instauration et de la diffusion de la doctrine osirienne.

uk The invention of the Osirian figure and his theology, probably at the beginning of the 5th Dynasty, has been a considerable event in Egyptian history, whose impact exceeded largely Pharaonic State borders. The aim of this paper is to show to what extent, through a large number of Spells, the Pyramid Texts make it possible to specify the institutional ways and the political motivations of the introduction and the diffusion of the Osirian dogma.

Pages
109-136

Catherine Defernez, « Quatre vases BĂšs provenant de Tell el-Herr (Nord-SinaĂŻ). »
Catherine Defernez

fr Les vases Ă  figuration de BĂšs sont, Ă  ce jour, notablement attestĂ©s dans les contextes stratigraphiques de Tell el-Herr (situĂ© dans la partie septentrionale de la pĂ©ninsule sinaĂŻtique), qu’ils soient de nature domestique, militaire ou cultuelle. Leur pĂ©rennitĂ© sur plusieurs dĂ©cennies d’occupation du site permet dorĂ©navant une classification fine des vaisselles spĂ©cifiques de la pĂ©riode qui nous intĂ©resse ici : la pĂ©riode qui s’échelonne du milieu du Ve siĂšcle au premier quart du IVe siĂšcle av. n.Ăš. Parmi les formes identifiĂ©es, certaines d’entre elles se dĂ©marquent, outre par leur dĂ©cor, par leur profil atypique. Cette contribution met en avant quatre vases dont la raretĂ© des tĂ©moignages tant en Égypte que dans les territoires limitrophes, tout comme le degrĂ© de raffinement avec lequel ces vases furent confectionnĂ©s, incitent Ă  supposer que leur genĂšse participe peut-ĂȘtre d’un rĂ©pertoire autre que celui de la cĂ©ramique. Certaines caractĂ©ristiques autorisent des connexions avec le rĂ©pertoire de la vaisselle d’apparat en mĂ©tal, en pierre, ou en terre cuite.

uk The Bes figure vases have been, to this day, significantly attested in the stratigraphic contexts of Tell el-Herr (located in the northern part of the Sinaitic peninsula), whether of domestic, military or cultural nature. Their durability over several decades of occupancy of the site hence enables fine-tuned classification of the crockery specific to the period of interest here: the period ranging from the middle of the Vth century to the first quarter of the IVth century BC. Among the new shapes identified, some of them, in addition to their decoration, standing out by their atypical profile. This contribution highlights four vases whose the rarity of the testimonies in Egypt as well as in the boundary territories, just like the degree of refinement with which these vases were manufactured, lead to assume that their genesis may point to another repertoire as that of ceramic. Some characteristics suggest connections with the repertoire of metal, stone or earthen ceremonial crockery.

Pages
137-165

Mission Ă©gypto-française d’Atfih (MEFA), « Atfih, la zone centrale de l’HĂ©sateum (zone A). Travaux dans la nĂ©cropole des vaches sacrĂ©es (1) »
Mission Ă©gypto-française d’Atfih (MEFA)

fr Description de la partie centrale de la NĂ©cropole des vaches sacrĂ©es HĂ©sat d’Atfih, ancienne capitale de la 22e province de Haute-Égypte, l’une des Aphroditopolis de l’époque grecque. La MEFA a dĂ©gagĂ© la zone anciennement fouillĂ©e par Ahmed Moussa pour le compte du CSA, composĂ©e de deux sarcophages de vaches, datĂ©s de la fin de l’époque dynastique ou du dĂ©but de la pĂ©riode ptolĂ©maĂŻque. Les structures abritant les sarcophages utilisent des bocs provenant d’un Ă©difice plus ancien, appartenant probablement Ă  Osorkon l’Ancien (XXIe dynastie).

uk Description of the central part of the necropolis of the sacred cows Hesat at Atfih, the ancient capital of the 22nd province of Upper Egypt, one of the Aphroditopolis of the Greek period. The MEFA has cleared the area previously excavated by Ahmed Moussa for the SCA, composed of two sarcophagi of cows, dating from the late-dynastic or early Ptolemaic period. The structures in which are incorporated the sarcophagi have been built with reused blocks from an older building, probably belonging to Osorkon the Elder (XXI Dynasty).

Pages
167-176

AnaĂŻs Tillier, « Notes sur l’icherou »
AnaĂŻs Tillier

fr À la suite des brillants travaux de S. Sauneron et J. Yoyotte sur l’icherou, cet article revient sur certains aspects. Des textes du temple d’Hathor Ă  Dendera mettent en lumiĂšre le rĂŽle rituel de « faire un icherou », dans le cadre de l’apaisement de la DĂ©esse Lointaine et du retour de la crue. Un Ă©missaire de Sekhmet, appelĂ© le « Faiseur-d’icherou », pourrait remplir la mĂȘme fonction : apaiser la dĂ©esse et lui offrir un lieu propice Ă  la naissance de sa progĂ©niture. L’origine naturelle de l’icherou est liĂ©e Ă  la crue, comme le rapportent les rĂ©cits mythologiques sur le creusement du lac de Mout Ă  Karnak. Le lac fait rĂ©fĂ©rence aux mares d’eau apparaissant Ă  la lisiĂšre du dĂ©sert, avant le gonflement du fleuve. Ce phĂ©nomĂšne correspond Ă  la fonction mythologique de l’icherou dans l’apaisement et le retour de la DĂ©esse Lointaine, avant l’arrivĂ©e de la crue.

uk Following the seminal work of S. Sauneron and J. Yoyotte about the isheru, this article focuses on some aspects. Some texts from the Hathor’s temple of Dendera describe the ritual function of “making an isheru”, within the pacifying of the Far-Away Goddess and the return of the flood. One of the demons of Sekhmet, called the “Maker-of-isheru”, could play the same role in both pacifying the goddess and giving her a favourable place to give birth to her offspring. The natural origin of isheru is linked to the flood, as it is reported in the mythological texts about the digging of the Mout’s lake at Karnak. The lake refers to ponds appearing in the edge of the desert, before the river starts to swell. This phenomenon corresponds to the mythological role of isheru in the pacifying and the return of the Far-Away Goddess, before the arrival of the flood.

Pages
177-187

Dimitri Meeks, « Un dicton mĂ©connu (StĂšle Turin N 50049) »
Dimitri Meeks

fr La stĂšle Turin N 50049, dĂ©diĂ©e Ă  Amenhotep Ier divinisĂ©, comporte, outre un petit hymne qui lui est adressĂ©, un dicton dont la traduction prĂ©sente de nombreuses difficultĂ©s. L’ensemble du texte est examinĂ© en dĂ©tail, traduit et commentĂ©, afin de replacer le dicton dans son contexte.

uk Stela N 50049 of the Turin Museum, dedicated to Amenophis I deified contains, besides a little hymn addressed to him, a saying whose translation presents many difficulties. The whole text is examined in detail, translated and commented, in order to set it back in context.

Pages
189-192

Nicolas Manlius, « Un animal reprĂ©sentĂ© sur une Ă©tiquette de Nagada III. OryctĂ©rope ou fennec ? »
Nicolas Manlius

fr Une Ă©tiquette en ivoire reliĂ©e Ă  une jarre provenant de la tombe du roi Scorpion, Ă  Abydos, et datant de Nagada III, est le support d’une gravure reprĂ©sentant un animal Ă©nigmatique. Cet animal a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dĂ©signĂ© comme Ă©tant un oryctĂ©rope, Orycteropus afer, car il possĂšde indubitablement des caractĂšres anatomiques appartenant Ă  cette espĂšce. Toutefois, il prĂ©sente Ă©galement des caractĂšres anatomiques de fennec, Fennecus zerda. Cette derniĂšre possibilitĂ© d’interprĂ©tation en ferait alors la seule reprĂ©sentation connue Ă  ce jour de fennec en Égypte pour les Ă©poques prĂ©dynastique et pharaonique.

uk An ivory label of a pottery coming from the king Scorpion’ tomb, to Abydos, and dating from Naqada III, carry a carving of an enigmatic animal. This animal was already point out like a Aardvak, Orycteropus afer, because it have beyond any doubt anatomical characteristics of this specie. However, it present equally anatomical characteristics of Fennec, Fennecus zerda. This last possibility of interpretation do of it the only representation of the Fennec known until now in Egypt during Predynastic and Pharaonic epochs.

Pages
193-213

Nagwa Arafa, « La stĂšle de PahĂ©rypedjet au MusĂ©e Ă©gyptien du Caire »
Nagwa Arafa

fr Étude de la stĂšle de PahĂ©rypedjet conservĂ©e au MusĂ©e du Caire et de quelques titres qui y sont mentionnĂ©s.

uk Study of the stele of Pahérypedjet of the Museum of Cairo and of some titles which are mentioned in the stele.

ENiM 4 - 2011 (ISSN 2102-6629)

Sommaire


Pages
1-37

FrĂ©dĂ©ric Servajean, « Le conte des Deux FrĂšres (1). La jeune femme que les chiens n’aimaient pas »
Frédéric Servajean

fr Le conte des Deux FrĂšres a toujours posĂ© problĂšme Ă  ses commentateurs. On sait, depuis la publication du P. Jumilhac par J. Vandier, qu’il faut le mettre en relation avec les XVIIe et XVIIIe nomes de Haute-Égypte. Une analyse tenant compte plus systĂ©matiquement des dieux, des rites et des interdits mentionnĂ©s dans le P. Jumilhac permet de mieux cerner sa signification.

uk The tale of Two Brothers always raised problem to his commentators. We know, since the publication of P. Jumilhac by J. Vandier, that it is necessary to put it in connection with the XVIIth and XVIIIth nomes of Upper Egypt. An analysis taking into account more systematically gods, rites and prohibitions mentioned in P. Jumilhac allows to understand better its meaning.

Pages
39-49

Bernadette Menu, « Les ouchebtis de Neskhons, entre droit et croyances »
Bernadette Menu

fr Cet article a pour but de donner une interprĂ©tation nouvelle des tablettes Rogers et Mac Cullum, sur la base d’une analyse proprement juridique. Il offre par consĂ©quent un point de vue diffĂ©rent sur le rĂŽle des chaouabtis/ouchebtis dans les croyances funĂ©raires.

uk This paper aims to give a new interpretation of the Rogers and McCullum tablets on the basis of a Specifically legal analysis. Consequently it offers a different point of view of the role of shabtis/ushabtis in funerary beliefs.

Pages
51-79

Sydney H. AufrĂšre, « Dans les marĂ©cages et sur les buttes. Le crocodile du Nil, la peur, le destin et le chĂątiment dans l’Égypte ancienne »
Sydney H. AufrĂšre

fr Cet article traite des structures spĂ©cifiques relatives aux croyances se rapportant au crocodile du Nil (Crocodylus niloticus Laurenti 1768), une espĂšce commune Ă  tout le bassin versant du Nil et qui incarne le chĂątiment divin. AprĂšs avoir dressĂ© un arriĂšre-plan hiĂ©roglyphique, lexical, anthropologique et religieux relatif au crocodile, l’auteur souligne, Ă  travers une sĂ©lection de sources hiĂ©roglyphiques, grecques et latines, l’existence de plusieurs paradoxes. Le saurien est considĂ©rĂ© de deux façons antagonistes : 1°) comme un animal qui cause soit une mort divinisante, soit une mort dĂ©nonçant la culpabilitĂ© de la victime ; 2°) comme un animal qui incarne des forces divines nĂ©gatives et dont l’éradication est nĂ©cessaire, car il est Ă  l’origine de multiples accidents. Des comparaisons avec l’univers des reprĂ©sentations malgaches et dogons au sujet de ce saurien suggĂšrent l’existence de structures parallĂšles de condamnations par le destin personnifiĂ©es par Crocodylus niloticus.

uk This paper addresses the specific structures relating to beliefs connected with the Nile crocodile (Crocodylus niloticus Laurenti 1768), a common species in the catchment basin of the Nile and which embodies divine punishment. After outlining a hieroglyphical, lexicological, anthropological and religious background relating to the crocodile, the author emphasizes, by means of a selection of hieroglyphic, Greek and Latin sources, the existence of several paradoxes. The saurian is considered according to two opposing ways : 1) as an animal which causes either a deifying death or a death expressing the guilt of the victim ; 2) as an animal embodying negative deities whose eradication is necessary since many accidents are caused by the saurian. Comparisons with the Madagascan and Dogon behaviours concerning this saurian suggest the existence of parallel death sentence structures based on fate and personified by Crocodylus niloticus.

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81-90

SĂ©bastien Biston-Moulin, « De SĂ©sostris Ier Ă  Kamosis. Note sur un remploi de Karnak »
SĂ©bastien Biston-Moulin

fr Cet article est consacrĂ© au remploi d’un jambage de porte en calcaire dur au nom de SĂ©sostris Ier ayant servi de support pour graver la deuxiĂšme stĂšle de Kamosis dĂ©couverte en 1954 Ă  Karnak. Un rĂ©examen de la stĂšle au MusĂ©e de Louqsor et une plaque de verre des archives du Cfeetk (CSA/USR 3172 du Cnrs) datĂ©e de 1956 qui montre la stĂšle dans un meilleur Ă©tat de conservation ont permis de lever une partie des difficultĂ©s de lecture signalĂ©es et de proposer une nouvelle identification des divinitĂ©s reprĂ©sentĂ©es sur le jambage. Le dieu Amon et une dĂ©esse (que les restes du nom invitent Ă  identifier Ă  Mout ou Nekhbet) allaitant SĂ©sostris Ier sont reprĂ©sentĂ©s sur le premier registre et la dĂ©esse Bastet confĂ©rant la vie au roi est prĂ©sente sur le deuxiĂšme registre. Un examen des diffĂ©rents Ă©lĂ©ments Ă  mĂȘme de prĂ©ciser la localisation d’origine de ce jambage et les Ă©vĂ©nements ayant conduit Ă  son remploi par Kamosis viennent conclure cette Ă©tude.

uk This article focuses on a hard limestone door jamb in the name of Senusret I reused for the second stela of Kamose uncovered in 1954 at Karnak. A new examination of the stela in the Luxor Museum and a glass photographs in the archives of CFEETK (SCA/USR 3172 Cnrs) dating from 1956 which shows the stela in a better state of preservation have eliminated some of the reported difficulties and allows us to propose a new identification of the deities represented on the door jamb. The god Amun and a goddess (who can be identify to Mut or Nekhbet) suckling Senusret I are represented on the first register and the goddess Bastet giving life to the king on the second register. A review of the elements able to specify the original location of the door jamb and the sequence of events that led to its reuse by Kamose concludes this study.

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91-102

Jennifer Romion, « Des Égyptiens portant un baudrier libyen ? »
Jennifer Romion

fr Depuis plus de 7000 ans, le baudrier croisĂ© est un Ă©lĂ©ment distinctif de la culture libyco-berbĂšre. Symbole de suprĂ©matie sociale et guerriĂšre, il est encore aujourd’hui fiĂšrement arborĂ© par les Touaregs. Alors, confrontĂ© Ă  un baudrier similaire portĂ© par Pharaon et ses sujets, la question se pose de savoir s’il s’agit du mĂȘme vĂȘtement et, le cas Ă©chĂ©ant, quelle est sa raison d’ĂȘtre en Égypte ancienne ?

uk Since more seven thousand years, crossed baldric is a distinctive element of the libyco-berbere culture. Symbol of social and warlike pre-eminence, it is yet proudly worn by the Touaregs. So, confronted to a similar baldric worn by Pharaoh and his subjects, the question is asked to know if we talk about the same garment and if necessary, which the reason of its use in Ancient Egypt is?

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103-106

Mey Zaki, « Une table d’offrandes conservĂ©e au MusĂ©e de l’agriculture du Caire
(inv. 1354) »
Mey Zaki

fr Étude d’une table d’offrandes en calcaire, exposĂ©e au MusĂ©e de l’agriculture Ă©gyptienne ancienne Ă  Dokki, enregistrĂ©e sous le no 1354. Elle provient probablement de Deir el-MĂ©dineh et appartient au serviteur de la place de vĂ©ritĂ© Houy qui a vĂ©cu pendant la pĂ©riode Ramesside.

uk Study of a limestone offering-table, exposed in the Museum of old Egyptian agriculture in Dokki, recorded under No 1354. It comes probably from Deir el-MĂ©dineh and belongs to the servant of the place of truth Houy which lived during the Ramesside period.

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107-136

Anne-Sophie von Bomhard, « Le Naos des DĂ©cades. Puzzle archĂ©ologique et thĂ©matique »
Anne-Sophie von Bomhard

fr Le Naos des DĂ©cades, dĂ©diĂ© au dieu Chou, est un monument unique par sa collection de textes originaux et par la dĂ©coration extĂ©rieure de ses parois, consacrant une case a chacune des dĂ©cades de l’annĂ©e Ă©gyptienne. Chaque case montre cinq vignettes accompagnant un petit commentaire qui a Ă©tĂ© qualifiĂ© d’« astrologique », et qui diffĂšre Ă  chaque dĂ©cade. Ces notices font intervenir un « grand dieu », dont l’action vise Ă  dĂ©truire les populations ennemies, elles semblent de nature plus mythologique qu’astrologique, et leur ensemble pourrait constituer l’un de ces « Livres de Chou » que le dieu confie Ă  Sekhmet, faisant le dĂ©compte de ceux que la dĂ©esse et sa troupe de dĂ©cans doivent Ă©liminer. La place du monument dans l’astrologie Ă©gyptienne est discutĂ©e : alors que le commentaire concerne des populations entiĂšres, les vignettes et leurs lĂ©gendes intĂ©ressent le destin individuel et semblent relier le rĂ©sultat du jugement divin et donc l’avenir du ka Ă  la position des astres dans le ciel. À cet Ă©gard, le monument pourrait reflĂ©ter, ou ĂȘtre le prĂ©curseur des systĂšmes astrologiques prĂ©disant le devenir d’aprĂšs la position variable des planĂštes, du soleil et des dĂ©cans selon les heures.

uk The Naos of the Decades is dedicated to the god Shu. It is a monument unique as to its collection of original texts and the decoration of its outside walls which contains a frame for each of the decades of the Egyptian year. Each of these frames displays five vignettes which accompany a short comment which was qualified as “astrological”, and is different for each decade. These notes call a “great god” for action to destroy enemy populations, and they seem more of a mythological than an astrological nature. The collection of these texts could constitute one of the “Books of Shu” which that god entrusted to Sekhmet, establishing a list of those that the goddess and her troop of decans is to eliminate. The position of the monument in Egyptian astrology is arguable: while the comment concerns entire populations, the vignettes and their legends deal with individual destiny and seem to link result of divine judgement and thus the future of the ka to the position of the stars in the sky. In this context, the monument could reflect or precede the astrological systems that foretell the future from the changing position of the planets, the sun and the decans according to the hours.

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137-158

Bernard Mathieu, « Seth polymorphe : le rival, le vaincu, l’auxiliaire »
Bernard Mathieu

fr Le dieu Seth, comme l’illustrent bien les Textes des Pyramides, est une figure polysĂ©mique. Cette spĂ©cificitĂ© tient essentiellement Ă  ce qu’au Seth « ancien », le dieu de Noubet (Ombos, Nagada), protagoniste avec l’Horus de NĂ©khen (HiĂ©raconpolis) du mythe fondateur de la constitution de l’État pharaonique, s’est superposĂ© un nouveau Seth hĂ©liopolitain, l’agresseur d’Osiris. Les thĂ©ologiens-thĂ©oriciens du pouvoir ont dĂ©libĂ©rĂ©ment jouĂ© sur cette homonymie afin de stigmatiser toute forme de contestation politique.

uk As it seems to be clear from the Pyramid Texts, the god Seth is a fundamentally polysemic character. This comes from the fact that a “new” Seth, the murderer of Osiris according to the Heliopolitan theology, has been superposed to the older Seth, the god of Nubet (Ombos, Nagada), the protagonist of the historiographic myth together with Horus of Nekhen (Hieraconpolis). This article try to show how this double character of Seth has been intentionally used against whoever would contest the pharaonic power.

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159-196

JĂ©rĂŽme Gonzalez, « Maltais, trophĂš, ktĂšsios... Remarques autour des figurines de chien en terre cuite d’Égypte »
JĂ©rĂŽme Gonzalez

fr Le prĂ©sent article se propose d’identifier la valeur emblĂ©matique des terres cuites de chiens maltais fabriquĂ©s en Égypte. Une origine iconographique propre au monde grĂ©co-romain a Ă©tĂ© confirmĂ©e (dĂšs le VIe-Ve siĂšcle av. J.-C.). Ensuite, il s’est agit de se demander comment ces objets de consommation courante ont pu ĂȘtre « lisibles » dans l’Égypte grecque et romaine. La docilitĂ© et la trophĂš infantile initialement Ă©voquĂ©es par le chien maltais sont rĂ©investies dans le jeu des rapports sociaux prĂ©sidĂ©s par la notion de « parentalisation ». À cela s’ajoute la valeur d’approvisionnement alimentaire au cƓur des mĂ©canismes communautaires. Le rĂ©investissement est tel, que sous l’Empire, le chien maltais plus souvent individualisĂ© qu’associĂ© Ă  l’enfant-dieu Karpocrate / Harpocrate, passe de qualificatif (statut de la prime enfance) Ă  entitĂ© pleinement autonome. En ce sens, la terre cuite de chien maltais pourra intĂ©grer les foyers (ktĂ©sios), les greniers Ă  blĂ© (anatropheus), les fortins (trophĂš militaire)


uk The purpose of this article is identifying the symbolic value of the Maltese dogs terracottas made in Egypt. An iconographic origin was confirmed for the Greco-Roman world (from VIth-Vth cent. B.C.). Then, it is of wondering how these objects of regular consumption were able to be “readable” in Greek and Roman Egypt. The docility and the infantile trophe initially evoked by the Maltese dog are reinvested in the social relationships, chaired by the notion of “parentalisation”. In it is added the value of food supply, a main part of the community mechanisms. Under the Empire, the Maltese dog, more often individualized than associated with the child-god Karpocrates / Harpocrates, became a complete autonomous entity rather the qualifier it was initially (status of the infancy). This way, the terracotta of Maltese dog can join homes (ktesios), granaries (anatropheus), forts (military trophe)


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197-232

FrĂ©dĂ©ric Servajean, « Le conte des Deux FrĂšres (2). La route de PhĂ©nicie »
Frédéric Servajean

fr Le deuxiĂšme Ă©pisode du conte des Deux FrĂšres a lieu en PhĂ©nicie. Cette rĂ©gion est prĂ©sentĂ©e comme une sorte de monde funĂ©raire dans lequel Bata meurt et retourne Ă  la vie. La structure est la mĂȘme que pour le premier Ă©pisode.

uk The second episode of the Tale of Two Brothers takes place in Phoenicia. This region is presented as a sort of funerary world in which Bata dies and returns to the life. The structure is the same than in the first episode.

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233-272

Alain Dautant, « Le cercueil d’ItĂ©nĂ©feramon au musĂ©e d’Aquitaine »
Alain Dautant , Thomas Boraud, Bernard Lalanne

fr Le cercueil de Jt-nfr-Jmn, connu grĂące aux publications de J.-Fr. A. Perrot, est conservĂ© au MusĂ©e d’Aquitaine Ă  Bordeaux (Mesuret-8590). Sa dĂ©coration est semblable au cercueil de Tayouheret et, secondairement, Ă  celui de Masaharta, dĂ©couverts tous les deux dans la premiĂšre cachette de Deir el-Bahari. L’organisation horizontale du dĂ©cor intĂ©rieur et les frises sur les bords extĂ©rieur et intĂ©rieur de la cuve rappellent les cercueils de SoutymĂšs, SĂ©ramon et Masaharta. Ces dĂ©tails apparaissent spĂ©cifiquement sur les cercueils du dĂ©but de la XXIe dynastie dont le cercueil de Jt-nfr-Jmn est un remarquable exemplaire. Une inhumation vers 1070-1060 av. J.-C. est proposĂ©e.

uk The Jt-nfr-Jmn’s coffin, known from the J.-Fr. A. Perrot’s publications, is conserved at The Aquitaine Museum in Bordeaux (Mesuret-8590). Its decoration is similar to the Taywheret’s coffin and secondarily to the Masaharta’s one, found both in the first cache of Deir el Bahri. The horizontal organization of interior decor and the friezes on the outside and inside edges of the case recall the coffins of Sutymes, Seramon and Masaharta. These details appear specifically on the coffins of the early 21st dynasty of which the Jt-nfr-Jmn’s coffin is a remarkable specimen. A burial about 1070-1060 BC is proposed.

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273-290

CharlĂšne Cassier, « Fouilles Ă  Atfih au dĂ©but du XXe
 siĂšcle »
CharlĂšne Cassier

fr Rappel historique, analyse et essai d'identification des diverses fouilles entreprises à Atfih au début du XXe siÚcle. Quelques informations relatives à l'histoire et l'organisation du site sont mises en exergue.

uk Historical reminder, analysis and attempt of identification of the various excavations undertaken to Atfih at the beginning of the XXth century. A few informations relating to the history and the organization of the site are highlighted.

ENiM 5 - 2012 (ISSN 2102-6629)

Sommaire


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1-6

Mona M. R. El-Sayed, « A Fragmentary Faience Statuette in the Oriental Museum Durham University »
Mona M. R. El-Sayed

fr Publication d’une statuette fragmentaire d’Amenmes, fils de Paouia (fin de la XIXe dynastie et dĂ©but de la XXe), conservĂ©e Ă  l’Oriental Museum, UniversitĂ© de Durham. Cet objet complĂšte le dossier de ce personnage dĂ©jĂ  bien connu.

uk Publication of a fragmentary statuette of Amenmes, son of Ouia (end of the XIXth dynasty and beginning of the XXth), kept in the Oriental Museum, University of Durham. Amenmes is already known by the other documents.

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7-18

Ludovic Lefebvre, « Les ArsinoĂ© de la GrĂšce continentale et insulaire au IIIe siĂšcle av. J.-C. Un exemple de MĂ©tonomasie »
Ludovic Lefebvre

fr Au IIIe siĂšcle avant JĂ©sus-Christ, plusieurs citĂ©s de GrĂšce dĂ©cidĂšrent d’adopter le nom d’une souveraine Ă©gyptienne d’origine macĂ©donienne. Deux souveraines furent concernĂ©es : ArsinoĂ© II Philadelphe et ArsinoĂ© III Philopator. L’acte de changer de nom – la mĂ©tonomasie – n’était pas un acte anodin pour ces citĂ©s ancestrales ; les facteurs qui y prĂ©ludĂšrent et les consĂ©quences qui en rĂ©sultĂšrent sont Ă©tudiĂ©s dans cet article.

uk Several cities of Greece decided to renew their denominations with the name of a macedonian queen in the third century BC. Two rulers were concerned: Arsinoe II Philadelphos and Arsinoe III Philopator. The act of changing its name was not insignificant for these ancestral cities. This article deals with the reasons and the consequences of this phenomenon.

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19-30

Bernadette Menu, « Le papyrus du Brooklyn Museum n° 35.1446
 et l’immigration syro-palestinienne sous le Moyen Empire »
Bernadette Menu

fr Le but de l’article est Ă  la fois de prĂ©senter une synthĂšse gĂ©nĂ©rale du contenu du papyrus du Brooklyn Museum n° 35.1446 et de prĂ©ciser le statut des quelque 95 personnes qui figurent sur la liste du verso. Il s’avĂšre que celles-ci sont toutes d’origine syro-palestinienne et que leur venue en Égypte s’inscrit dans le cadre d’une politique d’immigration soutenue par les rois des XIIe-XIIIe dynasties.

uk The aim of this paper is to present a general summary of the contents of P. Brooklyn Museum n° 35.1446 and to clarify the status of some ninety-five people who appear in the list on the verso. It turns out that all of them are Asiatics and that their entry into Egypt was part of an immigrapion policy upheld by the Kings of the XIIth-XIIIth Dynasties.

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31-37

David Klotz, « Articulata Forma Dei. A Cosmic Epithet from Esna and Medinet Habu
 »
David Klotz

fr Analyse d’une Ă©pithĂšte obscure provenant du temple d’Esna. Deux nouvelles attestations permettent la traduction suivante : « la voĂ»te cĂ©leste n’est qu’une partie de lui / d’elle » (gb.t ?y ?.t jm=f / jm=s). Des expressions semblables se rapportant aux membres divins sont Ă©galement analysĂ©e.

uk Analysis of an obscure epithet found at Esna temple. Two newly published attestations establish the following translation: “the celestial firmament is but a part of him / her (gb.t ?y ?.t jm=f / jm=s).” Similar expressions involving divine limbs are discussed.

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39-60

Janie Chun Hung Kee - Hassanein, « De Khaset-Dep Ă  Khaset-Tep : Ă©tude toponymique »
Janie Chun Hung Kee - Hassanein

fr Les temples grĂ©co-romains de ThĂ©baĂŻde, d’Edfou et de Dendara, font occasionnellement Ă©tat de graphies Khaset-DP / Khaset-TP pour Ă©voquer la Haute et la Basse-Égypte. L’étude des sources montre que l’on a affaire Ă  un toponyme unique, se rĂ©fĂ©rant, dans les deux cas, Ă  Dep de Bouto (Tep en dĂ©motique) ; appliquĂ© au Sud, il procĂšde d’une transposition de gĂ©ographie sacrĂ©e du Nord sur le Sud, explicitement Ă©tablie par le contexte gĂ©nĂ©ral des documents. Excursus : prĂ©sentation synoptique de listes gĂ©ographiques Ă©numĂ©rant des dĂ©esses Hathor.

uk The Greek-roman temples of the region of Thebes, Edfu and Dendara occasionally attest some written forms Khaset-DP / Khaset-TP, evoking Upper and Lower-Egypt. The study of the sources shows that we deal with a unique toponym, referring in both cases to Dep of Buto (Tep in demotic) ; concerning the South, it proceeds from a transposition of a sacred geography from North to South, which is clearly demonstrated by the general context of the documents. Excursus: synopsis of geographical lists showing Hathor goddesses.

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61-71

SĂ©bastien Biston-Moulin, « Le roi SĂ©nakht-en-RĂȘ AhmĂšs de la XVIIe dynastie »
SĂ©bastien Biston-Moulin

fr Publication de deux Ă©lĂ©ments d’une porte de grenier au nom du roi SĂ©nakht-en-RĂȘ AhmĂšs rĂ©cemment dĂ©couverts prĂšs du temple de Ptah Ă  Karnak. Les Ă©lĂ©ments mis au jour permettent de prĂ©ciser l’identitĂ© de ce roi de la XVIIe dynastie dont seul le nom de couronnement Ă©tait connu par des listes royales posthumes et de lever dĂ©finitivement les incertitudes concernant son nom de naissance : AhmĂšs. Les dĂ©signations SĂ©nakht-en-RĂȘ TaĂą Ier et SĂ©nakht-en-RĂȘ Siamon doivent donc aujourd’hui ĂȘtre abandonnĂ©es. La proposition d’identification de la tombe de ce roi dans le rapport de la commission d’enquĂȘte ramesside du Papyrus Abbott doit Ă©galement ĂȘtre Ă©cartĂ©e. Il n’y a qu’un seul roi dont le nom de naissance est TaĂą : SĂ©qen-en-RĂȘ. Le nom de fils de RĂȘ de SĂ©nakhat-en-RĂȘ conduit Ă  rattacher ce roi Ă  la famille royale ahmoside de la fin de la XVIIe dynastie et du dĂ©but de la XVIIIe dynastie dont il est Ă  ce jour le plus ancien reprĂ©sentant connu. Enfin, les documents qui ne portent que le nom de fils de RĂȘ « AhmĂšs » peuvent dĂ©sormais ĂȘtre attribuĂ©s soit Ă  SĂ©nakht-en-RĂȘ AhmĂšs, soit Ă  Neb-Pehety-RĂȘ Ahmosis.

uk Publication of two elements of a granary door bearing the name of king Senakhtenre Ahmose recently discovered near the temple of Ptah at Karnak. The inscriptions allow this king of the seventeenth dynasty, previously only known through the coronation name in later king-lists, to be identified more precisely. They also finally resolve uncertainties about his birth name: Ahmose. The designations of Senakhtenre Tao I or Senakhtenre Siamun for this king must be abandoned. Suggestions for identifying the king’s tomb in the Ramesside report of investigations in the Theban necropolis recorded in Papyrus Abbott must also be rejected. Only one king bears the birth name Tao: Seqenenre. That Ahmose is the son of Re name of Senakhtenre leads to the conclusion that this king must be a member of the Ahmoside royal family of the late seventeenth and early eighteenth dynasties, of which he is to date the oldest known representative. Finally, documents that bear only the son of Re name “Ahmose” can now be attributed to either Senakhtenre Ahmose or Nebpehtyre Ahmose.

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73-102

Anne-Sophie von Bomhard, « Ciels d’Égypte. Le « ciel du sud » et le « ciel du nord » »
Anne-Sophie von Bomhard

fr Depuis les temps anciens jusqu’aux pĂ©riodes tardives, les Anciens Égyptiens, pour dĂ©crire le ciel, distinguaient le « ciel du sud » et le « ciel du nord », aussi bien dans les textes que dans l’iconographie. Les reprĂ©sentations de la voĂ»te cĂ©leste qui apparaissent sur des plafonds ou des couvercles de sarcophages permettent d’identifier les astres principaux du ciel dit « mĂ©ridional » comme Ă©tant ceux qui se dĂ©placent sur l’écliptique avec, essentiellement, les Ă©toiles-dĂ©cans qui balisent le parcours quotidien et annuel du soleil. Le ciel « septentrional », quant Ă  lui, est le domaine des constellations borĂ©ales, visibles toute l’annĂ©e et, pour cette raison, dĂ©nommĂ©es par les Égyptiens « Celles qui ne connaissent pas la destruction ». L’opposition « spatiale » s’accompagne d’une opposition « mythologique » : les constellations du ciel du nord sont liĂ©es Ă  l’idĂ©e d’immortalitĂ© car on ne les voyait jamais disparaĂźtre dans la Douat. À l’inverse, les ensembles stellaires situĂ©s plus au sud, dont les prototypes sont Sirius et Orion, qui sont absents du ciel un certain temps au cours de l’annĂ©e, sont comparĂ©s aux vivants : ils « vivent » lorsqu’ils brillent au firmament, et « meurent » lors de leur invisibilitĂ©, qui est ressentie comme un sĂ©jour dans la Douat. Ces observations expliquent de nombreuses allusions retrouvĂ©es dans les Textes de Pyramides.

uk From very early times down to the late periods, the Ancient Egyptians describing the firmament distinguished the “southern sky” and the “northern sky” in their texts as well as in their iconography. Representations of the sky that appear on ceilings or coffin lids permit to identify the main stars in the sky called “southern” as those that move along the ecliptic comprising, in essence, the decanal stars that mark the daily and annual course of the sun. The northern sky, on the other hand, is the domain of the boreal constellations that are visible throughout the year, which is why the Egyptians called them “Those who do not know destruction”.The “spatial” opposition is accompanied by a “mythological” one: the constellations of the northern sky are tied to the notion of immortality because they can never be seen to vanish into the Duat. Inversely, the constellations situated further to the south, with Sirius and Orion as prototypes, which are absent from the sky during a certain lapse of time in the year, are compared to the living: they “live” while they sparkle in the night firmament and “die” during their invisibility, which is perceived as a passage in the Duat. These observations explain a great variety of mythological allusions issuing from the Pyramid Texts.

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103-113

FrĂ©dĂ©ric Servajean, « Le conte des Deux FrĂšres (3). À propos de l’expression kȝ.t tȝḥw.t »
Frédéric Servajean

fr Analyse lexicographique du terme tȝḥw.t dans l’expression kȝ.t tȝḥw.t mentionnĂ©e dans le conte des deux frĂšres.

uk Lexicographical analysis of the word tȝḥw.t in the expression kȝ.t tȝḥw.t mentioned in the Tale of Two Brothers.

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115-117

Fabien Hertier, « Deux mentions du prĂŠnomen d’AkhĂ©naton
dans une encyclopĂ©die byzantine du Xe siĂšcle  »
Fabien Hertier

fr L’encyclopĂ©die byzantine de Suidas (Souda), du Xe siĂšcle, nous offre, sous la forme « NephersĂŽphris », la seule attestation connue du prĂŠnomen d’AkhĂ©naton dans les sources grecques. Cette mention de l’hĂ©rĂ©tique en plein Moyen-Âge, prenant l’aspect d’un court proverbe Ă©voquant sa lĂ©gende noire, prouve que le souvenir du pharaon d’Amarna avait bel et bien survĂ©cu, de maniĂšre obscure, Ă  travers plus de deux mille ans d’histoire.

uk The Suda, a 10th century Byzantine encyclopedia, provides us with the only mention of Akhenaten’s praenomen in Greek sources (Nephersophris = Neferkheperura). This evocation of the heretical king, in the shape of a proverb focusing on the unlucky power of his name, proves that Akhenaten’s dark memory had survived by some unknown ways, over more than 2000 years.

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119-131

JĂ©rĂŽme Rizzo, « L’exclusion de Dw de l’espace sacrĂ© du temple  »
JĂ©rĂŽme Rizzo

fr Forme superlative de l’impur dans le lexique de l’Égypte ancienne, Dw constitue Ă  ce titre une expression majeure du mal. Il n’est alors guĂšre surprenant qu’un vĂ©ritable arsenal soit disposĂ© sur les points stratĂ©giques du temple Ă©gyptien, incarnation des notions de puretĂ© et de sacrĂ©, afin de maintenir cette menace hors du temenos.

uk Superlative form of the impure in the lexicon of ancient Egypt, Dw constitutes as such a major expression of the evil. It is then hardly surprising that a real arsenal is arranged on the strategic points of the Egyptian Temple, embodiment of the notions of purity and sacredness, to maintain this threat outside the temenos.

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133-149

StĂ©phane Pasquali, « Trois fonctionnaires memphites du Nouvel Empire »
Stéphane Pasquali

fr Publication de deux fragments de reliefs provenant de la nĂ©cropole de Memphis du Nouvel Empire. Les inscriptions de ces blocs mentionnent un prĂȘtre du temple de Ptah (du terrain-baH) datant de la fin de la XVIIIe dynastie, Ipy, son frĂšre anonyme et un autre fonctionnaire anonyme du « temple de RamsĂšs II uni-Ă -la-maĂąt-de-Ptah dans le domaine d’Hathor », peut-ĂȘtre le gouverneur de Memphis Amenhotep-Houy (Ă©poque de RamsĂšs II).

uk Publication of two decorated blocks from the New Kingdom necropolis of Memphis. These blocks mention in their inscriptions a priest of the Ptah temple (of the baH-land) from the late XVIIIth Dynasty, Ipy, his anonymous brother and another anonymous official of the “temple of Ramesses II united-with-the-maat-of-Ptah in the Estate of Hathor”, maybe the Governor of Memphis Amenhotep-Huy (temp. Ramesses II).

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151-165

Alexandra Nespoulous Phalippou, « L’amnistie dĂ©crĂ©tĂ©e en l’an 21 de PtolĂ©mĂ©e Épiphane (185/184 a. C.) »
Alexandra Nespoulous Phalippou

fr Deux sources mettent en Ă©vidence la proclamation d’une amnistie pĂ©nale en l’an 21 du rĂšgne de PtolĂ©mĂ©e Épiphane et Ă©clairent d’un jour nouveau la politique de pacification dĂ©veloppĂ©e par ce souverain : il s’agit d’un passage du dĂ©cret sacerdotal datĂ© de l’an 23 de PtolĂ©mĂ©e Épiphane (stĂšle Caire RT 2/3/25/7, l. 19 20 ; stĂšle Caire JE 44901, l. 11 12) et d’ordonnances royales contenues sur un papyrus grec (C. Ord. Ptol. n° 34 = P. Kroll + P. Palau Rib. inv. 172a et b) que nous proposons Ă©galement de dater de l’an 21 d’Épiphane.

uk Two documents show the proclamation of a penal amnesty in the 21th year of the reign of Ptolemy Epiphanes and bring to light the pacification’s policy developed by this sovereign: there are an extract of the sacerdotal decree of the 23th year of Ptolemy Epiphanes (stele Kairo RT 2/3/25/7, l. 19 20 ; stele Kairo JE 44901) and royal ordinances on a greek papyrus (C. Ord. Ptol. n° 34 = P. Kroll + P. Palau Rib. inv. 172a et b) which we suggest to date from the 21th year of Ptolemy Epiphanes.

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167-194

Catherine Grataloup, « CĂ©ramiques calcaires d’époque perse et des derniĂšres dynasties indigĂšnes
Ă  ThĂŽnis-HĂ©raclĂ©ion »
Catherine Grataloup

fr Les recherches sur le site immergĂ© de ThĂŽnis-HĂ©racleion, dans la zone occidentale du Delta du Nil, ont permis de mettre au jour une sĂ©rie de cĂ©ramiques fines appartenant Ă  une production Ă©gyptienne. Ces vases Ă  liquide, issus de secteurs caractĂ©risĂ©s par des occupations qui concernent la pĂ©riode achĂ©mĂ©nide et les dynasties indigĂšnes, prĂ©sentent des caractĂ©ristiques typologiques qui ne les rattachent pas au Corpus Ă©gyptien. En revanche, la comparaison avec certaines cĂ©ramiques nĂ©o-assyriennes permet de suggĂ©rer des concordances typologiques. Cet article signale des rapprochements avec du matĂ©riel de SaqqĂąra et de Tell el-Herr (partie septentrionale de la pĂ©ninsule sinaĂŻtique). En annexe est prĂ©sentĂ© un vase BĂšs en mĂ©tal qui par son profil se rapproche des vases en cĂ©ramique de l’article, mais qui par son dĂ©cor est assez singulier. Par ailleurs, mention est faite d’un type d’amphore de table peinte importĂ©e rĂ©guliĂšrement associĂ©e aux contextes des cĂ©ramiques calcaires prĂ©sentĂ©es.

uk Fieldwork at the underwater settlements of ThÎnis-Herakleion, in the West Nile Delta, have uncovered Egyptian and imported pottery, notably a specific Egyptian fine ware consisting mainly of drinking vessels. These ceramics, from two contexts dated to the Achaemenid period and the native Dynasties, present typological characteristics which do not belong to the standard Egyptian ceramic corpus. This study suggests one axis of research relating to this corpus; comparison with the Neo-Assyrian ceramic repertoire allows some similarities to be observed. Some connections with ceramics from Saqqùra and Tell el-Herr (in the northern part of the Sinai Peninsula) are also taken into account. Further, a metal Bes vase is discussed owing to its shape and its «hybrid» decoration, alongside a type of imported painted table amphora regularly associated with the context of the ceramic-types treated

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195-213

AnaĂŻs Martin, « L’embaumeur est-il « out » ( ) ? »
AnaĂŻs Martin

fr Alors que le terme « out » dĂ©signe couramment l’embaumeur, certains indices trouvĂ©s sur les parois des tombes de l’Ancien Empire tendent Ă  montrer que la charge du out est plus vaste qu’il n’y paraĂźt. En effet, l’étude des scĂšnes de procession funĂ©raire et de prĂ©sentation des offrandes, ainsi que de la titulature des propriĂ©taires des tombes suggĂšre que la fonction du out dĂ©passe le cadre de la momification pour englober tout le processus de ritualisation du dĂ©funt.

uk While the term wt often refers to the embalmer, some indications on the walls of Old Kingdom tombs suggest that the duty of a wt is actually much wider. Study of the scenes of the funeral procession and presentation of offerings, as well as the tomb owners’ titles, shows that the wt’s duty extends beyond mummification and encompasses the entire process of the deceased’s ritualization.

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215-255

Sandra L. Lippert, « L’étiologie de la fabrication des statuettes osiriennes au mois de Khoiak
et le Rituel de l’ouverture de la bouche d’aprĂšs le papyrus Jumilhac »
Sandra L. Lippert

fr La lĂ©gende de la dĂ©couverte de la tĂȘte tranchĂ©e d’Osiris Ă  Nedjit par Anubis et de l’ouverture de sa bouche afin de lui faire divulguer les endroits oĂč il faut chercher les membres dispersĂ©s du dieu est racontĂ©e dans le papyrus Jumilhac en cinq versions plus ou moins circonstanciĂ©es. Une nouvelle comprĂ©hension de ces passages permet d’y reconnaĂźtre l’étiologie de la fabrication de statuettes osiriennes en argile lors des festivitĂ©s du mois de Khoiak et Ă©claire les pratiques locales de HardaĂŻ, non mentionnĂ©es dans le long texte du « Rituel de Khoiak » Ă  Dendara.

uk Papyrus Jumilhac contains five more or less extensive versions of a myth according to which Anubis discovered the severed head of Osiris at Nedjit; the subsequent performance of an opening of the mouth enabled the head to reveal the places where the missing body parts are to be found. A corrected reading of essential phrases allows us to recognize the myth as an aetiology explaining the fabrication of Osirian clay figures during the festival of Khoiak. Furthermore, this new understanding sheds light on the local practices at Hardai which are not described in the famous Khoiak text at Dendera.

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257-283

Franck Monnier, « Quelques rĂ©flexions sur le terme « jnb » ,  »
Franck Monnier

fr Cet article propose de nouveaux Ă©lĂ©ments de rĂ©flexion concernant le substantif jnb, ainsi qu’une discussion sur l’origine de l’idĂ©ogramme qui lui est associĂ©. Les chercheurs ne s’accordent pas encore tous sur sa signification, et sa prĂ©sence dans un texte est souvent interprĂ©tĂ©e comme la volontĂ© d’évoquer une fortification ou un mur d’enceinte. L’analyse d’une sĂ©lection de documents permet d’affiner la comprĂ©hension de ce terme architectural.

uk This article proposes new interpretations of the noun jnb, as well as a discussion of the origin of the ideogram which is associated with it. Scholars still do not agree on the meaning of the term, and its presence in a text is often understood as referring to a fortification or an outer wall. An analysis of a selection of documents allows the meaning of this architectural term to be refined.

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286-314

François RenĂ© Herbin, « La tablette hiĂ©roglyphique MMA 55.144.1 »
François René Herbin

fr Étude de la tablette en calcite MMA 55.144.1, portant sur chacune de ses faces neuf lignes d’un texte religieux Ă©crit en caractĂšres hiĂ©roglyphiques. Elle est au nom d’un certain Hor-p(a)-Ăąa fils de Djehouty-her, qui occupait comme son pĂšre d’éminentes fonctions dans le clergĂ© de Thot Ă  Hermopolis, probablement Ă  l’époque ptolĂ©maĂŻque. L’un comme l’autre sont inconnus par ailleurs dans la documentation locale. L’originalitĂ© de l’inscription, qui intĂšgre quelques extraits du Livre de parcourir l’éternitĂ©, rĂ©side dans la maniĂšre dont est traitĂ©e la relation entre le dĂ©funt et Osiris, en associant Ă©troitement le titulaire de la tablette aux rites de renaissance du dieu au mois de Khoiak.

uk Study of the calcite tablet MMA 55.144.1, bearing on each side nine lines of a religious text written in hieroglyphs. It belongs to a Hor-p(a)-ña son of Djehouty-her, who both held important duties in the clergy of Thot at Hermopolis, probably in the Ptolemaic period. Both are otherwise unknown in the local documentation. The original feature of the inscription, in which are inserted some excerpts from the Book of traversing Eternity, lies in the way the relationship between the deceased and Osiris is treated, by associating closely the tablet’s owner to the revival rites of the god during the month of Khoiak.

ENiM 6 - 2013 (ISSN 2102-6629)

Sommaire


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1-26

Bernard Mathieu, « Horus : polysĂ©mie et mĂ©tamorphoses »
Bernard Mathieu

fr À l’instar du thĂ©onyme « Seth », le thĂ©onyme « Horus » est Ă©minemment polysĂ©mique. FondĂ© sur l’analyse de plus de 900 attestations dans les Textes des Pyramides, cet article tente de classifier les diffĂ©rents rĂ©fĂ©rents thĂ©ologiques, depuis le modĂšle archaĂŻque, Ă  portĂ©e historiographique, d’Horus de HiĂ©raconpolis jusqu’à l’élaboration de la figure d’Horus l’enfant hĂ©ritier de son pĂšre Osiris. Au-delĂ  du discours religieux, comme toujours, se laissent deviner les Ă©volutions d’une pensĂ©e politique et les lourdes implications idĂ©ologiques de la diffusion du dogme osirien.

uk Just as « Seth » appears to be, the god name « Horus » is an highly polysemic character. Through the analysis of over 900 occurrences in the Pyramid Texts, this paper attempts to classify the various theological referents, from the archaic model of Horus of Hieraconpolis – built for historiographical purpose – to the development of the character of Horus the child, heir of his father Osiris. Beyond the religious discourse, as usual, one can guess the trends of a political thought and the heavy ideological implications of the spread of the Osirian dogma.

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27-32

Khaled El-Enany, « Une statuette privĂ©e d’Atfih »
Khaled El-Enany

fr Publication d’une statuette privĂ©e dĂ©couverte en 1991 lors des fouilles du Conseil SuprĂȘme des AntiquitĂ©s Ă  Atfih et conservĂ©e actuellement dans le magasin archĂ©ologique du site. Des dĂ©tails stylistiques et Ă©pigraphiques de cette statuette fragmentaire assise permettent de la dater du dĂ©but du Nouvel Empire. Les textes conservent une formule d’offrandes adressĂ©e Ă  Hathor maĂźtresse d’Atfih – premiĂšre occurrence sur un monument dĂ©couvert in situ – au profit de son dĂ©dicant Hor, dont la lecture des deux titres est malheureusement lacunaire et incertaine.

uk Publication of a private statuette discovered in 1991 during the excavations of the Supreme Council of Antiquities in Atfih currently kept in the archaeological store of the site. Stylistic and epigraphical details of this fragmentary seated statuette suggest a date at the beginning of the New Kingdom. The texts include an offering formula addressed to Hathor mistress of Atfih – the first occurrence on a monument found in situ – for the benefit of its owner Hor, whose two titles are unfortunately lacunar and uncertain.

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33-78

Thierry Bardinet, « Osiris et le gattilier »
Thierry Bardinet

fr Du lointain Orient, les Égyptiens ont importĂ© une plante et sa graine qui Ă©taient rĂ©putĂ©es avoir des vertus anaphrodisiaques et qui leur paraissaient, de ce fait, avoir des propriĂ©tĂ©s anti-sĂ©thiennes. VouĂ©es pour cette raison Ă  Osiris, elles furent employĂ©es pour assurer la protection de la momie contre le dieu Seth mais aussi pour protĂ©ger le mĂ©decin qui affrontait les dĂ©mons des maladies liguĂ©s par ce dieu et mis au service du redoutable dieu Khonsou.

uk The Egyptians imported, from the Far East, a plant together with its seed that is known for its anaphrodisiac powers, and thus seemed to have anti-Sethian properties. Being dedicated, for that reason, to Osiris, they were used to ensure the protection of the mummy from the god Seth as well as protecting the physician who was dealing with the demons of the diseases associated with that god and placed at the service of the dreadful god Khonsu.

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79-91

FrĂ©dĂ©ric Servajean, « Le ciel de SinouhĂ© et l’apaisement de SĂ©sostris »
Frédéric Servajean

fr Analyse d’un thĂšme littĂ©raire – le ciel de SinouhĂ© –, thĂ©matisĂ© Ă  plusieurs endroits du conte de SinouhĂ©.

uk Analysis of a literary theme – the sky of Sinuhe –, thematized in several places of the tale of Sinuhe.

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93-122

Sydney H. AufrĂšre, « Serpents, magie et hiĂ©roglyphes »
Sydney H. AufrĂšre

fr La prĂ©sente communication traite d’un petit groupe de sept cippes d’Horus d’époque libyenne, dont certains proviennent sĂ»rement de ThĂšbes. À l’avant de la stĂšle, sur la plinthe, sous l’habituelle reprĂ©sentation d’Horus en relief empoignant les animaux dangereux et piĂ©tinant les crocodiles, s’étend une scĂšne en deux dimensions. Elle Ă©voque le dieu-adolescent Ched-le-Sauveur montant un char lancĂ© dans le dĂ©sert, menĂ© par un BĂšs-aurige, et dont l’attelage – deux griffons monstrueux – culbute des crocodiles agressifs tandis que Ched dĂ©coche des flĂšches sur un ensemble de bĂȘtes nuisibles, notamment un nombre variable de serpents longs (ÉlapidĂ©s et ColubridĂ©s) ou courts (VipĂ©ridĂ©s). À ces serpents correspond un Ă©ventail de noms magiques diffĂ©rents, quatorze au total. L’examen permet de conclure que ces appellations se rapporteraient, plutĂŽt qu’à des noms de serpents, Ă  une diversitĂ© de dangers spĂ©cifiques causĂ©s par les serpents que l’on souhaiterait conjurer en s’adressant au dieu. Il s’y ajoute une sĂ©rie de remarques au sujet de la stĂšle du MusĂ©e Pouchkine I.1a.4492 (1899), qui, en dĂ©pit de l’absence de scĂšnes similaires Ă  celles du groupe prĂ©cĂ©dent, pourrait Ă©clairer d’un jour nouveau certaines croyances thĂ©baines se rapportant aux serpents.

uk This paper deals with a small group of seven “Cippi of Horus” (dating from the « Libyan » epoch), some of which surely come from Thebes. In front of the cippus, on the plinth and under the usual in relief representation of Horus seizing dangerous animals and trampling on crocodiles, is reproduced a scene in two dimensions. It evokes the adolescent god Shed-the-Saviour riding in a chariot driven at full speed in the desert, led by Bes as a charioteer. The chariot is pulled by a team of two monstrous griffins knocking aggressive crocodiles over while Shed shoots arrows at a set of dangerous animals, including a variable number of long (Colubridae and Elapidae) or short snakes (Viperidae). Fourteen different magic names are attached to these snakes. A close scrutiny of these names lead to the conclusion that they refer more to the various specific dangers caused by snakebites which one would wish to ward off by addressing the god, than to the names of the snakes per se. A series of remarks are added to about the Puskin Museum stele I.1a.4492 (1899), which, despite the absence of similar scenes to the previous ones, could shed new light on certain Theban beliefs relating to snakes.

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123-137

Nikolaos Lazaridis, « Physical Characterization in Ancient Egyptian Narrative Literature »
Nikolaos Lazaridis

fr Les descriptions de l’apparence physique des personnages sont partie intĂ©grante de la « caractĂ©risation » dans l’écriture littĂ©raire. Les auteurs de l’Ancienne Égypte Ă©taient trĂšs Ă©conomes dans l’utilisation de telles descriptions. Quand de tels passages Ă©taient insĂ©rĂ©s dans leurs histoires, ils fonctionnaient comme des dispositifs littĂ©raires contribuant Ă  la « caractĂ©risation », aussi bien qu’au dĂ©ploiement de la trame narrative et aidait le public Ă  mieux comprendre les actions des personnages. Dans cet essai sont identifiĂ©es les rĂ©fĂ©rences au physique des personnages littĂ©raires dans un corpus de rĂ©cits Ă©gyptiens choisis, comme les contes du P. Westcar ou l’histoire de SinouhĂ©, et elles sont examinĂ©es comme des Ă©lĂ©ments stylistiques de l’écriture narrative Ă©gyptienne dans le cadre de la thĂ©orie littĂ©raire. Par cette Ă©tude, on essaye d’éclairer quelque peu la maniĂšre dont ces rĂ©cits furent composĂ©s et rendus sĂ©duisants Ă  leur public.

uk Descriptions of characters’ physical appearance are an integral part of characterization in literary writing. Ancient Egyptian authors were highly economical in the use of such descriptions. When such passages were inserted in their stories, they functioned as literary devices contributing to characterization, as well as moving the narrative plot forward and helping the audience understand better the characters’ actions. In this essay I identify references to literary characters’ physical appearance and attire in a corpus of selected Egyptian narratives, such as the Tales of Wonder and the story of Sinuhe, and I examine them as stylistic elements of Egyptian narrative writing, against the background of Literary Theory. Through this study I attempt to shed some light onto the ways in which Egyptian narratives were composed and appealed to their ancient audiences.

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139-158

Laurie RouviĂšre, « Bata, seigneur de Saka. Dieu bĂ©lier ou dieu taureau ? »
Laurie RouviĂšre

fr Bata, seigneur de Saka et hĂ©ros du cĂ©lĂšbre conte des Deux FrĂšres, est une divinitĂ© du panthĂ©on Ă©gyptien dont la nature animale reste difficile Ă  cerner. En effet, il semble avoir primitivement revĂȘtu la forme d’un bĂ©lier avant de se transformer en taureau au cours du Nouvel Empire. Toutefois, un nouvel examen de la documentation gĂ©nĂ©ralement attribuĂ©e Ă  ce dieu, associĂ© Ă  l’étude des sources Ă©pigraphiques relatives Ă  sa forme animale nous amĂšnent Ă  conclure qu’il n’a vraisemblablement jamais pris l’aspect d’un bĂ©lier mais qu’il a toujours Ă©tĂ© un taureau.

uk Bata, lord of Saka and hero of the famous tale of Two Brothers, is a deity of the egyptian pantheon whose animal’s nature remains difficult to define. Indeed, he seems to have originally assume the shape of a ram before being turned into a bull during the New Kingdom. However, a new examination of the documentation commonly assign to this god joined with the study of epigraphic sources related to his animal shape lead us to conclude that he has most likely never taken the appearance of a ram but that he has always been a bull.

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159-168

Florence Albert, « Le papyrus-Amulette de Lyon MusĂ©e des Beaux-Arts H 2425 »
Florence Albert , Marc Gabolde

fr Édition du papyrus de Lyon MusĂ©e des Beaux-Arts H 2425, document datant de l’époque ptolĂ©maĂŻque rĂ©digĂ© en hiĂ©ratique avec la formule 100 du Livre des morts accompagnĂ©e de son illustration. L’étude de ce manuscrit donne l’occasion de revenir sur la fonction et l’utilisation de cette catĂ©gorie d’objets en contexte funĂ©raire.

uk Edition of the papyrus Lyon Musée des Beaux-Arts H 2425, which can be dated to the Ptolemaic period. It is written in hieratic and contains the Spell 100 of the Book of the Dead with her illustration. The study of this manuscript allows us to reconsider the function and use of this category of objects in funerary context.

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169-176

David Klotz, « The Earliest Representation of a Potter’s Kick-Wheel in Egypt »
David Klotz

fr En se fondant sur deux reprĂ©sentations du temple Hibis, les cĂ©ramologues ont longtemps supposĂ© que le tour de potier Ă  pied rapide n’est apparu en Égypte qu’à la pĂ©riode saĂŻto-perse. Une figuration dĂ©taillĂ©e de Khnoum provenant d’une inscription de RamsĂšs II au temple de Louqsor rĂ©cemment dĂ©couverte indique, cependant, que cette technologie Ă©tait dĂ©jĂ  utilisĂ©e au Nouvel Empire.

uk Based on two representations from Hibis temple, ceramicists have long assumed that a fast kick wheel did not appear in Egypt until the Saite-Persian period. A detailed representation of Khnum from the recently uncovered building inscription of Ramesses II at Luxor temple, however, indicates that this technology was already in use during the New Kingdom.

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177-203

Marc Gabolde, « L’ADN de la famille royale amarnienne et les sources Ă©gyptiennes. De la complĂ©mentaritĂ© des mĂ©thodes et des rĂ©sultats »
Marc Gabolde

fr Les enquĂȘtes menĂ©es sur l’ADN des momies royales publiĂ©es en 2010 ont fourni des matĂ©riaux pour un nouvel arbre gĂ©nĂ©alogique de la famille royales de la fin de la XVIIIe dynastie. AprĂšs avoir discutĂ© de la fiabilitĂ© de ces Ă©tudes, un examen approfondi des rĂ©sultats conduit Ă  la conclusion que certains liens de parentĂ© rĂ©vĂ©lĂ©s par l’ADN ont Ă©chappĂ© Ă  l’équipe de gĂ©nĂ©ticiens. Le plus significatif de ceux-ci consiste dans le fait que Youya partage avec son gendre Amenhotep III environ 1/3 de son patrimoine gĂ©nĂ©tique. Il est proposĂ©, en consĂ©quence, que Youya ait Ă©tĂ© un oncle d’Amenhotep III, ce qui signifie que Tiyi Ă©tait une cousine germaine de son mari. En extrapolant pour la gĂ©nĂ©ration suivante, on suggĂšre qu’Amenhotep IV – Akhenaton a Ă©galement Ă©pousĂ©e sa propre cousine, Nefertiti, dont les parents Ă©taient liĂ©es Ă  la fois Ă  Youya et Amenhotep III. Ceci expliquerait pourquoi l’ADN d’Amenhotep IV – Akhenaton (momie de KV 55) et celui de Nefertiti, identifiĂ©e, Ă  la Young Lady de la tombe d’Amenhotep II (KV35YL) aient pu sembler ceux d’un frĂšre et d’une sƓur. En accord avec les tĂ©moignages Ă©crits de nouveau examinĂ©s en dĂ©tail, Toutankhamon est considĂ©rĂ© comme le septiĂšme et dernier enfant d’Amenhotep IV – Akhenaton et Nefertiti et, de son cĂŽtĂ©, la momie KV21A est donnĂ©e comme vraisemblablement celle de Moutemouiya. Un nouvel arbre gĂ©nĂ©alogique, fondĂ© sur ces donnĂ©es ADN et Ă©pigraphiques est proposĂ© en conclusion.

uk The investigations carried on the DNA of the royal mummies published in february 2010 have provided material for a new genealogical tree for the royal family of the late XVIIInth dynasty. After discussing the reliability of this study, a close examination of these results leads to the conclusion that some genetical links excaped to the team of geneticians. The most significant being the fact that Yuya shares with his son-in-law Amenhotep III about 1/3 of genetical inheritance. It is consequently proposed that Yuya was an uncle of Amenhotep III, Mutemwiya being his sister. This means that queen Tiyi was in fact an actual cousin of Amenhotep III. Extrapolating to the next generation it is also suggested that Amenhotep IV – Akhenaten equally married his own cousin, Nefertiti, whose parents were related to both Amenhotep III and Yuya. This would explain why the DNA of Amenhotep IV – Akhenaten (mummy KV 55) and that of Nefertiti, identified to mummy KV 35 YL, were looking like that of siblings. It is also suggested that Tutankhamun was the seventh child of Amenhotep IV – Akhenaten and Nefertiti in accordance with some reappraised epigraphic evidences, and that Mutemwiya is no other than the mummy KV21A. A new genealogical tree based on DNA and epigraphic data is given in conclusion.

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205-231

StĂ©phane Pasquali, « Un jardin au petit temple d’Aton de Tell el-Amarna ? »
Stéphane Pasquali

fr Cet article prĂ©sente l’hypothĂšse selon laquelle il aurait existĂ© devant le petit temple d’Aton, une cour arborĂ©e agrĂ©mentĂ©e d’un bassin en forme de T renversĂ©, amĂ©nagement dĂ©mantelĂ© pour laisser place sous le rĂšgne d’ÂnkhkhĂ©pĂ©rourĂȘ au supposĂ© Coronation Hall dit de « SmenkhkarĂȘ ». La dĂ©monstration se fonde sur deux Ă©tudes comparĂ©es dont les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© confrontĂ©s : celle des scĂšnes de remise de « l’or de la rĂ©compense » aux fonctionnaires mĂ©ritants par AkhĂ©naton et NĂ©fertiti et celle des reprĂ©sentations architecturales de temples dans les tombes amarniennes avec les plans des monuments de culte atoniste eux-mĂȘmes et les faits archĂ©ologiques. L’article s’achĂšve par un essai de reconstitution de cet Ă©tat supposĂ© du petit temple illustrĂ© par des modĂšles numĂ©riques.

uk This article presents the hypothesis that there was a leafy courtyard with a pool in the shape of an inverted T in front of the small Aten temple. Under the reign of ÂnkheperurĂȘ, this courtyard may have been dismantled to make way for the presumed Coronation Hall also known as SmenkhkarĂȘ Hall. The demonstration is based on two comparative studies: between the rewarding scenes which show the distribution of the « gold of honour » by Akhenaten and Nefertiti, and between the architectural representations of temples from the Amarna tombs with the plans of the Aten temples themselves and archaeological facts. The article ends with an attempt to rebuild this supposed state of the Small Aten temple by means of digital models.

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233-242

Pierre Meyrat, « De l’origine du bol en gneiss d’AmĂ©nirdis Ire (British Museum EA 4701) »
Pierre Meyrat

fr Étude du bol en gneiss British Museum EA 4701, qui porte une brĂšve formule protectrice d’AmĂ©nirdis Ire. D’aprĂšs son profil et la pierre utilisĂ©e, et compte tenu de nos connaissances sur la Divine Adoratrice, il y a tout lieu de croire que ce rĂ©cipient provient de la tombe du roi KhĂąsekhemoui Ă  Umm el-Qa‘ñb (Abydos). Un tel emprunt est certainement Ă  mettre en rapport avec le culte d’Osiris, particuliĂšrement important Ă  la XXVe dynastie.

uk Study of the gneiss bowl British Museum EA 4701, inscribed with a short protective formula of Amenirdis I. The profile and stone of the artefact, as well as the records left by the Divine Votaress, suggest that this vessel originally came from the royal tomb of Khasekhemwy at Umm el-Qa‘ab (Abydos). Such a reuse is certainly related to the important worship of Osiris during the 25th Dynasty.

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243-256

Franck Monnier, « La houe et la forteresse...  Finalement, acte de fondation ou de destruction ? »
Franck Monnier

fr La combinaison des deux signes « houe » et « forteresse » rencontrĂ©e sur quelques rares documents, et en particulier sur la palette « du tribut libyen », est gĂ©nĂ©ralement entendue comme reprĂ©sentant un acte de destruction. Toutefois, un certain nombre de chercheurs se sont attachĂ©s depuis quelques dĂ©cennies Ă  mettre en dĂ©faut cette interprĂ©tation. Selon eux, il ne fait aucun doute qu’il s’agisse d’un acte de fondation. Cet article analyse les arguments avancĂ©s par ces derniers et tente de faire le point sur la question.

uk The association of the two signs hoe and fortress found in a few documents, and in particular on the Libyan palette, is generally understood as an act of destruction. However, in the last decades some scholars endeavored to show the wrong of this interpretation. According to them, we deal undoubtedly with a foundation ceremony. This article analyzes the advanced arguments and tries to review the question.

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257-289

François RenĂ© Herbin, « Le papyrus magico-funĂ©raire Louvre E 5353 »
François René Herbin

fr Publication du pLouvre E 5353, d’époque romaine et de provenance inconnue, rĂ©digĂ© au profit d’une certaine Ḥr-ʿnḫ. Le papyrus dont le dĂ©but manque est aujourd’hui constituĂ© de quatre pages dont la derniĂšre est restĂ©e vierge de toute inscription ou dessin. On lit sur les deux premiĂšres un assez long texte rĂ©digĂ© en hiĂ©ratique, prĂ©cĂ©dĂ© de quelques vignettes empruntĂ©es au Livre des Morts. Introduit par le titre du ch. 125 et quelques sĂ©quences originales dont un emprunt au « grand dĂ©cret Ă©mis pour la province-igeret », ce texte, oĂč interviennent plusieurs officiants, expose un rituel d’exĂ©cration contre Apophis qui se poursuit avec des extraits du ch. 163 du Livre des Morts et de la scĂšne 72 B du rituel de l’ouverture de la bouche. Divers indices rĂ©partis dans l’ensemble du papyrus invitent Ă  penser que les opĂ©rations magiques ici dĂ©crites, bien qu’inattendues dans ce contexte funĂ©raire, Ă©taient rĂ©alisĂ©es dans les derniers jours de Khoiak et concouraient comme le reste du texte Ă  la renaissance de la dĂ©funte Ă  l’instar d’Osiris.

uk Publication of pLouvre E 5353, of Roman Period and of unknown provenance, written for the benefit of a woman named Ḥr-ʿnḫ. The text, whose beginning is missing, nowadays consists of four pages, the last one left free from any inscription or drawing. On the two first pages, one can read a text, rather long and written in hieratic, preceded by a few illustrations from the Book of the Dead. Introduced by the ch. 125 and some original sequences, among which a short borrowing from the “great decree issued for the nome of igeret”, this text, in which several officiants play a part, includes an execration ritual against Apophis, and goes on with excerpts of ch. 163 of the Book of the Dead, and of (the) scene 72b of the Ritual of opening the mouth. Several clues here and there in the papyrus suggest that the magical rites here described, though unexpected in such a funerary context, were performed during the last days of Khoiak, and contributed, together with the rest of the text, to the deceased’s rebirth like Osiris.

ENiM 7 - 2014 (ISSN 2102-6629)

Sommaire


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1-12

Sydney H. AufrĂšre, « Crocodilus lacrymans. Les « larmes » et la « compassion » du saurien du Nil »
Sydney H. AufrĂšre

fr Cet article propose d’étudier Ă  nouveaux frais le motif des larmes de crocodile, dangereux et cruel saurien que l’on croyait incapable de pitiĂ©, paradoxalement considĂ©rĂ© comme sacrĂ© par des habitants de la VallĂ©e du Nil ou pris en chasse par d’autres. Cet article aborde son origine dans la littĂ©rature et son Ă©volution Ă  partir du IVe siĂšcle de notre Ăšre, sous la plume du prĂ©dicateur Asterios le Sophiste, jusqu’à l’Époque moderne oĂč il fait encore flores, quoique l’on perde sa trace, en Orient et en Occident, pendant prĂšs de six siĂšcles entre le Ve et le XIe siĂšcles. L’origine Ă©gyptienne de ce dicton bien connu perce chez les auteurs classiques qui montrent comment les sauriens que les Tentyrites et les Apollinopolites fustigeaient Ă  mort, Ă©mettaient des vagissements, assimilĂ©s Ă  des pleurs. Le motif a Ă©voluĂ© par le truchement du Physiologos jusqu’à son subvertissement final : Le Crocodile et l’Esturgeon (1792) de Jean-Pierre Claris de Florian.

uk This article proposes to rethink the motto of tears of crocodile. This dangerous and cruel saurian, believed incapable of pity, was paradoxically considered sacred by some inhabitants of the Nile Valley or hunted by others. This paper addresses the origin of this motto in the literature and its evolution from the fourth century A.D., under the reed-pen of Asterios the Sophist, a preacher, until the modern era where it is still flourishing, although its trace in the Orient and Occident is lost, during nearly six centuries between the fifth and eleventh centuries. The Egyptian origin of this well-known saying can be deduced from the classics who show how saurians that Tentyrites and Apollinopolites castigated to death, emitted wailing, similar to crying. The motto has evolved through the Physiologos to its final subvertissement: Le Crocodile et l’Esturgeon (1792), a fable of Jean-Pierre Claris de Florian.

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13-32

ÉloĂŻse Noc, « Le sarcophage du musĂ©e de l’Hospice Saint Roch Ă  Issoudun (n° inv. 11.55) »
Éloïse Noc

fr Étude du sarcophage anthropomorphique n° inv. 11.55 du MusĂ©e d’Issoudun (France) (XXIe dynastie). Il appartient Ă  une chanteuse d’Amon-RĂȘ, roi des dieux, et musicienne du chƓur de Mout, la Grande, maĂźtresse de l’IchĂ©rou, dont le nom reste inconnu. Les inscriptions recouvrant le cercueil sont prĂ©sentĂ©es, accompagnĂ©es d’une description iconographique.

uk Study of the anthropomorphic sarcophagus no inv. 11.55 of the Issoudun Museum (France) (XXIst dynasty). It belongs to a singer of Amon-Ra king of the gods, and musician in the choir of Mut, the Great, mistress of the Isheru, whose name is unknown. The inscriptions covering the coffin are presented with an iconographical description.

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33-60

David Klotz, « Thoth as Textual Critic. The Interrupting Baboons at Esna Temple »
David Klotz

fr Au temple d’Esna, l’hiĂ©roglyphe du babouin assis possĂšde plusieurs valeurs phonĂ©tiques et idĂ©ographiques. En plus des valeurs dĂ©jĂ  connues, ce signe peut aussi signifier le pronom pw, qui devait, Ă  cette Ă©poque, ĂȘtre prononcĂ© ip. Bien que cet emploi ne se rencontre pas hors du temple d’Esna, il est nĂ©anmoins attestĂ© dans une vingtaine d’exemples renvoyant Ă  l’ensemble de la pĂ©riode se rapportant Ă  ces inscriptions. Tous les textes pertinents sont traduits ici avec un commentaire dĂ©taillĂ©. Dans un appendice, quatre nouvelles valeurs logographiques pour l’hiĂ©roglyphe du babouin assis sont analysĂ©es.

uk At the temple of Esna, the seated baboon sign obtains several phonetic and ideographic values. In addition to previously recognized usages, this hieroglyph also represents the copula pronoun pw, which at the time should have been pronounced ip. Although apparently limited to Esna, this value occurs in over twenty examples, spanning the full diachronic range of the inscriptions. All examples are translated with detailed commentary. In an appendix, four additional, previously unrecorded values of the seated baboon sign are discussed.

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61-78

Florence Saragoza, « Doublement Ă©ternel. Quand les Egyptiens inhumaient leurs morts deux fois »
Florence Saragoza , P. Georges-Zimmermann

fr Le musĂ©e dĂ©partemental des AntiquitĂ©s Ă  Rouen conserve une momie d’enfant (ĂągĂ© de 2-3 ans) dĂ©couverte en 1889 Ă  AkhmĂźm par G. le Breton alors directeur et conservateur du musĂ©e. Si l’apparence extĂ©rieure de cette momie est tout Ă  fait classique, l’examen radiographique indique que la tĂȘte est en fait maintenue au corps par une tige de palmier (gerid). D’autres momies prĂ©sentent une telle particularitĂ© interprĂ©tĂ©e le plus souvent comme le tĂ©moignage d’une momification de piĂštre qualitĂ©. Il apparaĂźt que la dislocation de la tĂȘte ne peut raisonnablement se produire lors des opĂ©rations de momification, mais semble plus logique si elle intervient longtemps aprĂšs la mort. DĂšs lors, la tige de palmier sert Ă  assurer au dĂ©funt son unitĂ© corporelle, un des principaux concepts de la pensĂ©e funĂ©raire Ă©gyptienne. Le gerid tĂ©moigne d’un type d'intervention aprĂšs inhumation diffĂ©rent de ceux mis en Ă©vidence dans la NĂ©cropolis d’Alexandrie. Cela signifie Ă©galement que l’emmaillotage actuellement visible n'est pas l’original puisque la momie a dĂ» ĂȘtre bandelettĂ©e Ă  nouveau aprĂšs la resolidarisation de la tĂȘte au corps.

uk In the musée des Antiquités in Rouen, one can see a child mummy (2-3 years of age) discovered in 1889 in Akhmim by G. Le Breton who was at that time the director of the museum. It has the classical external appearance of a mummy, but x-Rays examination shows that the head is joined to the body with a piece of palm stalck (gerid). Several mummies present such a characteristic which is very often interpreted in terms of poor quality mumification. But it appears that such a fracture cannot occur during the mumification process, but, on the contrary, can occur a long-time after death. The fracture was repaired using a stick to guarantee the body unity of the deceased, one of the most important concepts of the Egyptian Afterlife. This gerid is a testimony of a post-burial intervention different from what can be done in the Necropolis of Alexandria. It also means that the mummy bandaging is not the original one as the mummy needed to be wrapped an other time after the head was replaced onto the body.

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79-123

Anne-Sophie von Bomhard, « Le dĂ©but du Livre de Nout »
Anne-Sophie von Bomhard

fr Sur le plafond du cĂ©notaphe de Sethi Ier Ă  Abydos, le Livre de Nout est prĂ©cĂ©dĂ© de colonnes de hiĂ©roglyphes surmontĂ©es de vignettes. L’ensemble a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© comme « Texte de l’Horloge » parce que ces Ă©crits donnent la description d’une horloge Ă  ombre accompagnĂ©e d’explications sur son mode de fonctionnement. Ces textes sont en rapport Ă©troit avec le sujet du Livre de Nout, Ă  savoir les exposĂ©s sur le cycle des dĂ©cans, et sur l’utilisation de ces Ă©toiles pour dĂ©terminer les heures de nuit.

uk On the ceiling of the cenotaph of Seti I at Abydos, the Book of Nut is preceded by columns of hieroglyphs under vignettes. This collection of texts has been named “Text of the Clock” because it describes a shadow clock together with some explanations concerning functioning. The contents of these columns are closely linked to the Book of Nut, since its subject is the cycle of the decans and the use of these stars to determine the hours of the night.

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125-143

Annie Gasse, « La stĂšle Brügger, une stĂšle d’« Isis sur les crocodiles » »
Annie Gasse

fr L’article prĂ©sente une stĂšle d’un modĂšle rare : imitant l’iconographie des cippes d’Horus, l’objet montre une Isis sur les crocodiles. Le texte du verso, proche du texte A de Daressy, souligne par des formules inusitĂ©es le rĂŽle d’Isis magicienne protectrice de son enfant Horus.

uk The article presents a rare model of stela. Imitating the iconography of the cippi of Horus, the object shows an Isis on the crocodiles : the text on the reverse, very close to text A of Daressy underlines through uncommon formulae Isis'role as a magician and protector of her child Horus.

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145-172

FrĂ©dĂ©ric Mougenot, « RĂ©nĂ©noutet et les Ă©toffes. DĂ©esse de la vĂ©gĂ©tation ou gardienne des trĂ©sors ? »
Frédéric Mougenot

fr Connue pour ĂȘtre la patronne de la nourriture et la nourrice du grain, RĂ©nĂ©noutet intervient par ailleurs dans les rituels divins et funĂ©raires comme pourvoyeuse d’étoffes. Ce rĂŽle a frĂ©quemment Ă©tĂ© expliquĂ© par son rĂŽle supposĂ© de dĂ©esse de la vĂ©gĂ©tation veillant Ă  la rĂ©colte du lin. Toutefois, une lecture objective des sources et leur analyse historique font apparaĂźtre l’absence de fondements de cette interprĂ©tation : le lien de RĂ©nĂ©noutet avec l’agriculture et les nourritures n’apparaĂźt pas avant le Moyen voire le Nouvel Empire, et il n’a rien Ă  voir avec le lin sous forme vĂ©gĂ©tale. Par ailleurs, il relĂšve davantage de la sphĂšre des structures de stockage que du monde vĂ©gĂ©tal et champĂȘtre. En revanche, un retour aux premiers documents mentionnant l’implication de RĂ©nĂ©noutet dans le domaine des textiles, Ă  l’Ancien Empire, fait apparaĂźtre son rĂŽle de gardienne des produits de valeur (nourritures, tissus et minĂ©raux prĂ©cieux) et de leurs lieux de conservation.

uk Known as a food goddess and the nurse of the grain, Renenutet is otherwise involved in divine and funerary rituals as a provider of garments. This role has been explained by her alleged nature of goddess of vegetation, who supervises the harvest of flax. Nevertheless an objective reading of the sources and an analysis of their historical features reveal the weakness of this interpretation : the link between Renenutet, agriculture and food hardly occurs before the Middle or even New Kingdom, and has nothing to do with flax. And then it belongs to the realm of storage much more than to the vegetal and agricultural world. On the other hand, leaning back on the first documents pointing to Renenutet being involved in textile matters, in the Old Kingdom, reveals her role as a warden of valuables (food, precious fabrics and minerals) and their places of conservation.

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173-219

Franck Monnier, « Une iconographie Ă©gyptienne de l’architecture dĂ©fensive »
Franck Monnier

fr Cet article propose une compilation de toutes les reprĂ©sentations Ă©gyptiennes relatives Ă  l’architecture dĂ©fensive, de la pĂ©riode protohistorique Ă  la Basse Époque. L’inventaire ainsi dressĂ© permet en outre quelques remarques et rĂ©flexions sur certains Ă©lĂ©ments de cette iconographie, sur la maniĂšre d’interprĂ©ter les illustrations de forts, mais aussi sur les limites que nous imposent les codes artistiques Ă©gyptiens.

uk This article proposes a compilation of all the Egyptian representations concerning the defensive architecture, from the Protohistoric period to the Late Period. This inventory allows some remarks and reflections on some elements of this iconography, on interpretation of the illustrations of forts, but also on the limits imposed by the Egyptian artistic codes.

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221-228

JĂ©rĂŽme Rizzo, « Nhr, un surnom Ă  caractĂšre sexuel du dieu Seth ? »
JĂ©rĂŽme Rizzo

fr Les diffĂ©rentes facettes de la nature fortement sexuĂ©e du dieu Seth sont largement Ă©voquĂ©es dans les sources Ă©gyptiennes et ce, depuis les traditions les plus anciennes. Partant, on peut s’étonner du fait que, parmi les nombreux surnoms du dieu, aucun ne semble faire clairement Ă©tat de ce trait distinctif. L’analyse porte ici sur le terme nhr, surnom de Seth principalement attestĂ© dans le Livre de protĂ©ger la barque-nechemet, et communĂ©ment rendu par « le MĂ©chant » ou « le Terrifiant ». Or, l’enquĂȘte semble rĂ©vĂ©ler un champ sĂ©mantique sans doute plus en phase avec la forte nature sexuelle du dieu.

uk The various facets of the strongly sexual nature of the god Seth are widely evoked in the Egyptian sources ever since the oldest traditions. Therefore, it is surprising that among the numerous names of the god none seems to state clearly this distinctive feature. This analysis concerns the term nhr, one of Seth’s names which is mainly attested in the Book of protecting the boat-nechemet, and commonly rendered as “the miserable” or “the terrifying”. The enquiry seems to reveal a semantic field which rather refers to the strong sexual nature of the god.

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229-238

Daniel von Recklinghausen, « Hapi und die PtolemĂ€er »
Daniel von Recklinghausen

fr Les trois statues monumentales dĂ©couvertes Ă  l’occasion des fouilles sous-marines d’HĂ©raclĂ©ion/ThĂŽnis, sur le parvis du temple d’Amon du Gereb, reprĂ©sentent trĂšs probablement un couple royal ptolĂ©maĂŻque et Hapi, la personnification du Nil. Une scĂšne rituelle situĂ©e dans la salle des offrandes du temple d’Edfou, oĂč Hapi accomplit pour les Theoi Philopatores (PtolĂ©mĂ©e IV et ArsinoĂ© III) une offrande de nourriture – et ainsi identifie le roi et la reine comme des Theoi synnaoi –, illustre le caractĂšre des statues d’HĂ©raclĂ©ion comme un ensemble et prĂ©cise l’idĂ©e thĂ©ologique de ce groupe.

uk Die drei Monumentalstatuen, die bei den Unterwassergrabungen in Heraklion/Thonis im Bereich des Tempels des Amun von Gereb entdeckt wurden, geben sehr wahrscheinlich ein ptolemÀisches Königspaar und den Nilgott Hapi wieder. Eine Ritualszene im Opfersaal des Tempels von Edfu, in der Hapi den Theoi Philopatores (Ptolemaios IV. und Arsinoe III.) ein Speiseopfer darbringt und sie auf diesem Wege als tempelteilende Götter ausweist, untermauert den bereits mehrfach vermuteten Ensemblecharakter der drei Statuen von Heraklion und ermöglicht es, die intendierte theologische Aussage der Gruppe genauer zu fassen.

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239-276

John Coleman Darnell, « The Stela of the Viceroy Usersatet (Boston MFA 25.632), his Shrine at Qasr Ibrim, and the Festival of Nubian Tribute under Amenhotep II »
John Coleman Darnell

fr La stĂšle de Semna, du vice-roi de Nubie de la XVIIIe dynastie, Ousersatet, consigne un conseil donnĂ© par Amenhotep II Ă  son vice-roi sous la forme d’une copie monumentale de la transcription personnelle du roi de son propre dĂ©cret royal Ă  Ousersatet. Le dĂ©cret fut promulguĂ© durant une fĂȘte cĂ©lĂ©brant l’accession royale, Ă  une date secondaire, apparemment pour lier l’accession royale Ă  la fĂȘte k?-?r-k?, Ă  l’image de RamsĂšs III qui, plus tard, cĂ©lĂ©brera Ă  la fois son accession et une fĂȘte de l’accession royale associĂ©e Ă  la fĂȘte de NĂ©hebkaou. Dans ce texte, Amenhotep II conseille Ousersatet quant aux interactions des Égyptiens et Nubiens avec l’administration du vice-roi et Ă©claire un peu les relations entre le roi, le vice-roi et les membres nubiens de la bureaucratie Ă©gyptienne du sud. La nature apparemment obscure et poĂ©tique du conseil royal et le manque de clartĂ© quant Ă  la situation d’Amenhotep II lorsqu’il le prodigue expliquent l’attention portĂ©e Ă  ce texte, mais un certain manque de rigueur dans l’interprĂ©tation a obscurci plusieurs analyses de l’inscription. Un nouveau collationnement et un examen du texte de la stĂšle rĂ©vĂšlent qu’Amenhotep II aborde apparemment la question de l’intĂ©gration croissante, par le vice-roi, de Nubiens dans les niveaux les plus Ă©levĂ©s de l’administration du sud. Amenhotep II utilise une formule apparemment proverbiale qui fait rĂ©fĂ©rence Ă  la transmission de l’autoritĂ© plus ancienne du vice-roi aux plus grandes divisions de la bureaucratie, et Ă  la crĂ©ation d’un Ă©quivalent nubien du vice-roi, ce dernier restant nĂ©anmoins le primus inter pares de l’administration.

uk The Semna stela of the Eighteenth Dynasty Viceroy of Nubia, Usersatet, records Amenhotep II’s advice to his viceroy in the form of a monumental copy of the king’s personal transcription of his own royal decree to Usersatet. The decree was issued during a festival celebrating the royal accession on a secondary date, apparently in order to link the king’s accession to the k?-?r-k? festival, just as Ramesses III later would celebrate both his actual accession and a festival of royal accession associated with the Nehebkau festival. Amenhotep II offers advice to Usersatet regarding interactions of Egyptians and Nubians within the viceregal administration, and shed some light on the interactions of king, viceroy, and Nubian members of the Egyptian bureaucracy in the south. The seemingly obscure and poetic nature of the king’s advice, and the lack of clarity regarding the situation about which Amenhotep II offers his advice, have led to considerable modern attention to the text, but a certain looseness of interpretation has plagued many examinations of the inscription. A new collation of the stela, and an examination of the text, reveal that Amenhotep II was apparently addressing the viceroy’s increasing integration of Nubians into the higher levels of the southern administration. Amenhotep II quotes an apparently proverbial saying that refers to a devolution of earlier viceregal authority into greater divisions of bureaucracy, and the creation of a Nubian counterpart to the viceroy, the latter remaining nevertheless the primus inter pares of the administration.

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277-286

Maxime Panov, « Deux statuettes de Thot »
Maxime Panov

fr L’article prĂ©sente le texte hiĂ©roglyphique, les traductions et commentaires relatifs aux inscriptions de deux statuettes du dieu Thot conservĂ©es aujourd’hui au MusĂ©e Pouchkine de Moscou (nos. I.1.a 5702 et I.1.a 5703). Le premier objet est attribuĂ© Ă  la Basse Ă©poque, l’autre, Ă  la fin de la XXe dynastie.

uk The article deals with the study of two figurines of Thoth kept in the Pushkin Museum of Fine Arts, Moscow (Inv. I.1.a 5702 and I.1.a 5703) and presents the hieroglyphic text, translation and textual comments on the inscriptions. The first artifact is dated to the Late period, the other to the end of the 20th dynasty.

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287-313

Elsa Froppier, « Quand le couvercle de cartonnage d’un « certain DjemoutefĂąnkh »
retrouve sa moitié  Une histoire de rĂ©colement au musĂ©e de Grenoble ! »
Elsa Froppier

fr Sous forme d’une enquĂȘte musĂ©ologique dĂ©butant avec le rĂ©colement des antiquitĂ©s Ă©gyptiennes effectuĂ© au musĂ©e de Grenoble en 2012, cet exposĂ© tente de retracer le parcours d’une cuve de cartonnage, oubliĂ©e durant un siĂšcle et demi des inventaires et catalogues d’exposition. Son association au couvercle de cartonnage d’un « certain DjemoutefĂąnkh » est l’aboutissement de nos investigations.

uk As a museological investigation starting with the “rĂ©colement” of Egyptian antiquities in the museum of Grenoble in 2012, this presentation is an attempt to retrace the course of a cartonnage’s bed forgotten for one and half century by the inventories and catalogs of exhibition. The outcome of the study is the association of this object with the cartonnage’s lid of a “certain DjemoutefĂąnkh”.

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315-320

StĂ©phane Pasquali, « Des ouchebtis et des hiĂ©roglyphes pour protĂ©ger la demeure. Note Ă  propos de pratiques coptes et musulmanes de protection domestique »
Stéphane Pasquali

fr Quelques remarques Ă  propos d’un article rĂ©cent publiĂ© dans le Bulletin de l’Institut français d’archĂ©ologie orientale. Celles-ci concernent l’utilisation d’objets d’époque pharaonique Ă  valeur prophylactique.

uk Some remarks about a recent article published in the Bulletin de l’Institut français d’archĂ©ologie orientale. These deal with the use of Pharaonic objects with prophylactic value.

ENiM 8 - 2015 (ISSN 2102-6629)

Sommaire


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1-9

JĂ©rĂŽme Gonzalez, « À propos d’un titre spĂ©cifique  d’aprĂšs la documentation saĂŻte d’Oxyrhynchos  »
JĂ©rĂŽme Gonzalez

fr Identification du titre jmy-nww transmis par la documentation Ă©crite issue des fouilles d’el-Bahnasa / Oxyrhynchos.

uk Identification of the title jmy-nww transmitted by the written sources from excavations in el-Bahnasa / Oxyrhynchus.

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11-31

Mohamed Gamal Rashed, « The hieroglyph  and its assimilation with the iconography of the sun god »
Mohamed Gamal Rashed

fr Cet article Ă©tudie la signification de l’hiĂ©roglyphe de l’Ɠuf figurant un oisillon Ă  l’intĂ©rieur et de ses variantes. Il examine les questions liĂ©es Ă  sa signification ; la composition du hiĂ©roglyphe en comparaison avec des hiĂ©roglyphes similaires ; ses connexions mĂ©taphoriques avec d’autres hiĂ©roglyphes, ses associations et le symbolisme de la cosmogonie de l’Ɠuf ainsi que de son rĂŽle mythologique. L’objectif principal de cet article est de mettre en Ă©vidence l’assimilation de ce hiĂ©roglyphe avec l’iconographie du dieu soleil enfant Ă  l’intĂ©rieur de son disque dans la premiĂšre heure du Livre du Jour et du Livre des Morts. Cette assimilation est examinĂ©e au moyen des diffĂ©rents textes apparentĂ©s, de l’idĂ©e du dieu soleil enfant qui Ă©merge de son Ɠuf et de la ressemblance mĂ©taphorique du disque solaire avec l’Ɠuf.

uk This paper deals with the significance of the enigmatic hieroglyph of a young bird within an egg, and its variations. It presents related matters of its significance; hieroglyphic structure in comparison with similar hieroglyphs; its metaphorical connections with similar hieroglyphs and the signs in its combinations as well as its symbolism to the cosmogony of the egg and its mythical role. One of the main aims of this paper is to reveal the assimilation of this hieroglyph with the iconography of the child sun god inside his disk in the First hour of Book of the Day, and Book of the Deads, etc. This assimilation is approved and interpreted here through the various related texts, and ideas of the sun god who emerges from his egg and the metaphorical resemblance of the sun disk to the egg.

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33-36

Stefan Bojowald, « Vier neue Beispiele für Ă€gyptische Kurzschreibungen mit „b“ »
Stefan Bojowald

fr Cet article Ă©tudie quatre nouveaux exemples de l’écriture abrĂ©gĂ©e par “b”. Le premier exemple montre que “b” pouvait remplacer “ḥb” “fĂȘte”. Le deuxiĂšme consiste en l’écriture “b.t” pour “ʿb.t” “laitue”, comme cela est discutĂ© par les chercheurs depuis quelque temps ; le spectre est ici Ă©largi par trois nouvelles interprĂ©tations. Le quatriĂšme et dernier exemple est “b” pour “bȝq” “briller, ĂȘtre clair”. Autant que possible, les explications sont phonĂ©tiques.

uk In this paper, four further Egyptian spellings with “b” are scrutinized. In the first case, it be-comes clear, that “b” can stand for “ḥb” “feast”. In the second one, it will be demonstrated that – according previous explanations – “b.t” may be an abbreviation for “ʿb.t” = “ʿbw” “let-tuce”. Here, three other alternatives are suggested. In the third case, it will be shown that “b” can be used for “wʿb” “wʿb”-priest. The fourth example is represented by the writing “b” for “bȝq” “bright, shining”.

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37-66

Annie Gasse, « La ThĂšbes des morts. La dynamique thĂ©baine dans les idĂ©es Ă©gyptiennes de l’au-delĂ  »
Annie Gasse , Florence Albert, Silvia Einaudi, Isabelle RĂ©gen, Claude Traunecker

fr Le 24 fĂ©vrier 2015 s’est tenue Ă  Montpellier une table ronde rassemblant les membres du projet « La ThĂšbes des morts » inscrit dans le cadre du LabEx ArchimĂšde. Les participants ont exposĂ© le bilan d’un an de travail et, chacun dans son domaine a montrĂ© comment, au cours du Ier millĂ©naire avant J.-C., s’est manifestĂ©e la dynamique de la pensĂ©e thĂ©baine dans le domaine funĂ©raire. On trouvera ici un rĂ©sumĂ© des communications.

uk On February 24th 2015, in Montpellier a workshop was held gathering the members of the project “La Thùbes des morts” as part of the LabEx Archimùde. The participants have presented an overview of their work after one year, each of them, in their field, demonstrating how, during the Ist millenary B.C, the Theban way of thinking has shown in the funerary field. A summary of each of these communications can here be found .

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67-71

Hanane Gaber, « Asperger ou brĂ»ler le serpent « au mauvais visage (តwy-áž„r) » ?
 L’interprĂ©tation d’une scĂšne de la deuxiĂšme chapelle de ToutĂąnkhamon »
Hanane Gaber

fr L’examen d'une scĂšne figurĂ©e sur le troisiĂšme registre de la deuxiĂšme chapelle de ToutĂąnkhamon (1321) permet de cerner la nature des traits obliques, projetĂ©s par six dĂ©esses sur les tĂȘtes de six serpents, dĂ©nommĂ©s chacun « celui au mauvais visage (ḏwy-ḥr) ». Il est question de savoir s’il s’agit de d’eau ou de feu. Un examen contextuel de cette reprĂ©sentation, en particulier du nom, des caractĂ©ristiques de ces reptiles, de l’iconographie et des lĂ©gendes accolĂ©es aux divinitĂ©s, a permis de reconnaĂźtre dans ces lignes obliques des flammes. Si les mains des dĂ©esses rĂ©pandent le feu, ce geste s’explique par la lumiĂšre du soleil qu’elles incarnent et qu'elles projettent sur les ennemis de RĂȘ afin de les enflammer.

uk The study of a scene depicted on the third register of the second chapel of Tutankhamun (1321) helps to identify the nature of the slanting lines projected by six goddesses over the heads of six snakes, each one of them named “wicked of face (ḏwy-ḥr)”. The question is whether these lines refer to water or fire. A contextual analysis of this representation, particularly the name, the characteristics of the snakes, as well as the iconography of the goddesses and the captions attached to them, reveal that these lines represent fire. If the goddesses’ hands spread out flames, this gesture could be explained by the solar light that they represent and project towards the enemies of Re in order to burn them.

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73-101

JĂ©rĂŽme Rizzo, « À propos de sanx, « faire vivre », et de ses dĂ©rivĂ©s »
JĂ©rĂŽme Rizzo

fr Le verbe causatif sʿnḫ, communĂ©ment traduit par « faire vivre » ou « maintenir en vie », engage une rĂ©flexion gĂ©nĂ©rale sur les modalitĂ©s du maintien du flux vital opĂ©rĂ© par une autoritĂ©, qu’elle soit de nature morale, religieuse ou politique. Il apparaĂźt que le « faire vivre » sʿnḫ ne rend jamais compte d’un acte crĂ©ateur initial, mais plutĂŽt de sa perpĂ©tuation, de son actualisation ou de sa rĂ©pĂ©tition. Ainsi, dans un contexte funĂ©raire, ce verbe sera mieux rendu par le sens « faire revivre » et, dans certaines circonstances, sʿnḫ peut encore ĂȘtre traduit par « nourrir », « approvisionner » ou encore « croĂźtre ». Cette Ă©tude s’achĂšve sur le cas du « sculpteur » sʿnḫ(w) qui rĂ©vĂšle une autre facette du champ sĂ©mantique de ce lexĂšme.

uk The causative verb sʿnḫ, commonly translated « to make live » or « to keep alive », involves a general reflection on the modalities of the preservation of the vital flow operated by an authority, whether it is of moral, religious or political nature. It seems that the « make live » sʿnḫ never gives an account of an initial creative act, but rather its perpetuation, its updating or its repetition. So, in a funeral context, this verb will be better rendered by the sense « to come back to life » and, in certain circumstances, s?n? can be again translated « to feed », « to supply » or still « to grow ». This study ends on the case of the « sculptor » sʿnḫ(w) who reveals another side of the semantic field of this lemma.

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103-111

Alexandre Loktionov, « Convicting “Great Criminals”. A New Look at Punishment in the Turin Judicial Papyrus »
Alexandre Loktionov

fr Cet article a comme but l’analyse des diffĂ©rents moyens de punition appliquĂ©s aux conspirateurs dans le Papyrus Judiciaire de Turin, y compris les corrĂ©lations entre des crimes et chĂątiments particuliers. En considĂ©rant quelques rĂ©sultats peu concluants, l’étude souligne l’importance de la distinction entre exĂ©cution et suicide, ainsi que les situations oĂč on peut trouver l’un ou l’autre. On fait Ă©galement mention d’autres formes du chĂątiment, tels que la mutilation et les rĂ©primandes verbales. Finalement, la pratique de renommer les criminels est Ă  nouveau examinĂ©e Ă  la lumiĂšre des crimes commis par les individus concernĂ©s. Dans l’ensemble, cette Ă©tude rĂ©vĂšle la possibilitĂ© de chĂątiments complexes, qui possĂ©daient en mĂȘme temps des aspects pratiques et thĂ©ologiques.

uk This contribution analyses the different punishments applied to conspirators in the Turin Judicial Papyrus, and investigates possible correlations between the crimes committed and the punishments applied. In view of some largely inconclusive results, particular attention is drawn to the distinction between execution and suicide and the contexts in which either of these may have been appropriate. Alongside death sentences, mutilation and verbal reprimands are also included in the study. Finally, the practice of renaming criminals is reviewed in light of the acts committed by the individuals concerned, and the possibility of punishment spanning both practical and theological spheres is considered.

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113-132

JĂ©rĂŽme Gavin, « Fausse position et heuristique au Moyen Empire »
JérÎme Gavin , Alain SchÀrlig

fr Les Anciens Égyptiens ont dĂ©veloppĂ© des procĂ©dĂ©s originaux et simples pour rĂ©soudre de nombreux problĂšmes mathĂ©matiques. Mais pour le comprendre, il faut se dĂ©tacher de l’approche algĂ©brique moderne. Nous rappelons d’abord qu’ils connaissaient la mĂ©thode de la fausse position. Cela ressort non seulement de quatre problĂšmes du papyrus Rhind, mais aussi de deux problĂšmes plus anciens contenus dans le papyrus 6619 de Berlin (nous proposons pour l’un d’eux un nouvel Ă©noncĂ©). Et nous montrons ensuite, Ă  travers quatre problĂšmes – deux du papyrus de Moscou et deux du papyrus Rhind – que ce procĂ©dĂ© s’inscrivait dans un processus heuristique beaucoup plus large.

uk The ancient Egyptians developed original and simple methods to solve many mathematical problems. But to understand this, one must be careful not to project our own algebra system backwards in time. First, we point out that they knew the false position method, as is demonstrated not only by four problems in the Rhind papyrus, but also by two more ancient problems from papyrus Berlin 6619 (we propose a new wording for one of them). Second, we highlight by means of four problems – two from the Moscow papyrus and two from the Rhind papyrus – that this method was part of a much larger heuristic process.

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133-185

Gyula Priskin, « The Dendera zodiacs as narratives of the myth of Osiris, Isis, and the child Horus »
Gyula Priskin

fr À part les signes clairement identifiables de la bande zodiacale, des quatre constellations conventionnelles Ă©gyptiennes et des planĂštes, les autres dessins des deux zodiaques de Dendera semblent dĂ©river des systĂšmes de reprĂ©sentation traditionnels Ă©gyptiens. Ces reprĂ©sentations avec les figures des dĂ©cans enregistrent des phĂ©nomĂšnes cĂ©lestes et des Ă©vĂ©nements de culte rĂ©fĂ©rant qui racontent l’histoire de la mort et la rĂ©surrection d’Osiris, la fĂ©condation d’Isis par son mari dĂ©cĂ©dĂ© et la naissance de leur enfant Horus. Ici les aspects astraux des mythes s’attachent aux phases de la lune, au cycle annuel du soleil et au lever hĂ©liaque de Sirius. Ainsi, les zodiaques, ne sont-ils pas des catalogues de constellations, mais des cartes du ciel conçus Ă  un moment donnĂ© qui correspond Ă  la coĂŻncidence de la pleine lune et de l’équinoxe d’automne en 52 av. J.-C. et en 36 apr. J.-C.

uk Besides the unambiguously identifiable depictions of the zodiacal belt, four conventional Egyptian asterisms, and the planets, the other signs that feature in the two Dendera zodiacs are shown to derive from traditional Egyptian representational systems. These images, together with the accompanying figures of the decans, are incorporated into the design of the monuments to record celestial events and related cultic acts that tell the story of Osiris’s death and resurrection, the conception of Isis from her deceased husband, and the nativity of their child, Horus. The astral aspects of these myths are connected with the phases of the moon, the yearly solar cycle, and the annual dawn rising of the star Sirius. The zodiacs are thus not catalogues of constellations but peculiar sky charts devised at specific moments of time that correspond to the coincidence of the full moon with the autumnal equinox in the years 52 BCE and 36 CE.

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187-221

Gamal Abdel Nasser, « A newly discovered edifice of Atum in Akhmim. Part of the necropolis of the primeval gods? »
Gamal Abdel Nasser , Stefan Baumann, Christian Leitz

fr Dans le voisinage immĂ©diat de l’inspectorat d’AkhmĂźm un bĂątiment de l’époque ptolĂ©maĂŻque dĂ©diĂ© au dieu Atoum a Ă©tĂ© dĂ©couvert Ă  une profondeur d’environ 5 mĂštres sous une maison Ă  l’occasion d‘une fouille clandestine. Il s’agit d’une porte dĂ©corĂ©e mais non datĂ©e, les cartouches Ă©tant restĂ©s vides. Atoum est quatre fois reprĂ©sentĂ© comme serpent et une fois avec une tĂȘte du faucon. Atoum Ă©tant caractĂ©risĂ© sur ces montants de porte comme un dieu primordial, il est possible que ce monument ait fait partie de la nĂ©cropole des dieux ancĂȘtres.

uk A doorway recently discovered at the slope of the historic centre of Akhmim may be part of a chapel dedicated to Akhmim in the so-called necropolis of primeval gods and at the same time may also be an oracle site of the snake-shaped god Atum. Two texts inscribed in the temple of Athribis, 15 km to the southwest, likely refer to this district too. If this interpretation is correct, these texts mention the names of two buildings that would be part of that district. The first would be iAt Mnw: “the hill of Min” designating the sacred hill (iAt nTryt) and the second would be TpHt-Axt referring to the tomb of Osiris. The names of the sacred snake would be Atum xns iAwt and anx-HH: “the one with living Heh figure”, as indicated by the text in Athribis. Moreover, this text provides the names of two sacred trees: the kbs (= ksbt)-tree and the arw-tree – neither of which can be securely identified. Nevertheless, the relation between the ksbt-tree and Min of Koptos is attested since the Middle Kingdom. It is desirable to carry out scientific excavations in Akhmim to confirm or reject the assumptions mentioned in this article. However, this will not be an easy task to realize in the near future.

ENiM 9 - 2016 (ISSN 2102-6629)

Sommaire


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1-4

Ahmed M. Mekawy Ouda, « The Golden Pendant of Tutankhamun (JE61952). A new interpretation for the epithet of Werethekau »
Ahmed M. Mekawy Ouda

fr Cet article propose une nouvelle lecture de l’épithĂšte d’OurethĂ©kaou, dĂ©esse liĂ©e au couronnement, sur un pendentif en or du ToutĂąnkhamon conservĂ© au musĂ©e Ă©gyptien du Caire (JE 61952), trouvĂ© dans le petit naos dorĂ© de ToutĂąnkhamon. L’article tente d’établir la preuve, en comparant avec d’autres attestations de l’épithĂšte, que l’épithĂšte royale « le bien-aimĂ© de OurethĂ©kaou, dame de ciel » devrait plutĂŽt ĂȘtre lu « le bien-aimĂ© d’OurethĂ©kaou, dame du palais ».

uk This article presents a new reading for the epithet of Werethekau, the goddess of coronation, on the golden pendant of Tutankhamun at Cairo Museum (JE 61952). The epithet of Werethekau was found on a pendant within the small golden shrine of Tutankhamun. This paper will investigate the evidence whether one of the epithet of the king “beloved of Werethekau, lady of heaven” should instead be read as “beloved of Werethekau, lady of the palace” through comparison with other known examples of the epithet.

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5-14

Luca Miatello, « How to Deal with Partial Information? The Case of P. Berlin 6619 »
Luca Miatello

fr Dans le problĂšme 1 du P. Berlin 6619, la derniĂšre partie de chaque ligne est perdue. Dans cet article, j’indique les raisons pour lesquelles l’interprĂ©tation de la maniĂšre de procĂ©der ne peut se fonder uniquement sur des raisonnements mathĂ©matiques, mais aussi sur l’expĂ©rimentation concrĂšte d’hypothĂšses de reconstruction des phrases manquantes. L’analyse du texte du problĂšme indique que les cĂŽtĂ©s d’un rectangle sont calculĂ©s avec l’objectif de montrer un cas du « thĂ©orĂšme de Pythagore ». Une autre hypothĂšse, avancĂ©e au dĂ©but du siĂšcle dernier, est infirmĂ©e.

uk In problem 1 of P. Berlin 6619 the final part of each line is lost. In this paper I indicate the reasons why the interpretation of the procedure cannot be based only on mathematical arguments, but also on concrete experimentations of hypotheses of reconstruction of the sentences and restoration of the missing parts. The analysis of the problem text indicates that the sides of a rectangle are calculated with the aim of showing a case of the “Pythagorean theorem”. An alternative hypothesis, advanced at the beginning of last century, is unsupported and unsuitable.

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15-36

Franck Monnier, « The Construction Phases of the Bent Pyramid at Dahshur. A Reassessment »
Franck Monnier , Alexander Puchkov

fr Les particularitĂ©s architecturales de la pyramide rhomboĂŻdale de SnĂ©frou Ă  Dahchour-Sud inspirent deux courants d’interprĂ©tation. Le premier consiste Ă  y voir l’expression symbolique dĂ©libĂ©rĂ©e d’une dualitĂ© et, le second, des modifications en raison de problĂšmes structuraux survenus au cours du chantier. Cet article fait le point sur l’état de l’archĂ©ologie en y apportant des observations inĂ©dites et complĂ©mentaires. Certains dĂ©tails jusqu’alors passĂ©s inaperçus, ainsi que la pathologie de l’édifice, amĂšnent Ă  confirmer que les bĂątisseurs ont apportĂ© plusieurs changements Ă  leur projet, mais aussi Ă  en saisir les raisons. Une rĂ©vision complĂšte de l’histoire du monument est ainsi proposĂ©e en guise de conclusion.

uk The architectural peculiarities of the Bent pyramid built by Snefru at South Dahshur are the subject of two currents of interpretation. The first one consists of seeing the symbolic and deliberate expression of a duality in the design, and the second one, modifications due to structural problems that occurred during the construction work. This article reviews the archaeological situation by bringing unpublished and additional observations into the discussion. Some details that have been unnoticed by commentators so far, as well as a structural pathology of the building, lead to confirmation that the builders changed their project several times, but also reveal the reasons for these changes. A complete revision of the history of the monument is then suggested as a conclusion.

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37-45

Benjamin Durand, « Du vin de paille Ă  l’époque pharaonique ? »
Benjamin Durand

fr La production de vin en Égypte pharaonique est bien connue grĂące, notamment, aux nombreuses reprĂ©sentations funĂ©raires peintes dans les tombes nobiliaires, de mĂȘme que par l’archĂ©ologie, par le biais des conteneurs ayant permis son transport et sa conservation. Le dĂ©tail des mĂ©thodes de production, et notamment de fermentation, sont cependant moins bien apprĂ©hendĂ©es. Le croisement des donnĂ©es picturales et Ă©pigraphiques permet nĂ©anmoins de lever un voile sur une possible mĂ©thode de prĂ©paration du vin, le passerillage.

uk The wine production during Pharaonic period is well known thanks to the funeral representations painted in the noble’s tombs as well as to archaeology through the containers that enable their transportation. The detail of the method of production, and especially the fermentation, is however less apprehended. The crossing of pictorial and epigraphic data enables nonetheless to lift the veil on a possible method to produce wine: the passerillage.

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47-63

Wolfram Grajetzki, « An Early New Kingdom Coffin from Abydos »
Wolfram Grajetzki

fr Publication de fragments de cercueil trouvĂ©s Ă  Abydos et actuellement conservĂ©s au Fitzwilliam Museum de Cambridge (E.283.1900). Jusqu’à aujourd’hui, le cercueil Ă©tait gĂ©nĂ©ralement datĂ© de la fin du Moyen Empire mais des parallĂšles montrent qu’il s’agirait plutĂŽt du dĂ©but du Nouvel Empire. Les objets trouvĂ©s avec le sarcophage sont Ă©galement publiĂ©s et datent du dĂ©but du Nouvel Empire.

uk Full publication of coffin fragments found at Abydos and now in the Fitzwilliam Museum, Cambridge (E.283.1900). The coffin was hitherto mostly dated to the late Middle Kingdom, but parallels show that it is datable to the early New Kingdom. The objects found with the coffin are published too and also belong mostly to the early New Kingdom.

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65-77

Ludovic Lefebvre, « Quel souverain lagide fit don d’un gymnase Ă  AthĂšnes ? »
Ludovic Lefebvre

fr Le gymnase Ă©tait Ă  l’époque hellĂ©nistique un vĂ©ritable symbole de la culture grecque et reprĂ©sentait le mode de vie hellĂšne par excellence. Or, un souverain lagide fonda Ă  AthĂšnes – citĂ© de culture entre toutes et qui disposait dĂ©jĂ  notamment des gymnases du LycĂ©e et de l’AcadĂ©mie – un nouvel Ă©difice Ă  une date qui reste indĂ©terminĂ©e et dont la localisation n’est pas aisĂ©e. Cet article propose de retracer le contexte politique de la citĂ© athĂ©nienne au IIIe siĂšcle afin de tenter d’identifier quel fut le PtolĂ©mĂ©e bienfaiteur de la citĂ©.

uk The gymnasium was in the Hellenistic period a symbol of Greek culture and represented the Hellenic way of life. Interestingly, a Ptolemaic sovereign founded in Athens – the most cultural famous city and which already had gymnasiums like The Lyceum and the Academy – a new building at a date still unknown and whose location is not easy. This article aims to retrace the political context of the Athenian city in the third century in an attempt to identify who was the Ptolemy’s benefactor of the city.

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79-111

Gyula Priskin, « The Astral Myth of Osiris: the Decans of Taurus and Libra »
Gyula Priskin

fr Les diffĂ©rentes formes des deux premiers dĂ©cans qui appartiennent au signe de Taureau dans les zodiaques grĂ©co-romains – femme agenouillĂ©e, cochon, Osiris mort couchant dans un bateau, yeux – renvoient Ă  la pleine lune au premier mois de Chemou ainsi qu’aux Ă©vĂ©nements cultuels et mythiques qui s’y rapportent. Cette coĂŻncidence s’explique par le fait que le premier mois de Chemou et le sĂ©jour annuel du soleil dans le signe Taureau se superposent au dĂ©but de l’Ère commune. Les dĂ©cans montrant Osiris et les yeux dans le bateau et appartenant au Taureau proviennent Ă©galement des diagrammes astronomiques du Nouvel Empire, qui reprĂ©sentaient aussi un bateau sous le dĂ©can ?r.j-jb-wj? « le milieu du bateau ». Plus tard, ce dĂ©can sera rangĂ© avec le signe de la Balance. L’analyse des symboles du dĂ©can dans le diagramme astronomique de RamessĂ©um et dans le zodiaque circulaire de Dendera dĂ©montre, en dĂ©couvrant les couches de significations multiples se rapportant aux images, que la constellation Ă©gyptienne du Bateau Ă©tait identique aux trois Ă©toiles les plus brillantes du signe actuel de la Balance (?, ?, et ? Librae, le dĂ©can ?r.j-jb-wj? Ă©tant l’étoile au milieu, ? Librae). Ce bateau observĂ© dans le ciel jouait un rĂŽle important dans les cosmographies Ă©gyptiennes et dans le mythe astral d’Osiris, car, presque tout au long de l’histoire de l’Égypte ancienne, il se situait non loin du point d’équinoxe d’automne.

uk The different forms of the first two decans that belong to the sign of Taurus in the Graeco-Roman zodiacs – a kneeling woman, a pig, the dead Osiris lying in a boat, and a pair of eyes – are shown to refer to the full moon in the month I Shemu, and the cultic and mythological connotations of this event. The basis of this connection was the fact that I Shemu overlapped with the sun’s annual stay in Taurus around the beginning of the Common Era. The Taurus decans showing Osiris and the pair of eyes in the barque derive from the New Kingdom astronomical diagrams which depicted a boat under the decan called ?r.j-jb-wj? “the middle of the boat”. In the later zodiacs the same decan belongs to the sign of Libra. The analysis of the symbols of this decan in the astronomical diagram of the Ramesseum and in the round zodiac of Dendera, unveiling the multiple layers of signification that have been attached to them, reveals that the Egyptian constellation of the boat was identical with the three brighest stars of the modern constellation of Libra (?, ?, and ? Librae, the ?r.j-jb-wj? decan being the star in the middle, ? Librae). This boat in the sky played a crucial role in Egyptian cosmographies and the astral myth of Osiris because of its closeness to the autumnal equinoctial point throughout much of ancient Egyptian history.

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113-123

Mohamed Raafat Abbas, « The Bodyguard of Ramesses II and the Battle of Kadesh »
Mohamed Raafat Abbas

fr La Bataille de Qadech fut l’affrontement militaire le plus cĂ©lĂšbre de l’histoire antique, avant Alexandre, et le premier conflit majeur Ă  ĂȘtre dĂ©crit en dĂ©tail. Ramesses II a clairement considĂ©rĂ© la bataille de Qadech comme le sommet de son rĂšgne. Dans les descriptions de la bataille, le rĂŽle militaire des gardes du corps de Ramesses II apparaĂźt comme essentiel. Le roi fut sauvĂ© grĂące au courage du corps des gardes du corps, composĂ© principalement de Chardanes, aprĂšs la fuite de ses officiers et soldats aux moments les plus durs de la bataille, qui suivirent l’attaque des Hittites. Cet article analyse le rĂŽle militaire des gardes du corps de Pharaon au cours de cette grande bataille.

uk The Battle of Kadesh was the most famous military clash in the ancient history and the first major conflict in the ancient world, before Alexander, to be described in detail. Ramesses II clearly regarded the Battle of Kadesh as the peak of his entire reign. The important military role of the bodyguard of Ramesses II was noticeable in the records of Ramesses II on the Battle of Kadesh. Ramesses II rescued in the battlefield, according to the valor of the royal bodyguard, which consisted mostly of the Sherden soldiers, after the escape of his officers and soldiers during the harsh moments of fighting that followed the Hittite attack on the lines of the Egyptian army at the beginning of the battle. This paper discusses the significant military role of the bodyguard of the warrior pharaoh Ramesses II in this great battle

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125-134

Mounir Habachy, « À propos de la lecture « orthodoxe » du nom de couronnement de PtolĂ©mĂ©e VI PhilomĂ©tor »
Mounir Habachy

fr Avant que la translittĂ©ration actuelle du nom de couronnement de PtolĂ©mĂ©e VI PhilomĂ©tor ne domine la tradition Ă©gyptologique, Fr.Ll. Griffith avait proposĂ©, au XIXe siĂšcle, une lecture, reprise par H. Junker et E. Winter, dĂ©sormais abandonnĂ©e. Nous proposons de renoncer Ă  la translittĂ©ration rĂ©cente utilisĂ©e par convention par la plupart des Ă©gyptologues en justifiant la nĂ©cessitĂ© du retour Ă  l’ancienne lecture de Fr.Ll. Griffith.

uk Different readings were given to Ptolemy VI Philometor’s Coronation Name. The first one was proposed by Fr.Ll. Griffith in the Nineteenth Century, and it was reused by H. Junker and E. Winter. Griffith’s reading was then disregarded and scholars amended another recent reading which was suggested by D. Kurth and reused by J. von Beckerath. The article arguments that Griffith’s first reading was the most likely to be the correct one.

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135-139

Jean-Claude Goyon, « À propos de la momie infantile du musĂ©e Calvet d’Avignon »
Jean-Claude Goyon , Carole Mathe, Cathy Vieillescazes

fr L’analyse de la composition chimique de baume prĂ©levĂ© sur une momie d’enfant appartenant Ă  la collection du musĂ©e Calvet d’Avignon a Ă©tĂ© l’occasion d’une collaboration fructueuse entre l’égyptologue et le chimiste. Plusieurs familles de matĂ©riaux organiques sont identifiĂ©es.

uk The analyze of the chemical composition of balsam collected on a child mummy from the collection of the Calvet museum in Avignon, is the opportunity of an interesting collaboration between the Egyptologist and the Chemist. Several families of organic materials are identified.

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141-153

Cecilia Benavente Vicente, « Eine löwenköpfige Bronzestatuette des Gottes Nefertem aus dem Ägyptischen Museum und Papyrussammlung in Berlin (ÄM 8988) »
Cecilia Benavente Vicente

fr La statue en bronze ÄM 8988 du musĂ©e Ă©gyptien de Berlin a Ă©tĂ© acquise en 1886 de l’antiquaire Souliman Abd el-Saman. La statue est originaire de Tell el-Moqdam et est supposĂ©e appartenir Ă  la soi-disant « cachette de Lion », un groupe cĂ©lĂšbre d’objets trouvĂ©s dans les ruines de la ville en 1884 par des paysans. La statue ÄM 8988 reprĂ©sente un dieu Ă  tĂȘte de lion. Sur la coiffure il subsiste des restes d’un urĂŠus et des pattes d’un oiseau. De sa main gauche, le dieu tenait une plaque avec un oudjat Ă  hauteur de poitrine, qui n’a pas Ă©tĂ© conservĂ©e. Selon Paul Perdrizet, la statue reprĂ©sente le dieu Mahes. À l’inverse, GĂŒnther Roeder et Katja Weiss affirment qu’il figure Horus de PĂ©. Roeder et Weiss fondent leur opinion sur la coiffe de la statue. Les deux interprĂ©tations de la statue sont controversĂ©es et pas entiĂšrement convaincantes. Ni Mahes, ni Horus de PĂ© n’étaient reprĂ©sentĂ©s comme dieu Ă  tĂȘte de lion avec une coiffe comportant un oiseau. En outre, aucune reprĂ©sentation de Mahes ou d’Horus de PĂ© portant un oudjat Ă  leur poitrine n’a jamais Ă©tĂ© trouvĂ©e. En revanche, le dieu NĂ©fertoum a bien Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ© comme un dieu Ă  tĂȘte de lion avec une coiffe comportant un faucon et une fleur de lotus dans les scĂšnes du temple de SĂ©thy Ier Ă  Abydos, du temple d’Hibis Ă  Kharga et du Naos de Saft el-Henneh (CG 70021). En outre, NĂ©fertoum Ă©tait figurĂ© dans ces scĂšnes tenant une plaque avec un oudjat Ă  hauteur de poitrine. Enfin, une inscription dans la salle de NĂ©fertoum dans le temple de SĂ©thy Ier Ă  Abydos rĂ©vĂšle que cette iconographie, appartenant au dieu NĂ©fertoum, reflĂšte son caractĂšre syncrĂ©tique avec Horus. Horus-NĂ©fertoum avait le rĂŽle d’un protecteur dans la fĂȘte de Sokar escortant le roi. La statue ÄM 8988 peut donc ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme une reprĂ©sentation de NĂ©fertoum portant l’oudjat Ă  hauteur de poitrine, symbolisant donc la renaissance et la rĂ©gĂ©nĂ©ration du soleil.

uk The bronze statue ÄM 8988 of the Egyptian museum in Berlin was acquired in 1886 from the antiquity dealer Souliman Abd el-Saman. The statue originally came from Tell el-Moqdam and was assumed to be part of the so-called “Lion cache”, a famous group of objects found in the ruins of the city in 1884 by peasants. The statue ÄM 8988 represents a lion-headed god. In the headdress there are remains of an uraeus and two bird feet. With his left hand the god held a plaque with a wedjat at chest height, which has not been preserved. According to Paul Perdrizet, the statue represents the god Mahes. Conversely, GĂŒnther Roeder and Katja Weiss claim that it represents Horus of Pe. Roeder and Weiss based their opinion on the headdress of the statue. Both interpretations of the statue are controversial and not fully convincing. Neither Mahes nor Horus of Pe appears represented anywhere else as a lion-headed god with a bird headdress. Furthermore, no representation of Mahes or Horus of Pe wearing a wedjat at their chest has ever been found. On the contrary, the god Nefertem has indeed been represented as a lion-headed god with a headdress consisting of a hawk and a lotus flower in scenes from the Temple of Seti I in Abydos, the Hibis Temple at Kharga Oasis and from the Naos of Saft el Henne (CG 70021). Moreover, Nefertem was represented in these scenes holding a plaque with a wedjat at chest height. Additionally, an inscription found in the so called Nefertem-room in the temple of Seti I in Abydos reveals that this iconography belonging to the god Nefertem reflects his syncretic character as Horus. Horus-Nefertem had the role of a guardian in the Sokar festival by escorting the king. The statue ÄM 8988 can be thus interpreted as a representation of Nefertem carrying the wedjat at chest height, symbolizing so the rebirth and regeneration of the sun.

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155-165

Laila Azzam, « The False Door of Ipy at Beni Hassan. Study II »
Laila Azzam

fr La fausse-porte d’Ipy, sujet de cet article, se trouve dans la tombe 481 de BĂ©ni Hassan, datĂ©e de la VIe dynastie. Son Ă©tat de conservation est bon. Les reliefs ont Ă©tĂ© sculptĂ©s en creux, ils conservent encore des traces de pigments rouget et jaune.

uk The False door of Ipy which forms the subject of this paper comes from the rock-cut tomb number 481 at Beni Hassan that dates back to the second half of the Sixth Dynasty. The false door is in a fair state of preservation the scenes and texts are in sunk relief with traces of red and yellow pigments.

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167-178

Johannes AuenmĂŒller, « Ein Model fĂŒr eine Siegelplakette des Schatzhausvorstehers Netjeruimes aus der Sammlung Schwalm, Grevenbroich in Bonn »
Johannes AuenmĂŒller

fr L’objet de cet article est la publication d’un moule inĂ©dit en cĂ©ramique destinĂ© Ă  la fabrication d’une plaque de scellement rectangulaire datant du Nouvel Empire. Le moule est actuellement conservĂ© au musĂ©e Ă©gyptien de l’UniversitĂ© de Bonn en Allemagne. Il appartient initialement Ă  la collection de la ville de Grevenbroich. AprĂšs avoir Ă©tudiĂ© les donnĂ©es prosopographiques, cet article propose une identification de la personne mentionnĂ©e sur le moule, un certain directeur du trĂ©sor Netjeruimes, avec Netjeruimes Pirikhnawa. Ce dernier, dont la tombe se trouve Ă  SaqqĂąra, est notamment connu grĂące Ă  sa prĂ©sence dans la correspondance diplomatique Ă©gypto-hittite. Ce moule vient ainsi ajouter une attestation supplĂ©mentaire au dossier prosopographique de ce haut fonctionnaire ramesside. La conclusion de cet article contient une brĂšve discussion technologique concernant l’usage de ce type de moule dans la fabrication des plaques de faĂŻence rectangulaire.

uk The article aims at publishing a pottery mould for a rectangular New Kingdom sealing plaque. The mould is housed at the Egyptian Museum of Bonn University, Germany, as part of the municipal collection Grevenbroich. After a discussion of its prosopographical data, an identification of the overseer of the treasury Netjeruimes, who is named on the mould, with Netjeruimes Pirikhnawa is proposed. The latter is, inter alia, known as eminent royal messenger from his tomb at Saqqara and in the context of the Egyptian-Hittite diplomatic correspondence. The mould therefore constitutes another significant entry to the prosopographical dossier of this Ramesside high official discussed in the article. The contribution is concluded with a short technological discussion of the use of such moulds for producing rectangular faience plaques.

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179-226

FrĂ©dĂ©ric Servajean, « Les dimensions des navires d’Hatchepsout
et autres remarques sur la navigation en mer Rouge »
Frédéric Servajean

fr Les vaisseaux de la reine Hatchepsout, et leurs dimensions, et la navigation en mer Rouge vers le pays de Pount.

uk The vessels of queen Hatshepsut, and their dimensions, and navigation in the Red Sea towards the country of Pount.

ENiM 10 - 2017 (ISSN 2102-6629)

Sommaire


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1-5

Edwin Dalino, « Le prince MĂ©renptah fut-il grand prĂȘtre de Ptah ? État de la question et focus sur Hori, fils de KhĂąemouaset »
Edwin Dalino

fr Depuis le XIXe siĂšcle, il est parfois avancĂ© que le prince MĂ©renptah, fils de RamsĂšs II, aurait Ă©tĂ© grand prĂȘtre de Ptah Ă  Memphis Ă  la suite de son frĂšre KhĂąemouaset. L’auteur montre tout d’abord que les sources utilisĂ©es ne sont pas pertinentes, puis explique qu’un grand prĂȘtre de Ptah Ă©tant attestĂ© du rĂšgne de RamsĂšs II Ă  celui de MĂ©renptah, ce dernier ne put l’ĂȘtre. Deux chaouabtis publiĂ©s rĂ©cemment, mentionnant un grand prĂȘtre de Ptah homonyme, ainsi que le cas de Hori fils de PtahmĂšs sont Ă©galement abordĂ©s.

uk Since the XIXth century, we can sometimes read in egyptological literature that the prince Merenptah, son of Ramesses II have been High Priest of Ptah at Memphis after his brother Khaemwaset. The author firstly shows that sources used are not relevant. He then explains that a High Priest of Ptah is already attested from the end of the reign of Ramesses II until Merenptah. Consequently, the latter could not have been High Priest. Two shabtis published recently, mentioning a High Priest of Ptah named Merenptah and the case of Hori son of Ptahmes are also discussed.

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7-23

Mohamed Raafat Abbas, « A Survey of the Military Role of the Sherden Warriors in the Egyptian Army during the Ramesside Period »
Mohamed Raafat Abbas

fr Les Chardanes faisaient partie des Peuples de la mer qui attaquĂšrent l’Égypte pendant la pĂ©riode ramesside. Les pillards chardanes Ă©taient des ennemis de l’Égypte au dĂ©but du rĂšgne de RamsĂšs II, qui proclama sa victoire sur eux. AprĂšs leur dĂ©faite, beaucoup d’entre eux furent capturĂ©s et intĂ©grĂ©s dans l’armĂ©e Ă©gyptienne, devenant l’une des meilleures troupes d’auxiliaires Ă©trangers. Ils furent employĂ©s par les Égyptiens pendant toute la pĂ©riode ramesside. Ils servirent comme unitĂ©s d’infanterie ou comme gardes du corps du roi. Les cĂ©lĂšbres reliefs dĂ©crivant la bataille de Qadech et la bataille de Dapour au temps de RamsĂšs II, la guerre libyenne de MĂ©renptah, ou les guerres libyennes et du nord de RamsĂšs III, mentionnent la prĂ©sence significative des unitĂ©s chardanes dans l’armĂ©e Ă©gyptienne. Cet article examine et discute le rĂŽle des guerriers chardanes dans l’armĂ©e Ă©gyptienne pendant la pĂ©riode ramesside.

uk The Sherden were a part of Sea Peoples who attacked Egypt during the Ramesside period. The Sherden raiders were enemies of Egypt at the beginning of the reign of Ramesses II, who proclaimed its victory on them. After their defeat, many of them were captured and integrated into the Egyptian army, becoming one of the best troops of foreign auxiliaries. They were used by Egyptians during all the Ramesside period. They served as units of infantry or as bodyguards of the king. The famous reliefs describing the battle of Qadech and the battle of Dapour in the time of Ramesses II, the Libyan war of Merenptah, and the Libyan and northern wars of Ramesses III, refer to the significant presence of the Sherden units in the Egyptian army. This paper surveys and discusses the military role of Sherden warriors in the Egyptian army during the Ramesside period.

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25-50

Marie-Astrid Calmettes, « La reprĂ©sentation cosmologique du sarcophage d’Ourechnefer »
Marie-Astrid Calmettes

fr Le dessus du couvercle du sarcophage d’Ourechnefer, conservĂ© au Metropolitan Museum of Art de New York sous le numĂ©ro d'inventaire 14.7.1b, est le support d’une reprĂ©sentation cosmologique unique Ă  ce jour. L’espace dĂ©limitĂ© par le corps de la dĂ©esse Nout arc-boutĂ©e Ă  l’image de la voĂ»te cĂ©leste, est occupĂ© par un immense cercle qui constitue le centre de la reprĂ©sentation. Il est surmontĂ© par une figure fĂ©minine ouvrant les bras alors qu’il est soutenu par une paire de bras levĂ©s prenant appui sur une paire de jambes. Ce cercle, constituĂ© d'un centre et de deux anneaux concentriques, reprĂ©sente non seulement l’Égypte et ses rĂ©gions limitrophes mais aussi un espace mystĂ©rieux en relation avec l’au-delĂ  et la rĂ©gĂ©nĂ©ration. L’ensemble de la reprĂ©sentation est, selon nous, une interprĂ©tation de la premiĂšre heure du Livre du jour, illustrant la dĂ©esse Nout mettant au monde le soleil et donc le cosmos. Cette crĂ©ation iconographique, aux multiples niveaux de lecture, tĂ©moigne d’une conception du monde Ă©laborĂ©e dans laquelle cosmogonie et cosmologie se rejoignent.

uk The top of the lid of the Wereshnefer sarcophagus, preserved at the Metropolitan Museum of Art in New York under inventory number 14.7.1b, is the support of a single cosmological representation to this day. The space delimited by the body of the goddess Nut, as curved as the celestial vault itself, is occupied by a huge circle which constitutes the representation center. Above it, stands an arm opened female figure while it is supported by a pair of raised arms resting on a pair of legs. This circle, consisting of a center and two concentric rings, represents not only Egypt and its neighboring countries but also a mysterious space in relation to the beyond and regeneration. The whole representation is, in our opinion, an interpretation of the first hour of the Book of the Day, illustrating the goddess Nut bringing the sun into the world and therefore the cosmos itself. This iconographic creation, with multiple levels of reading, testifies to a conception of an elaborate world in which cosmogony and cosmology meet.

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51-88

Karine Madrigal, « L’obĂ©lisque de Louqsor et le sarcophage d’ÂnkhnesneferibrĂȘ »
Karine Madrigal , Jean-Claude Goyon

fr Des papiers non publiĂ©s de Jacques-Joseph Champollion-Figeac conservĂ©s Ă  Grenoble, aux Archives dĂ©partementales de l’IsĂšre, permettent de mettre en lumiĂšre de nouvelles informations Ă  propos de l’expĂ©dition française de 1830 envoyĂ©e Ă  Louxor, en Égypte, pour rapporter Ă  Paris l’obĂ©lisque donnĂ© Ă  J.-Fr. Champollion par MĂ©hĂ©met Ali. Pendant leur sĂ©jour Ă  ThĂšbes, les officiers de l’équipe payĂšrent le drogman Youssouf Kashef pour l’extraction du sarcophage de la Divine Adoratrice ÂnkhnesneferibrĂȘ Ă  Deir al-MĂ©dĂźna. Il fut transfĂ©rĂ© en France par les officiers, avec l’obĂ©lisque, avec l’intention de le vendre au gouvernement français qui refusa la transaction. En 1836, sans que l’on sache comment, les officiers français purent vendre le sarcophage au British Museum.

uk From the unpublished papers of Jacques-Joseph Champollion-Figeac kept in Grenoble (Archives dĂ©partementales de l’IsĂšre) new informations are brought to light about the French expedition of year 1830 sent to Luxor, Egypt, to bring to Paris the obelisk given to Jean-François Champollion by Mehemet-Ali. During their stay in Thebes, the officers of the team paid the drogman Y?s?f Kashef for the extraction of the sarcophagus of the Divine Votaress Ankhnesneferibr? at Deir el-Medina. They transferred it to France with the obelisk wanting to sell this monument to the French Government who refused the transaction. In 1836, through an unknown way, the French officers were able to sell the sarcophagus to the British Museum.

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89-101

Jonathan MaĂźtre, « Comme un oiseau sur la branche... »
Jonathan MaĂźtre

fr Perdus en plein dĂ©sert, les bords du Nil sont un biotope prisĂ© par de nombreuses espĂšces animales et vĂ©gĂ©tales, amenĂ©es Ă  coexister sur ce territoire restreint. Les plus opportunistes, Ă  l’exemple des milans, devinrent rapidement des commensaux de l’Homme, aux yeux duquel ils reprĂ©sentent une figure familiĂšre du folklore animalier. Si fascinante soient-elles aux yeux des artistes de Pharaon, faune et flore sont pourtant perçues Ă  travers le filtre de la cosmovision qui les dote d’une valeur symbolique plus ou moins forte et polysĂ©mique. Produit culturel, jusqu’oĂč le dessin pharaonique pouvait-il ĂȘtre naturaliste ? Au-delĂ  de l’identification d’un taxon prĂ©cis, le renouveau des approches Ă©thologiques de l’Histoire de l’art Ă©gyptien, permet de mieux saisir le fonctionnement du processus de sĂ©lection qui conduisent l’imagier Ă  composer un contenu formel Ă  l’attention de ses publics, attentifs Ă  la rĂ©actualisation de ses mythes fondateurs.

uk Lost in the desert, the banks of the Nile are a biotope prized by many animal and vegetal species, brought to coexist in this restricted territory. The most opportunistic, like kites, soon became Humans’ commensals, for whom they are a familiar figure of their animal folklore. However they are fascinating into the eyes of Pharaoh’s artists, fauna and flora are perceived through the filter of cosmovision which gives them a symbolic value that is more or less strong and polysemic. As a cultural product, how far could pharaonic drawing be naturalistic? Beyond identifying a specific taxon, the renewal of ethological approaches to the History of Egyptian art, allows us to better understand the functioning of the selection process that leads the illustrator to compose a formal content to the attention of its audiences, attentive to the updating of its founding myths.

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103-115

FrĂ©dĂ©ric Servajean, « Les radeaux de Pount »
Frédéric Servajean

fr Sur l’une des parois de la tombe thĂ©baine 143, on peut voir la figuration de deux radeaux, en relation avec le retour d’une expĂ©dition du pays de Pount. Ces radeaux ont souvent Ă©tĂ© interprĂ©tĂ©s comme des embarcations pountites. Les traditions se rapportant Ă  la mer Rouge font de celle-ci le lieu oĂč furent inventĂ©es ces embracations et leur existence y est effectivement attestĂ©e jusqu’à trĂšs rĂ©cemment, notamment dans le sud de cette mer. Si cette figuration est incontestablement le plus ancien tĂ©moignage de l’existence de ces radeaux, ces derniers n’ont pas en revanche atteint l’Égypte en naviguant mais chargĂ©s sur les navires Ă©gyptiens revenant de Pount.

uk On one of the walls of the Theban tomb 143, we can see the representation of two rafts, in connection with the return of an expedition from the land of Punt. These rafts have often been interpreted as puntites. Traditions relating to the Red Sea make it the place where these boats were invented and their existence is actually attested there until very recently, especially in the south of this sea. If this figuration is undoubtedly the oldest testimony of the existence of these rafts, they did not however reach Egypt by sailing but were loaded on the Egyptian ships returning from Punt.

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117-129

Julianna Kitti Paksi, « A New Reading to Ramesses III’s Great Double Stela. The Placement of Fragment C »
Julianna Kitti Paksi

fr Le fragment C  (KRI V 247, 1–8) est un grand bloc dĂ©tachĂ© qui contient huit lignes de texte provenant de la double stĂšle de RamsĂšs III Ă  Karnak. Sa position prĂ©cise a Ă©tĂ© dĂ©battue depuis les annĂ©es 1950. Cet article invoque des arguments philologiques et Ă©pigraphiques permettant de repositionner le bloc au niveau de la partie supĂ©rieure de la stĂšle septentrionale de RamsĂšs III. La nouvelle lecture des lignes 7 Ă  14 de la stĂšle septentrionale – qui est prĂ©sentĂ©e ici en transcription hiĂ©roglyphique, en translittĂ©ration et en traduction – respecte la cohĂ©rence de l’articulation gĂ©nĂ©rale de l’inscription.

uk Fragment C (KRI V 247, 1–8) is a large loose block with parts of eight lines of Ramesses III’s Great Double Stela in Karnak. Its exact position has been debated since the 1950s. The present paper provides philological and epigraphical arguments for its placement to the upper part of the Northern Stela of Ramesses III’s double monument. The new reading of lines 7–14 of the Northern Stela, which is presented here in hieroglyphic transcript as well as in transliteration and translation, respects the coherence of the overall articulation of the double inscription.

ENiM 11 - 2018 (ISSN 2102-6629)

Sommaire


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1-6

Siro Trevisanato, « Une infection par hantavirus Ă  PĂ©luse et l’échec de l’invasion assyrienne de l’Égypte par SennachĂ©rib »
Siro Trevisanato

fr Une Ă©pidĂ©mie liĂ©e Ă  une infection par hantavirus portĂ©e par des mulots, qui envahirent un campement militaire assyrien, offre la meilleure explication pour l’échec assyrien de l’invasion de l’Égypte vers 700 av. J.-C. La mortalitĂ© Ă©levĂ©e, associĂ©e aux hantavirus chez les humains dans un pays oĂč ce pathogĂšne n’est pas endĂ©mique et oĂč, par consĂ©quent, les symptĂŽmes de la maladie Ă©taient inconnus, Ă  quoi il faut ajouter la « sĂ©lectivité » des dĂ©cĂšs qui n’affectĂšrent que les Assyriens, contribuĂšrent Ă  l’explication delon laquelle seule une intervention surnaturelle avait sauvĂ© la JudĂ©e.

uk An epidemic of Hantavirus linked to field mice that swarmed an Assyrian military camp offers the best explanation for the Assyrian failure collapse to invade Egypt around 700 BC. The high mortality rate associated with the disease, in a country where Hantavirus is not endemic, and thus where the symptoms of the disease were unknown, coupled with the “selective” death of the Assyrian soldiers, would explain the interpretation according to which Judea had been saved through supernatural intervention.

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7-22

Simon Thuault, « De l’usage des classificateurs dans les textes funĂ©raires. L’exemple des toponymes Jskn, Ndj.t et GHs.tj dans les Textes des Pyramides et les Textes des Sarcophages »
Simon Thuault

fr Avec l’accroissement des Ă©tudes traitant des classificateurs (ou dĂ©terminatifs) Ă©gyptiens, il convient dĂ©sormais de s’intĂ©resser aux mĂ©caniques d’attribution de ces signes aux graphies de divers lexĂšmes. Dans cet article, nous nous intĂ©ressons Ă  trois toponymes rĂ©currents dans les corpus funĂ©raires que sont les Textes des Pyramides et les Textes des Sarcophage : Jskn, Ndj.t et GHs.tj. Ces trois localitĂ©s, notamment liĂ©es au mythe osirien et Ă  la rĂ©gĂ©nĂ©ration du roi dĂ©funt, prĂ©sentent des similitudes et des divergences graphĂ©miques de grand intĂ©rĂȘt quant aux classificateurs qui les accompagnent. Ainsi, en observant les contextes dans lesquels apparaissent ces toponymes et en comparant leurs graphies, nous proposerons diffĂ©rents processus ayant pu mener les scribes et lapicides Ă  leur attribuer des classificateurs d’apparence parfois contradictoire (par exemple O49 et N25). ConsidĂ©rations grammatologiques, mythologiques et perceptuelles semblent alors se cĂŽtoyer et s’entremĂȘler pour offrir Ă  la classification toponymique Ă©gyptienne une remarquable diversitĂ© et un potentiel informatif rare.

uk Following the increase of classifiers (or determinatives) study in Egyptology, we now have to analyse the mechanics of attribution of these signs in the writings of diverse lexemes. In this paper, we are interested in three toponyms recurrent in funerary corpus like Pyramid Texts and Coffin Texts: Jskn, Ndj.t and GHs.tj. These three localities, linked to the Osirian myth and to the dead king’s regeneration, offer interesting graphemic similarities and differences as for the classifiers accompanying them. Thus, in observing the contexts in which these toponyms appear and in comparing their writings, we will suggest several processes that could have led scribes and lapicides to assign classifiers seeming sometimes contradictory (e.g. O49 and N25). Grammatological, mythological and perceptual considerations then seem to mixing up to give to the Egyptian toponymic classification a great diversity and a rare informative potential.

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23-32

Susana Mota, « Beyond the obvious: the Middle Kingdom sources and its contribution to the study of household religion in ancient Egypt »
Susana Mota

fr La religion domestique dans l’Égypte ancienne a Ă©tĂ© le thĂšme d’une recherche de doctorat rĂ©alisĂ©e entre 2010 et 2015, dont l’accent a Ă©tĂ© mis sur les sources matĂ©rielles existantes pour l’étude de cette question. Pour cela, une base de donnĂ©es qui rassemble les vestiges religieux identifiĂ©s dans les maisons entre le dĂ©but de la pĂ©riode dynastique et la Basse Époque a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e. Les sources rassemblĂ©es permettent de nouvelles analyses sur les pratiques religieuses domestiques dans l’Égypte ancienne. Une des idĂ©es qui se dĂ©marque est la possibilitĂ© de connaĂźtre ces pratiques non seulement au Nouvel Empire mais aussi au Moyen Empire. Ainsi, cet article prĂ©sente les sources existantes pour l'Ă©tude de la religion domestique au Moyen Empire et systĂ©matise les informations issues de ces sources caractĂ©risant ce qu’a Ă©tĂ© cette pratique au cours de cette pĂ©riode.

uk Household religion in ancient Egypt was the subject of a PhD research carried out from 2010 to 2015, of which the focus was the material sources existent for the study of this issue. For such, a database gathering the remains of religious nature identified in houses between the Early Dynastic Period and the Late Period was created. The collection of sources allows a new analysis about what were the religious practices in the house in Ancient Egypt. One of the ideas that is emphasized is the possibility of knowing these practices not only in the New Kingdom but also in the Middle Kingdom. Thus, this paper presents the existing sources for the study of household religion in the Middle Kingdom and systematizes the information resulting from these sources characterizing this religious practice during this period.

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33-40

Mohamed Raafat Abbas, « Historical Observations on the Military Role of Three Ramesside Viceroys of Kush »
Mohamed Raafat Abbas

fr Le Vice-roi de Koush (Fils royal de Koush) Ă©tait un haut fonctionnaire de l’administration impĂ©riale Ă©gyptienne durant le Nouvel Empire. Les sources textuelles et archĂ©ologiques de la pĂ©riode ramesside indiquent que certains vice-rois ramessides ont jouĂ© un rĂŽle militaire important durant les rĂšgnes de SĂ©thy Ier, RamsĂšs II et MĂ©renptah, en maintenant l’autoritĂ© politique, Ă©conomique et militaire de l’Empire ramesside dans ses territoires mĂ©ridionaux. Ils participĂšrent aux grandes campagnes militaires ramessides contre la Nubie sous le commandement de leurs rois guerriers afin d’anĂ©antir les rĂ©voltes nubiennes dans les rĂ©gions d’Irem ou de Ouaouat. Ils menĂšrent Ă©galement d’autres campagnes par eux-mĂȘmes dans le mĂȘme but ainsi qu’à des fins politiques ou Ă©conomiques. Cet article examine et discute ce point afin de mettre en lumiĂšre un nouvel aspect de l’impĂ©rialisme Ă©gyptien en Nubie ramesside.

uk The Viceroy of Kush (King’s son of Kush) was a high official in the structure of the Egyptian imperial administration during the New Kingdom. The textual and archaeological evidence of the Ramesside Period indicate that some Ramesside viceroys had played a significant military role during the reigns of Sety I, Ramesses II and Merenptah, to support the political, economic and military authority of the Ramesside Empire in its southern territories. They had participated in the major Ramesside military campaigns against Nubia under the command of their warrior kings that aimed to crush any Nubian revolts in the regions of Irem or Wawat. They had also led other campaigns by themselves for the same purpose and for any other political or economic purposes. This paper surveys and discusses this point, in order to shed some light on a new aspect of the Egyptian imperialism in Ramesside Nubia.

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41-133

Luca Miatello, « Examining Texts and Decoration of Peftjauauiaset’s Coffins in Milan »
Luca Miatello

fr Cet article prĂ©sente une Ă©tude des textes et de la dĂ©coration des cercueils de Peftjauauiaset au MusĂ©e ArchĂ©ologique de Milan, datant de la XXVIe dynastie. Les sĂ©ries de divinitĂ©s peintes sur les trois cĂŽtĂ©s extĂ©rieurs du cercueil rectangulaire reprĂ©sentent les formes du dieu solaire dans le monde infĂ©rieur, au service du dĂ©funt avec leur protection, leurs provisions et leurs Ă©nergies vitales. La figure de Nout avec le corps tendu et les bras levĂ©s est reprĂ©sentĂ©e sur l’intĂ©rieur du couvercle du cercueil anthropoĂŻde, entourĂ© par les dĂ©esses du jour et de la nuit. Une version rare du rituel des heures, qui est comparĂ© dans cet article Ă  la version du Livre de la Nuit et du Livre du Jour inscrite dans la tombe de RamsĂšs VI, est particuliĂšrement intĂ©ressante. La figure d’Amentet Ă  l'intĂ©rieur de la valve infĂ©rieure est entourĂ©e d’un texte endommagĂ©, contenant des rĂ©fĂ©rences claires aux rituels d’Amon. Le programme dĂ©coratif et textuel des cercueils, avec les formes du dieu solaire, le rituel des heures destinĂ© Ă  la protection et Ă  la rĂ©gĂ©nĂ©ration solaire du cadavre d’Osiris pendant le jour et la nuit, et le texte comparant le dĂ©funt Ă  Amon, expriment des concepts thĂ©ologiques attestĂ©s dans la dĂ©coration des monuments funĂ©raires de la pĂ©riode koushite-saĂŻte, et reprĂ©sentent un remarquable exemple d’innovation au sein de la tradition, dans une pĂ©riode de grands changements politiques.

uk This paper presents a study of texts and decoration in the coffins of Peftjauauiaset in the Archaeological Museum in Milan, dating to the Twenty-sixth Dynasty. Rows of deities depicted on three outer sides of the rectangular trough represent forms of the sun god in the netherworld, at the service of the deceased with their protection, provisions, and vital energies. The figure of Nut with outstretched body and upraised arms is depicted on the lid interior of the anthropoid coffin, surrounded by the goddesses of day and night. Of particular interest is a rare version of the hour ritual, which in this article is compared with the version of the Book of Night and Book of Day inscribed in the tomb of Ramses VI. The figure of Amentet on the interior of the lower valve is surrounded by a damaged text, containing clear references to Amun rituals. The decorative and textual program of the coffins, with the forms of the sun god on the rectangular through, the hour ritual destined to the protection and solar regeneration of the corpse of Osiris during the day and night, and the text paralleling the deceased to Amun, express theological concepts attested in the decoration of funerary monuments of the Kushite-Saite Period, and represent a remarkable example of innovation within the tradition, in a period of major political changes.

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135-170

FrĂ©dĂ©ric Servajean, « Les citernes de la mer Rouge et le voyage au pays de Pount »
Frédéric Servajean

fr Analyse du problĂšme de la difficile gestion des stocks d’eau douce lors des expĂ©ditions en mer Rouge vers le pays de Pount.

uk Analysis of the problem of the difficult management of freshwater stocks during shipments in the Red Sea to the country of Punt.

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171-182

DĂ©borah Moine-Bianchi, « Analyse stylistique de quelques scĂšnes du temple d’Esna »
DĂ©borah Moine-Bianchi

fr Le temple d’Esna est un Ă©difice dĂ©corĂ© sous les pĂ©riodes ptolĂ©maĂŻques et romaines. Sa particularitĂ© majeure est d’ĂȘtre inachevé : seule la salle hypostyle a Ă©tĂ© bĂątie. Les concepteurs du temple ont donc adaptĂ© la rĂ©partition des images de façon Ă  ce que sa symbolique fonctionne comme dans un Ă©difice complet. Esna est Ă©galement un tĂ©moignage du style grĂ©co-romain avec ses colonnes puissantes, ses chapiteaux lotiformes, son architecture puissante
 Il comprend des scĂšnes rĂ©currentes Ă  cette Ă©poque et d’autres plus rares. L’une d’entre elle prĂ©sente une des rares figurations d’impĂ©ratrice romaine en Égypte : Julia Domna, Ă©pouse de Septime SĂ©vĂšre. L’analyse de cet Ă©difice prouve que l’art Ă©gyptien d’époque romaine n’est pas gratuit mais pensĂ©, prĂ©cis et adaptĂ©.

uk The temple of Esna is a building decorated under Ptolemaic and Roman periods. Its major peculiarity is to be unfinished. Indeed, it includes only an hypostyle room. The designers of the temple thus adapted the distribution of the images so as to its symbolism works as in a complete building. Esna is also a testimony of the Graeco-Roman style with its powerful columns, its lotiform capitals, its strong architecture
 It includes recurring scenes at that time and others rarer. The one of its presents one of the rare representations of a Roman empress in Egypt: Julia Domna, wife of Septimus Severus. The analysis of this building proves that the Egyptian art of Roman time is not free but thought, precise and adapted to the situation and politic.

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183-195

Brigitte VallĂ©e, « Reconstitution d’un hypocĂ©phale »
Brigitte Vallée

fr En dĂ©couvrant le grand fragment d’un hypocĂ©phale d’une collection privĂ©e, nous avons immĂ©diatement eu envie de le reconstituer Ă  la lumiĂšre du corpus dĂ©jĂ  Ă©tabli : aventure passionnante pour retrouver l’intĂ©gritĂ© de l’objet et lui redonner tout son rayonnement et
 ses pouvoirs magiques !

uk Discovering a large fragment of a hypocephalus in a private collection, we immediately began to reconstitute it according to the so far existent corpus : an exciting undertaking to rebuild the complete object to its lustre and its magical powers.

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197-224

FrĂ©dĂ©ric Servajean, « Construire un bateau Ă  l’orĂ©e des grands fourrĂ©s de papyrus. À propos du verbe  spj, “assembler (une embarcation)” »
Frédéric Servajean

fr Le verbe spj est habituellement traduit « attacher les parties d’un bateau en papyrus ou en bois ». Cependant, en raison du dĂ©terminatif trĂšs particulier qui accompagne ce mot, le signe N32 de la liste de Gardiner, qui figure une masse d’excrĂ©ments ou d’argile, certains chercheurs on fait dĂ©river le sens de ce mot d’un sens primitif signifiant « calfater ». Or, le calfatage est un technique apparaissant tardivement dans la construction des bateaux en bois. Ce signe figure en fait un mĂ©lange d’argile et de dĂ©jections de bovidĂ©s servant Ă  colmater les parties faibles d’une coque en bois.

uk The verb spj is usually translated as « to tie the parts of a boat in papyrus or wood ». However, because of the very particular determinative that accompanies this word, the N32 sign of Gardiner’s list, which is a mass of excrement or clay, some researchers have derived the meaning of this word from a primitive signification meaning « caulk ». However, caulking is a technique that appears late in the construction of wooden boats. This sign is a mixture of clay and dung of cattle used to seal the weak parts of a wooden hull.

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225-229

FrĂ©dĂ©ric Servajean, « À propos de , ʿqʿ, “serrer” »
Frédéric Servajean

fr Le mot ʿqʿ, qui accompagne les figurations de bateaux dans les mastabas de l’Ancien Empire, est habituellement traduit par « attacher ensemble (les parties d’un bateau) ». Cette traduction correspond plutĂŽt au mot spj, ʿqʿ dĂ©signant simplement l’action de serrer les cordes attachant ensemble les bottes de papyrus de la coque d’un bateau.

uk The word ʿqʿ, which accompanies the figurations of boats in the mastabas of the Old Kingdom, is usually translated as « tie together (the parts of a boat) ». This translation corresponds rather to the word spj, ʿqʿ simply designating the action of tightening the ropes tying together the papyrus of the hull of a boat.

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231-242

CĂĄssio de AraĂșjo Duarte, « Une fausse-porte de l’Ancien Empire au MusĂ©e d’ArchĂ©ologie et d’Ethnologie de l’UniversitĂ© de SĂŁo Paulo »
CĂĄssio de AraĂșjo Duarte

fr À l’exception d’une brĂšve mention dans un catalogue d’exposition sur l’écriture Ă  SĂŁo Paulo (BrĂ©sil), la fausse-porte d’un dignitaire nommĂ© PtahchepsĂšs Impy, actuellement sous la responsabilitĂ© de l’UniversitĂ© de SĂŁo Paulo, n’a jamais fait l’objet d’une publication complĂšte. En dĂ©pit d’un certain nombre de dĂ©tĂ©riorations de surface, comme des fissures et des marques sciage, le monument est une piĂšce remarquable de l’architecture funĂ©raire de l’Ancien Empire, qui porte encore des traces des pigments originaux de sa dĂ©coration. Sur la base d’une Ă©tude comparative des sources de l’Ancien et du Moyen Empire et de l’analyse du style de l’objet, nous proposons dans cet article une datation probable de la VIe dynastie et une origine possible de la nĂ©cropole de SaqqĂąra.

uk Very summarily published in an exhibition catalogue about the writing at SĂŁo Paulo (Brazil) in 2004, the false door of an ancient Egyptian dignitary called Ptahshepses Impy and currently under the responsability of the SĂŁo Paulo University was never properly studied. In spite of a number of injuries on its surface like cracks and sawn marks, the monument is a remarkable piece of the Old Kingdom funerary architecture that still brings traces of original pigments on its decoration. Based on a comparative study of sources dated from Old and Middle Kingdoms, and the analysis of the object's style, we propose in this paper to date the present monument in the 6th Dynasty and a possible origin from the Saqqara necropolis.

ENiM 12 - 2019 (ISSN 2102-6629)

Sommaire


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1-24

RaphaĂ«l Cavasin, « Tell Defenneh et la route de l’encens »
Raphaël Cavasin

fr L’objectif de cet article est de comprendre dans quelle mesure l’étude d’une stĂšle dĂ©couverte Ă  Tell Defenneh peut ĂȘtre Ă©clairante pour Ă©valuer la place de ce site au sein des routes commerciales qui relient l’Égypte et l’Arabie au premier millĂ©naire avant notre Ăšre. Une mise en contexte et une traduction commentĂ©e de ce document vont dans le sens d’une localisation sud-arabique du pays de Pount. Il en ressort que le texte Ă©tudiĂ© relate une expĂ©dition vers l’orient organisĂ©e Ă  l’époque saĂŻte et confirmerait les traces matĂ©rielles de contacts avec ces territoires mises au jour Ă  Tell Defenneh. En outre, la domestication du dromadaire Ă  partir du dĂ©but du premier millĂ©naire et les politiques saĂŻtes de contrĂŽle des routes commerciales de l’orient tendent Ă  confirmer l’inscription de Tell Defenneh dans ce rĂ©seau.

uk This article is a follow-up to an egyptology research project directed by Mr. Frédéric Servajean and defended at Montpellier 3 University Paul Valéry on June 13, 2018. The aims of this paper are to demonstrate to what extent the study of a stela found at Tell Defenneh can be instructive to assess the place of this site within the trade routes connecting Egypt and Arabia in the first millennium BC. A contextualization and a commented translation of this document seem coherent with a South-Arabian localization of the land of Punt. It emerges that the studied text relates a Saite expedition towards the East and confirms material traces of contacts with these territories uncovered at Tell Defenneh. In addition, the domestication of the dromedary from the beginning of the first millennium and the Saite policies of control of the trade routes of the East tend to confirm the inscription of Tell Defenneh in this network.

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25-42

Thomas Gamelin, « Le dieu ChemĂąnefer. Un support thĂ©ologique multiple au temple d’Esna »
Thomas Gamelin

fr Descendant le Nil depuis Kom Ombo, le dieu Sobek est appelĂ© diffĂ©remment lorsqu’il s’arrĂȘte un temps dans le temple d’Esna : il est nommĂ© ChemĂąnefer. CrocodilocĂ©phales tous les deux, les contours iconographiques sont identiques, mais le nouveau dieu latopolite porte plusieurs couronnes qui reflĂštent les multiples caractĂšres de Sobek dont il a hĂ©ritĂ©s. CoiffĂ© de la couronne-tjeni, ChemĂąnefer acquiert des fonctions semblables Ă  Sobek-Geb ; avec le hemhem sur la tĂȘte, le crocodile latopolite est un dieu-enfant prenant modĂšle sur Sobek-Horus ; portant le disque solaire, il est une forme animale prise par le soleil, comme c’est dĂ©jĂ  le cas avec Sobek-RĂȘ, mais sa nature comprend Ă©galement une touche osirienne. L’ensemble des personnalitĂ©s, quelque peu segmentĂ©es, du crocodile ombite est intĂ©grĂ© en ChemĂąnefer, tout en insistant sur l’idĂ©e que celles-ci ne sont en rĂ©alitĂ© que diffĂ©rentes facettes complĂ©mentaires qui s’unissent les unes aux autres au sein de cette nouvelle divinitĂ©.

uk Descending the Nile from Kom Ombo, the god Sobek is named differently when he stops for a moment in the temple of Esna: his name is Shemanefer. Both crocodile-headed deities, their iconographic contours are the same, but the new latopolitan god is portrayed wearing several crowns that reflect the many characters of Sobek he inherited. Wearing the tjeni-crown, Shemanefer obtains similar functions to those of Sobek-Geb ; with the hemhem on his head, the latopolitan crocodile is a child-god modelled on Sobek-Horus; crowned with the solar disk, he is an animal form used by the sun, as is already the case with Sobek-Ra, but his nature contains also an osirian touch. The set of personalities of the ombite crocodile, somehow partitioned, forms the figure of Shemanefer even if those are in reality complementary aspects that unite with each together inside this new god.

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43-48

AndrĂ© Block, « Plutarchs Hausverbot fĂŒr Vögel und Fische am Abaton. Fatale Folge eines Übersetzungsfehlers aus dem Ägyptischen?! »
André Block

fr De nombreux auteurs de l’AntiquitĂ© Ă©voquent l'interdiction d’accĂšs Ă  l’üle sacrĂ©e dans laquelle Osiris est enterrĂ©. Plutarque Ă©crit mĂȘme que les oiseaux et les poissons se tiennent Ă  distance de ce lieu. Des sources Ă©gyptiennes confirment que l’üle sacrĂ©e est interdite d’accĂšs, mais sans que cela s’applique aux oiseaux ou poissons. Cependant, il est interdit de chasser ces animaux dans le voisinage immĂ©diat de la tombe d’Osiris. Le prĂ©sent article montre que la raison de cette information insolite est Ă  trouver dans la mauvaise traduction d’un verbe Ă©gyptien faite par l’interprĂšte de Plutarque. 

uk Many authors of classic antiquity tell us about a taboo to enter the holy island where Osiris is buried. But it is only Plutarch who says that even birds and fishes stay away from that place. Indeed Egyptian sources attest a prohibition on entering the island. But that does not apply to birds or fishes, though it is said that it is forbidden to hunt these animals in the closer sphere of the tomb of Osiris. The present article shows that a mistranslation of an Egyptian verb made by Plutarch’s interpreter could be the reason for his unique message.

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49-73

Luca Miatello, « Dealing with Problematic Texts. A Synoptic Study of the Hypocephalus Turin Cat. 2320 »
Luca Miatello

fr Une Ă©tude des textes de l’hypocĂ©phale Turin Cat. 2320, probablement datĂ© de la pĂ©riode ptolĂ©maĂŻque, est prĂ©sentĂ©e dans cet article en considĂ©rant les variantes dans autres exemplaires. D’autres types de textes autour du bord des hypocĂ©phales, par exemple ceux consacrĂ©s Ă  Djebaty, ou comportant des extraits du chapitre 162 du Livre des Morts, prĂ©sentent des significations plus canoniques. Des rĂ©fĂ©rences intĂ©ressantes aux principales composantes du dĂ©funt – ka, ba, akh et le corps – peuvent ĂȘtre identifiĂ©es dans les textes autour du bord et dans les divers registres. ParticuliĂšrement intĂ©ressant est le concept de ba d’Amon qui devient la multiplicitĂ© de l’univers et qui, comme l’a soulignĂ© Jan Assmann, a Ă©tĂ© dĂ©rivĂ© par les prĂȘtres thĂ©bains de la pĂ©riode ramesside de l’idĂ©e amarnienne de « un et un million ».

uk A study of the texts in the hypocephalus Turin Cat. 2320, probably dated to the Ptolemaic period, is presented in this paper considering variants in other examples. Other types of texts around the rim of hypocephali, for example those devoted to Djebaty, or with excerpts from spell 162 of the Book of the Dead, present more canonical meanings. Interesting references to the main components of the deceased – ka, ba, akh, and the corpse – can be identified in the texts around the rim and in the various registers. Noteworthy, in particular, is the concept of the ba of Amun that becomes the multiplicity of the universe, which, as Jan Assmann indicated, the Theban clergy of the Ramesside period developed from the Amarnian idea of “One-and-million”.

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75-85

Federico Contardi, « La collection d’ouchebtis du Museo Archeologico di Udine »
Federico Contardi

fr Publication de cinq ouchebtis conservĂ©s au Museo Archeologico d’Udine. À l’exception d’un ouchebti du Nouvel Empire, les autres datent de l’Époque tardive. Les apports de cette Ă©tude concernent le domaine de l’onomastique, avec l’attestation de quelques noms rares. NĂ©anmoins, la comparaison avec du matĂ©riel issu de fouilles permet Ă©galement de replacer quelques-uns de ces ouchebtis dans leur contexte archĂ©ologique.

uk Publication of five ushabtis stored in the Museo Archeologico di Udine. With the exception of one of them, which dates to the New Kingdom, the others date to the Late Period. The contribution of this study concerns the onomastic thanks to some names seldom attested. Moreover the comparison with some material discovered during excavations allows to replace this material in his archaeological context.

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87-122

FrĂ©dĂ©ric Servajean, « Les pays des arbres Ă  myrrhe et des pins parasols. À propos de Tȝ-nṯr »
Frédéric Servajean

fr Les tentatives de localisation du « Pays du dieu » ont toujours Ă©tĂ© infructueuses. Un examen attentif de la documentation relative Ă  ce toponyme montre qu’il a toujours dĂ©signĂ© le sud-est de la pĂ©ninsule arabique oĂč poussent les arbres Ă  aromates. À partir du Nouvel Empire un nouveau « Pays du dieu » apparaĂźt dans la documentation pour dĂ©signer la rĂ©gion oĂč pousse le pin parasol.

uk Attempts to locate the “God’s land” have always been unsuccessful. A careful examination of the documentation relating to this noun shows that it has always designated the southeastern part of the Arabian Peninsula where the aromatic trees grow. From the New Kingdom a new “God’s Land” appears in the documentation to designate the area where the umbrella pine grows.

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123-136

Margaritta Danilova, « La carriĂšre et la famille de Minhotep Houtoutou. Avec une note sur la date du pErmitage 1116-B verso »
Margaritta Danilova

fr L’examen de la stĂšle de Minhotep Houtoutou (MusĂ©e du Caire 17/5/25/7 [S.R. 12041]) et la confrontation avec un passage du papyrus Ermitage 1116-B verso, (38)-(39), permettent d’assurer que Minhotep Houtoutou fut bien un contemporain d’Amenhotep III et qu’il participa mĂȘme Ă  l’un des jubilĂ©s du roi. Il en rĂ©sulte que le papyrus du pErmitage 1116-B verso est plus rĂ©cent que le rĂšgne d’Amenhotep II auquel il a toujours Ă©tĂ© attribuĂ©, ce que confirme la prĂ©sence d’un cartouche de Thoutmosis IV au lieu de celui reconnu jusqu’à prĂ©sent comme appartenant Ă  Thoutmosis III aux lignes (61) et (66). Minhotep pourrait Ă©galement ĂȘtre le pĂšre du grand pontife d’Amon sous ToutĂąnkhamon Parennefer / Ounennefer dont la tombe thĂ©baine a Ă©tĂ© retrouvĂ©e en 1990 par Fr. Kampp et K. Seyfried et ĂȘtre apparentĂ© Ă  l’intendant Sennefer dont la tombe, situĂ©e au pied de la falaise du BubasteĂŻon a Ă©tĂ© localisĂ©e et fouillĂ©e par A.-P. Zivie.

uk The study of the stela of Minhotep Hututu (Cairo Museum 17/5/25/7 [SR 12041]) and comparison with few lines of papyrus Ermitage 1116-B verso, (38) - (39), make sure that Minhotep Hututu was indeed contemporaneous with Amenhotep III, and that he even participated in one of the king’s jubilees. Consequently, papyrus Ermitage 1116-B verso is likely more recent than the reign of Amenhotep II to which it has always been attributed. This is also supported by two occurrences of a cartouche naming Thutmosis IV which were until now misinterpreted as cartouches of Thutmosis III [lines (61) and (66)]. Minhotep could also be the father of the high priest of Amun under Tutankhamun, Parennefer / Wenennefer, whose Theban tomb was found in 1990 by Fr. Kampp and K. Seyfried. He may also have been related to the steward Sennefer whose tomb, located at the foot of the Bubasteïon cliff, was located and excavated by A.-P. Zivie.

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137-180

Gyula Priskin, « The Constellations of the Egyptian Astronomical Diagrams »
Gyula Priskin

fr La reprĂ©sentation de la maniĂšre dont les Anciens Égyptiens voyaient le ciel transparaĂźt dans les tableaux astronomiques figurĂ©s dans des tombeaux, des temples funĂ©raires, des clepsydres et des cercueils. Les dessins des constellations Ă©taient un Ă©lĂ©ment important de ce catalogue – qui consigne des informations aussi bien Ă©crites qu’iconiques – des phĂ©nomĂšnes cĂ©lestes. Ces dessins se prĂ©sentent en deux groupes, sur les panneaux borĂ©aux et mĂ©ridionaux des tableaux astronomiques. Il existait deux traditions diffĂ©rentes se rapportant aux constellations septentrionales reprĂ©sentĂ©es par des tableaux astronomiques dans les tombeaux de Senenmout et de SĂ©thi Ier. À partir de l’analyse de l’emplacement des figurations de constellations se trouvant dans ces documents et de la vĂ©rification approfondie de la vaste collection des sources concernant le sujet – fondĂ© sur le principe des ressemblances iconiques et Ă  l’aide du logiciel planetarium –, cet essai identifie les motifs stellaires d’oĂč proviennent les constellations de l’Ancienne Égypte.

uk Representations of how the ancient Egyptians saw the sky have come down to us in the form of astronomical diagrams that are known from tombs, memorial temples, water clocks, and coffins. An emphatic element of these catalogues of celestial phenomena, comprising both textual and visual information, was the drawings of constellations. They appeared in two groups in the southern and northern panels of the astronomical diagrams. Two different strands of tradition existed about the northern constellations, exemplified by the astronomical diagrams in the tombs of Senenmut and Seti I. Based on the analysis of the arrangement of the constellation figures within these documents, and through the examination of a wide range of relevant sources, the paper – using the principle of visual resemblance and the help of planetarium software – identifies the star patterns in the sky from which the ancient Egyptian constellations were derived.

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181-200

François RenĂ© Herbin, « Une introduction Ă  la « formule pour prĂ©senter les offrandes » (en marge d’une publication prochaine, 1) »
François René Herbin

fr Essai de synthĂšse sur une formule religieuse dont les premiĂšres attestations remontent au tout dĂ©but du Nouvel Empire, rĂ©alisĂ© ici sur la base d’une version dĂ©motique conservĂ©e sur le P. Bodl. MS. Egypt. a.3(P). Le texte est dĂ©pourvu de titre, mais il s’agit, comme l’indiquent plusieurs parallĂšles, d’un des derniers tĂ©moins connus d’une « formule pour dĂ©poser les offrandes » (rA n wAH xwt). Son analyse linĂ©aire, mais aussi l’examen des diffĂ©rents contextes oĂč elle apparaĂźt au cours de son histoire, permet d’en situer la lecture dans le calendrier religieux. La prĂ©sence de cette formule dans le manuscrit d’Oxford Ă  cĂŽtĂ© d’une version originale du Rituel de faire sortir Sokar de la STyt dont la lecture tombe le 25 Khoiak (date explicitement mentionnĂ©e en II, 1), ainsi que nombre d’élĂ©ments internes, confirment si besoin Ă©tait son appartenance au corpus des rites osiriens de ce mois.

uk A summary report about a religious formula whose first attestations date back to the very beginning of the New Kingdom. The starting point for this study is a demotic version written on P. Bodl. MS. Egypt. a.3(P). The text is preceded by no title but it is, as shown by several parallels, one of the last known attestations of a “formula for presenting offerings” (rA n wAH xwt). Its linear analysis, but also examination of the different contexts in which it appears throughout its history, make it possible to situate the reading in the religious calendar. The presence of this formula in the Oxford manuscript next to an original version of the Ritual of bringing Sokar out of the STyt, read on 25 Khoiak (this date is explicitely specified in II, 1), as well as many internal elements, confirm if need be its place in the corpus of the rites performed that month.

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201-232

Florence Saragoza, « Anubis au manteau, des rives du Nil aux murs de PompĂ©i »
Florence Saragoza

fr L’Anubophore compte parmi les figures isiaques bien attestĂ©es par les sources textuelles et matĂ©rielles d’époque romaine. Au sein des processions, il incarne par ses attributs – un masque, un vĂȘtement et une gestuelle particuliers – le dieu Anubis. Si ce personnage semble trouver son origine dans une figure de prĂȘtre de l’Égypte du Ier millĂ©naire, son transfert iconographique vers l’Occident s’est accompagnĂ© d’une transformation du sens et de la valeur de cette image.

uk The Anubophorus is among the isiac figures best attested in textual and material sources of Roman times. Within the festival processions, he embodies through his attributes – particular mask, clothing and gestures – the god Anubis. If this character seems to have its origin from the figure of an egyptian priest of the 1st millennium, the meaning and value of this image have changed during its iconographic transfer to the West.

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233-246

Franck Monnier, « Les pyramides dans les problĂšmes mathĂ©matiques Ă©gyptiens »
Franck Monnier

fr Le papyrus Rhind place les pyramides au centre de quelques problĂšmes en lien avec des calculs de seqed et de hauteur. Deux autres Ă©noncĂ©s, les problĂšmes pRhind no 60 et pMoscou no 14, ont Ă©tĂ© maintes fois mis en parallĂšle avec ces derniers et commentĂ©s en raison des difficultĂ©s d’interprĂ©tation qu’ils suscitent. La terminologie employĂ©e, le contexte des exercices, mais aussi l’état de l’archĂ©ologie peuvent permettre d’identifier les constructions dĂ©crites. L’architecture autorise Ă©galement quelques comparaisons significatives qui amĂšnent Ă  nous interroger sur l’une des sources d’inspiration des papyri mathĂ©matiques du Moyen Empire.

uk The Rhind mathematical papyrus incorporates a small group of problems focusing on pyramids and demonstrating how to calculate their seked side slopes and heights. Two other problems, pRhind 60 and pMoscow 14, have been discussed extensively in conjunction with the former problems due to the interpretive challenges they pose. The terminology they use and the context of the exercises mean that archaeology and philology can potentially provide information aiding understanding of the buildings described. Architecture uncovered in excavations may represent structures that inspired the problems outlined in the Middle Kingdom mathematical papyri, and the different classes of evidence are compared here.

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247-280

Françoise Lecocq, « L’oiseau bĂ©nou-phĂ©nix et son tertre sur la tunique historiĂ©e de SaqqĂąra. Une interprĂ©tation nouvelle »
Françoise Lecocq

fr Depuis la dĂ©couverte en 1922 de la tunique historiĂ©e de SaqqĂąra, les Ă©tudes se sont succĂ©dĂ© pour la dater et l’interprĂ©ter, sous diffĂ©rents angles. Dans ce document d’époque romaine, on a reconnu le bĂ©nou d’HĂ©liopolis sur la butte de la crĂ©ation originelle. Mais l’iconographie de l’oiseau est influencĂ©e par le mythe grĂ©co-romain du phĂ©nix, puisqu’un jeu de mots remplace le traditionnel hĂ©ron cendrĂ© par un flamant rose, phoinikopteros, tel qu’il se voit aussi approximativement Ă  la mĂȘme Ă©poque sur la monnaie d’Hadrien intronisant le phĂ©nix comme symbole impĂ©rial ; il n’a pas un « bec de vautour » en rĂ©fĂ©rence au hiĂ©roglyphe de l’annĂ©e. Quant Ă  la butte, son curieux dĂ©cor ne montre ni « bandelettes sacrĂ©es », ni « flammes », ni « rochers » symbolisant les douze mois de l’annĂ©e, mais treize plants de papyrus et les sept bouches du Nil, c’est-Ă -dire une image grĂ©co-romaine du delta, dans une lecture topographique horizontale qui se superpose Ă  la lecture verticale et temporelle.

uk Since the discovery in 1922 of the decorated tunic of Saqqùra, the studies followed one another for its datation and interpretation, under various angles. On this document from the Roman era, one recognized the benu of Heliopolis on the primeval hill of the creation. But the iconography of the bird is influenced by the Graeco-Roman myth of the phoenix, because a pun allows to replace the traditional grey heron (ardea cinerea) by a pink flamingo, phoinikopteros, as it can also be seen, approximately at the same time, on Hadrian's currency inaugurating the bird as an imperial symbol ; it does not have « the beak of a vulture » in reference to the hieroglyph of the year. As for the mound, its curious decoration does not show a « sacred garland », neither « flames » nor « rocks » symbolising the twelve months of the year, but thirteen stems of papyrus and the seven mouths of the Nile, that is an Graeco-Roman image of the delta, in a horizontal topographic reading superimposed upon the vertical and temporal reading.

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281-298

Hugues Perdriaud, « L’an 6 de Taharqa, l’annĂ©e des “merveilles”.
“Une chose pareille n’avait pas Ă©tĂ© vue depuis le temps des anciens [
]” (Kawa V, l. 5) »
Hugues Perdriaud

fr Sur l’ensemble des cinq stĂšles royales dĂ©couvertes au dĂ©but du XXe siĂšcle dans les vestiges du « temple T » fondĂ© par Taharqa (XXVe dynastie dite « Ă©thiopienne ») sur le site moderne de Kawa, au Soudan, trois font explicitement rĂ©fĂ©rence Ă  l’an VI du rĂšgne. Cette annĂ©e semble avoir Ă©tĂ© particuliĂšrement riche en Ă©vĂšnements positifs prompts Ă  servir le rĂ©cit ultĂ©rieur de la geste royale : une inondation gĂ©nĂ©reuse, les retrouvailles d’un fils et de sa mĂšre et la (re)fondation du sanctuaire de Kawa dĂ©diĂ© Ă  Amon. Cet article remet en perspective ces diffĂ©rents Ă©pisodes au moyen de l’analyse des textes des stĂšles et de leur rapprochement avec d’autres sources.

uk From the corpus of 5 royal stelas dicovered in earlier XXth Century in the ruins of “Temple T”, in Taharqo’s sanctuary of Kawa (Sudan), 3 refer to the year 6 of King’s reign. This year seems to have been momentous in positive events to serve subsequently the royal gesture: a generous flood, the meeting of a son and his mother and the (re)foundation of the Kawa shrine dedicated to Amun. This article puts these episodes into perspective by analysing the texts of the stelas and bringing them closer to other sources.

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299-305

Maxim Panov, « A Description of Egypt at the beginning of the 18th century by Grigorovich-Barsky
 »
Maxim Panov

fr L’article est consacrĂ© Ă  la description de l’Égypte, prĂ©sentĂ©e dans les notes des voyages du dĂ©but des annĂ©es 1800. Il contient certains passages de carnets de voyage de pĂšlerin orthodoxe Basile Grigorovitch-Barsky : Les extraits de son Ɠuvre, mal connue de la plupart des lecteurs non-russes, sont traduits en anglais pour la premiĂšre fois. À titre de comparaison, le compte rendu de son contemporain, Paul Lucas, un naturaliste et Ă©crivain français, qui traversait une grande part du territoire Ă©gyptien et visitait les curiositĂ©s anciennes, est citĂ©. Une bonne place est rĂ©servĂ©e aux commentaires sur les aiguilles de ClĂ©opĂątre, parce que les deux voyageurs admirĂšrent et dessinĂšrent les obĂ©lisques, situĂ©s dans leur lieu d’origine Ă  Alexandrie.

uk This article deals with the descriptions of Egypt presented in the traveling accounts of the early 18th century. The paper includes several extracts from the little-known, for non-Russian readers notes of Vasil Grigorovich-Barsky, an Eastern orthodox pilgrim, here translated into English for the first time. As a comparison, the notes of his contemporary Paul Lucas, a French naturalist, who toured a major part of Egyptian territory seeking artifacts, are cited. Greater attention is devoted to Cleopatra’s needles, considering that both travelers admired and depicted those obelisks in their original setting in Alexandria.

ENiM archives - 2019 (ISSN 2102-6629)

Sommaire

ENiM 13 - 2020

9 article(s) - 27 juillet 2020.



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Henri Charles Loffet
Un bien mystérieux Pa-di-Ousir, né de la dame Setcha-iret-binet
(ENiM 13, p. 79-92 — 9 mars 2020) Consulter

Steven R.W. Gregory
Horus Joins the Barque of Cosmic Authority. Observations Regarding Aspects of Coffin Text Spell 148
(ENiM 13, p. 63-77 — 4 mars 2020) Consulter

GĂĄbor W. Nemes
The mythological importance of the constellation Msḫtjw in mortuary representations until the end of the New Kingdom
(ENiM 13, p. 1-61 — 10 fĂ©vrier 2020) Consulter

Maxim Panov
A Description of Egypt at the beginning of the 18th century by Grigorovich-Barsky
(ENiM 12, p. 299-305 — 3 dĂ©cembre 2019) Consulter



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